‹ Mémoires de chirurgieChapitre 54 sur 209 · I. Gat.hebd., 1860, p · texte numérisé non relu

I. Gat.hebd., 1860, p

malaies guérir par l'expectation et un régime convenable que par les opiacés ; et, dans les cas graves, nous croyons que ces fortes closes ne sont pas sans danger. Billroth * est aussi de cet avis. Quelle que soit en effet la théorie physiologique qu'on invoque pour justifier cette pratique, il n'est pas possible de prévoir la manière dont elles agiraient sur un organisme aussi profondément perturbé que celui de l'alcoolique délirant-. La gravité du délire réside dans le plus ou moins de rapidité avec laquelle s'effectue la dépression; or si l'on vient encore y ajouter l'influence stupéfiante de l'opium, on ne fera que hâter l'issue fatale.

La contre-indication sera surtout formelle lorsque, par sa nature, la lésion chirurgicale fera craindre une altération du sang. Sur neuf cas de ce genre dans lesquels l'opium a été employé à assez hautes doses, nous avons constaté neuf décès. Nous sommes bien loin de mettre au seul compte de l'opium ces résultats malheureux, mais nous ne serions pas étonné que, dans quelques cas, ce médicament y eût contribué 2.

Il faudrait aussi placer le malade atteint de delirium tremens dans un endroit séparé, aussi complètement que possible à l'abri de la lumière et du bruit, car les perceptions sensorielles augmentent le nombre et l'intensité des hallucinations.

Inutile d'ajouter que, clans les cas de fracture et pour que la lésion locale ne s'aggrave pas par le fait même du délire, il faut employer la camisole de force, assujettir les membres avec des alèzes passées en travers du lit, et, si la nature de l'affection le permet, dès les premières manifestations délirantes, appliquer un appareil inamovible.

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