‹ Mémoires de chirurgieChapitre 30 sur 209 · En 1861, t. XXXII, p · texte numérisé non relu

En 1861, t. XXXII, p

M. Béhier s'est servi du même moyen, et avec le même succès, dans un cas d'hémorrhagies utérines graves causées par la présence d'un corps fibreux. Nous ne croyons pas que ce procédé soit appelé à rendre de grands services à propos des hémorrhagies purement chirurgicales. Peut-être néanmoins serait-il permis de l'essayer dans certaines hémorrhagies capillaires, si les hémostatiques habituellement employés avaient été insuffisants; mais ces cas seront bien rares.

Il nous reste à signaler une application de l'alcool administré jusqu'à l'ivresse qui n'a pas encore fait suffisamment ses preuves, mais qui mériterait d'être tentée par les chirurgiens.

Il s'agit des intoxications, si souvent mortelles, produites par le dépôt ou la formation, à la surface de certaines plaies, de matières venimeuses, virulentes ou septiques. Il y a longtemps déjà que, dans les pays tropicaux, on a vu l'ivresse produire d'heureux effets chez les individus mordus par d-es reptiles venimeux. Cette remarque a conduit à une véritable pratique curative, et M. Béhier a rassemblé un certain nombre de faits empruntés à divers auteurs, et qui sont très favorables à ce mode de traitement.

Voici une note qui se rattache à un fait de même ordre : « M. Lailler rapporte, d'après l'observation d'un vétérinaire, le cas de deux ouvriers mordus l'un après l'autre par le même chien. L'un d'eux, au bout de cinq à six semaines, devient enragé. Ce que voyant, son camarade, pour s'étourdir sur le sort qui l'attend, passe trois jours dans un état complet d'ivresse et ne devient pas enragé. » (Discuss. sur tarage à la Soc. mécl. des hop., in Union médicale, 27 avril 1869, 2e série, t. VII, p. 65.)

Mais voici surtout deux faits très intéressants rapportés dans un ouvrage récemment publié * et qui nous paraissent dignes d'appeler l'attention des praticiens. Il s'agit de ces terribles accidents septicémiques à l'évolution fatale desquels l'homme de l'art est si souvent obligé d'assister passivement en maudissant son impuissance.

« Dans l'un de ces cas, dont j'ai été témoin, dit M. le D1 J. Cyr, le malade (élève en médecine) était arrivé au dernier terme de la maladie, après avoir subi l'ouverture de plusieurs abcès qui avaient fourni une abondante collection purulente. Son chef de service, qui lui donnait ses soins, nous disait un matin qu'il n'y avait plus rien à espérer de l'art. Le soir, le malade saisit, dans un accès de subdelirium, un litre de vin de quinquina dont il n'avait encore bu que

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