‹ Mémoires de chirurgieChapitre 24 sur 209 · Dict. des sciences méd. en 60 vol., t. XXVI, p · texte numérisé non relu

Dict. des sciences méd. en 60 vol., t. XXVI, p

ivrognes \ par la perte temporaire de l'intelligence, ils allument l'incendie de leurs mains ou s'exposent aux atteintes d'un foyer en ignition, et l'engourdissement de l'ivresse ne leur permet pas de se soustraire au danger par la fuite ou l'appel aux secours extérieurs. Si l'on a trouvé quelquefois le foyer primitif médiocre ou nul, c'est que le feu, qui est la cause de la mort ou de la brûlure, consume la matière'qui l'alimente, de sorte que celle-ci ne reste pas invariable dans sa forme, comme un couteau qui vient de tuer un homme. »

Symptômes. — Douleur, contraction musculaire, accidents nerveux, hémorrhagie.

L'ivresse légère modifie peu les phénomènes ordinaires dont s'accompagne le traumatisme. Il n'en est pas de même de l'ivresse forte : dans cet état, par exemple, l'élément douleur existe à peine, par suite de l'anesthésie dans laquelle se trouve plongé le buveur au moment où il est soumis à l'action de la cause vulnérante. « Les gens ivres, dit Friedrich 2 sont aussi insensibles à la douleur que les aliénés ; les coups de poing reçus dans l'ivresse ne font pas de mal, et souvent l'homme ivre ne s'aperçoit qu'il a été battu que le lendemain, en jetant les yeux sur ses traits déformés. »

Les brûlures, qui procurent d'ordinaire une douleur si vive, ne sont pas ressenties par l'homme ivre, et c'est une des raisons pour lesquelles ce genre d'accidents s'observe si fréquemment chez les ivrognes. Dans cet état, les opérations chirurgicales les plus graves sont supportées parfois aussi facilement que si le patient était sous l'influence du chloroforme.

Blandin fit l'amputation de la cuisse chez un homme trouvé ivre sur la voie publique : cet homme n'eut aucun sentiment de l'opérations3. Thomeuf4 relate le cas d'un ivrognequi avait les deux maxitllaires brisés comminutivement et les lèvres coupées dans toute leur hauteur, sans laisser paraître la moindre souffrance.

La contraction musculaire qui se manifeste dans les luxations et les fractures, dont elle rend parfois la réduction si difficile, n'existe pas chez l'homme ivre. Percy3 rapporte qu'il vit un jour un rebou-

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