‹ Mémoires de chirurgieChapitre 47 sur 209 · Traité delà pneumonie, p · texte numérisé non relu

Traité delà pneumonie, p

fois aussi d'une difficulté réelle : c'est dans les blessures du crâne. Dans l'obs. XVI, le délire survenant au cinquième jour d'une fracture du rocher, on put se demander s'il n'était pas dû à un commencement d'encéphalite ; mais les circonstances accessoires, la marche de la maladie, sa terminaison, montrèrent que c'était bien du délire alcoolique.

Lorsque les blessures du crâne s'accompagnent de contusion cérébrale, le diagnostic du délire alcoolique peut devenir plus laborieux parce qu'un certain nombre de symptômes sont alors dissimulés. L'obs. XVII en est la preuve : il s'agit d'une fracture du rocher; vingt-quatre heures après l'accident, le malade, dont les habitudes d'ivrognerie sont, bien constatées, est pris d'une agitation qui ressemble tout à fait à celle du délire ébrieux : il se lève, court dans la salle; il est couvert de sueur, il veut s'échapper, on voit qu'il a des hallucinations; mais il ne profère pas un cri, pas une parole; il est frappé d'une véritable aphasie dont la contusion cérébrale, démontrée par l'autopsie, était sans doute la cause; or la loquacité, la tournure des idées sont des signes précieux pour l'observateur qui cherche à reconnaître dans des manifestations délirantes le cachet de l'alcoolisme. En l'absence de ces symptômes importants, l'allure particulière de l'agitation, les antécédents du sujet plaident ici, à la vérité, en faveur du délire alcoolique; une autre raison combat dans le même sens, c'est l'apparition de ce délire vingt-quatre heures après l'accident, car cela empêche de le considérer comme lié à une méningo-encéphalite. Les auteurs du Compendium de chirurgie i sont, en effet, très explicites sur ce point : « Soit qu'ils succèdent aux symptômes de la commotion ou de la compression, soit qu'ils aient été précédés des phénomènes primitifs de la contusion cérébrale, soit qu'ils viennent compliquer une blessure dont la marche paraissait tout à fait simple, les accidents inflammatoires ne commencent en général à se montrer que du sixième au quinzième jour. »

On pourrait cependant objecter qu'à l'autopsie on a trouvé de la méningite; cela ne nous empêche pas de croire qu'au début il n'y avait que du délire alcoolique ; car ce dernier peut quelquefois se terminer par méningite. Cependant tous les doutes ne sont pas encore levés; car, en raison des altérations chroniques des méninges chez les ivrognes, l'inflammation de ces membranes pourrait se manifester plus vite chez eux que chez des individus primitivement

Page 1