‹ Mémoires de chirurgieChapitre 33 sur 209 · Bull, gén, de thérap., 1864, t. LXVII, p · texte numérisé non relu

Bull, gén, de thérap., 1864, t. LXVII, p

Cette observation nous fait voir à la fois le mal et le remède : il suffit d'être prévenu de la possibilité de ce genre d'accidents pour n'employer l'alcool qu'à un degré de dilution convenable.

Avant de passer anx modifications que le traumatisme impose parfois dans le traitement de l'ivresse, nous voulons encore rapporter un fait singulier qui rentre, si l'on veut, dans cette partie de notre travail. C'est à M. Brierre de Boismont1 que nous en faisons l'emprunt :

« Un individu fait sur la tête une chute d'une hauteur considérable. Il est amené dans un hôpital, sans connaissance, présentant une fracture avec enfoncement du coronal et d'un des pariétaux; le chirurgien se décide à lui pratiquer l'opération du trépan. La guérison a lieu; mais le blessé, qui n'avait jusqu'alors manifesté aucun penchant pour l'ivrognerie, se livre avec fureur aux boissons. Plusieurs années s'écoulent ainsi sans qu'aucune représentation puisse le corriger. Enfin il s'enivre pendant trois jours consécutifs et se tue. »

Il y a sans doute eu là un de ces effets éloignés des fractures du crâne qui se traduisent par des troubles variés dans l'exercice des fonctions cérébrales, tels que perte de mémoire, affaiblissement de l'intelligence, manies diverses, etc. Mais dans l'espèce, pourquoi précisément la dipsomanie? Il eût été intéressant de savoir s'il y avait chez le sujet prédisposition héréditaire, alors le traumatisme n'aurait joué que le rôle de cause occasionnelle. M. Morel 2 a en effet signalé la transmission, par l'hérédité, du vice de l'ivrognerie.

Il ne nous reste plus, pour terminer ce chapitre, qu'à dire un mot à propos du traitement.

Dans les empoisonnements, lorsqu'on a lieu de croire que l'estomac renferme encore une certaine quantité de la substance vénéneuse, il est une indication nette et pressante, c'est d'évacuer le poison. L'intoxication alcoolique intense conduit quelquefois à l'application de cette règle ; mais les opinions diffèrent quant au procédé qu'il convient d'employer. « Souvent, dit Rœsch, un vomitif est le seul moyen de sauver un homme que l'ivresse a privé de ses sens et plongé dans un état de mort apparente. » Les auteurs du Çompendium de médecine 3 insistent également sur ce point; et, d'après eux, l'emploi des vomitifs est formellement indiqué dans les cas où

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