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Thèse de Montpellier

loi ALCOOLISME ET TRAUMATISME.

Mais, dira-t-on, la meilleure preuve que la privation brusque d'alcool favorise les manifestations délirantes, c'est, que, si l'on donne au malade l'excitant qui lui manque, le délire cesse rapidement. Cette objection, irrésistible en apparence, n'est que spécieuse. Quoi de plus naturel, en effet, que cette action? Qu'avez-vous combattu au moyen de l'alcool? La dépression; car l'alcool est à la fois. tonique et antidéperditeur; mais qui prouve qu'une autre médication stimulante n'eût pas produit le même résultat? Dès lors il n'y aurait plus rien de spécifique dans l'action de celte cause, la privation de l'excitant habituel. C'est à ce propos que M. Béhier * se demande s'il est bien nécessaire d'admettre un lien intime, une connivence véritable entre l'effet des préparations alcooliques et les habitudes vicieuses des malades. « Le délire chez eux est, dit-il, plus fréquent que chez tous les autres; cela est incontestable; mais cela ne prouve pas nettement que les préparations alcooliques agissent chez eux autrement que chez tous les individus dont elles calment le délire. » Et, en effet, nous voulons bien admettre que la privation de l'excitant habituel, le décubitus, l'insuffisance ou le changement de nourriture, l'état moral du malade, aient, une certaine influence dépressive, mais nous considérons cette influence comme insignifiante, comparée à celle que produit l'affection principale. Et c'est encore là l'opinion de M. Béhier : « II faut bien remarquer, dit-il, que cette forme de délire, fréquente surtout dans la phlegmasie pulmonaire, se rencontre aussi dans d'autres maladies fébriles des buveurs. La dépression imprimée à l'économie par la maladie aboutit à cette exagération des manifestations nerveuses.»

Dans les cas de traumatisme, cette action dépressive s'exerce de diverses manières, tantôt par la perte de sang, tantôt par des complications locales, capables de produire l'altération des liquides; mais, quand il s'agit d'une fracture simple, comment expliquer les désordres consécutifs qui peuvent aller jusqu'à la mort? La réponse n'est possible que si l'on veut faire une large part à l'état antérieur du malade. Il faut tenir compte aussi de ce fait, que la perturbation nerveuse n'apparaît qu'au bout d'un certain temps; cela prouve qu'elle n'est pas en rapport avec les effets immédiats de la lésion, mais plutôt avec le travail réparateur local, qui commence quelques jours après. Ce travail, qui se passe habituellement dans le silence le plus complet chez l'homme sain, cause peut-être un véritable trouble chez l'ivrogne dont les organes sont altérés à l'avance. Toute

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