‹ Mémoires de chirurgieChapitre 22 sur 209 · DES RAPPORTS DE L IVRESSE AVEC LE TRAUMATISME · texte numérisé non relu

DES RAPPORTS DE L IVRESSE AVEC LE TRAUMATISME

Étiologie. — L'ivresse légère et les accidents : imprudence, maladresse, rixes. — Férocité ébrieuse ; tentatives de suicide; hallucinations. — L'ivresse convulsive; l'ivresse comateuse. — Brûlures; combustions dites spontanées.

Par suite des troubles variés qu'elle apporte dans l'exercice des fonctions de relation, l'ivresse est une source fréquente d'accidents traumatiques souvent, graves et même mortels. Villan, cité par Friedlander1, dit que c'est à l'excès des spiritueux qu'il faut attribuer la moitié des morts accidentelles de l'âge de vingt à vingt-cinq ans. Michel Lévy2 rapporte que sur 46 609 morts accidentelles constatées en France dans l'espace de sept années (1835 à 1841), 1622 n'ont pu être attribuées qu'à l'ivrognerie. Quelle que soit la signification de ces chiffres, tout le monde s'accorde à reconnaître que l'état d'ivresse place l'homme dans des conditions qui l'exposent presque fatalement aux violences extérieures. Il suffit d'avoir passé quelque temps dans nos grands hôpitaux, surtout dans ceux des quartiers populeux, dont la classe ouvrière forme l'élément principal, pour savoir que la plus grande partie des blessés sont apportés à l'hôpital en état d'ivresse.

Dans la première période de l'ivresse, alors qu'il y a seulement excitation, les accidents sont rares. Un peu plus tard, dans la période de perversion, ils deviennent beaucoup plus fréquents; c'est alors, en effet, que l'état des fonctions cérébrales se révèle par toutes les

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