Voyez plus haut, p
3. On s'explique facilement cette différence entre l'ivresse aiguë passagère et ne se reproduisant qu'à de longs intervalles et l'alcoolisme chronique. Chez l'homme accidentellementivre, il n'existe qu'une dyscrasie dont la durée d'ailleurs est médiocre; chez l'alcoolique, à la dyscrasie s'ajoutent les lésions viscérales avec toute leur gravité. [A. V. 1880.]
traumatisme plus difficile et moins sûr; c'est ce qui arrive, par exemple, lorsque le malade présente des phénomènes convulsifs; nous avons vu, par l'observation Ire, que la pose d'un appareil de fracture fut très laborieuse, et que les pièces de cet appareil ne purent être maintenues en place, le malade s'étant livré à des mouvements violents. Il faut donc, dans ces occasions, prendre toutes les précautions possibles pour que la contention soit bien faite; on assujettira les membres au moyen d'alèzes passées en travers du lit; on évitera toutefois de comprimer l'abdomen et le thorax, et si ces moyens ne suffisent pas, on exercera sur le malade une surveillance attentive jusqu'à ce que la cause du danger soit dissipée. Si la nature de la lésion le permet, il sera peut-être avantageux d'appliquer immédiatement un appareil inamovible.
Nous avons vu, au contraire, à propos de la modification des symptômes du traumatisme par l'ivresse comateuse, que la diminution de la sensibilité et de la contraction musculaire rend la réduction des luxations et des fractures beaucoup plus commode. Cette observation a même conduit certaines personnes à provoquer directement l'ivresse pour soustraire les opérés à l'influence de la douleur. Nous avons déjà raconté comment Percy fut amené à user de ce procédé. Bouisson i s'élève vivement contre une telle pratique : « L'ivresse, dit-il, même revêtue de l'idée thérapeutique, n'a pu entrer dans les habitudes dignes et rationnelles de l'art vraiment chirurgical. La dégradation dont elle est le type, l'infidélité de son action, l'état variable d'imbécillité dans lequel elle plonge, les réactions auxquelles elle expose après le réveil de l'économie, les irritations que peut provoquer sur le tube digestif l'ingestion des boissons qui la déterminent, devaient l'exclure de la série des ressources prophylactiques contre la douleur. » Il est indiscutable, en effet, que le maniement sagement réglé de l'éther et du chloroforme suffit amplement aujourd'hui aux exigences de la pratique et qu'il est supérieur à tous les autres procédés d'anesthésie. Il ne faut donc pas songer à l'alcool pour remplir ce but, et l'on ne sera autorisé à s'en servir que si l'on est absolument dépourvu des autres ressources.
Beaucoup de chirurgiens regardent même l'état d'ivresse comme une mauvaise condition pour pratiquer une grande opération. Nous avons vu plusieurs fois M. Verneuil remettre au lendemain une opération lorsque le malade était ivre. Cependant les chirurgiens mili-