Observation de M. Lejeal, loc. cit
le 24 avril 1865, pour une tumeur blanche du genou gauche. Jusqu'au 4 juillet, traitement général et local infructueux; le 10 juin on observe de la fluctuation, des décollements, et il s'écoule du pus par les pondions que l'on pratique au voisinage.
25 juin. — Grand affaiblissement, fièvre, ni sueurs ni diarrhée. Le 4 juillet, après chloroformisation, amputation de la cuisse par la méthode circulaire. Le lendemain, quelques potages.
Le 7, premier pansement : le moignon est assez beau, la nuit a été un peu agitée, bien qu'il n'y ait pas une fièvre très vive ; refus des aliments.
Les jours suivants l'état s'aggrave; il survient du délire qu'on cherche en vain à calmer par l'opium.
Le 12, muguet; le marasme fait des progrès rapides jusqu'au 15, jour de la mort.
L'autopsie du membre a été seule faite.
Obs. XXIV. — Périostite suppurée du maxillaire inférieur; délire alcoolique. — Mort; autopsie.
S..., 42 ans, employé de commerce, entre le 7 mai 1868 dans le service de M. Verneuil.
Tuméfaction énorme du côté gauche de la face, du cou et de la tête; la région est rouge, tendue, douloureuse; appareil fébrile marqué. De ce côté, les molaires sont cariées. L'affection remonte à six jours : le malade dit avoir été exposé longtemps à un courant d'air. Ponction, flot de pus, dénudation du maxillaire constatée avec un stylet.
M. Verneuil diagnostique une périostite suppurée du maxillaire inférieur, avec extension rapide de l'inflammation aux tissus voisins; il porte un pronostic grave. Drainage par la cavité buccale et l'incision extérieure ; injections chlorurées.
Le malade présente un peu d'hébétude, mais répond bien cependant aux questions qu'on lui fait. C'est un homme robuste, doué d'un certain embonpoint; pas de maladies antérieures. Habitudes alcooliques.
19 mai. — Le pus a coulé abondamment; le malade a repris meilleure figure; il a reposé assez bien la nuit; l'état général est passable. Les urines ne renferment ni sucre ni albumine.
20. — Hier, dans la journée, délire tranquille, sans frisson. Pendant la nuit le malade a marmotté continuellement, parlant de ses affaires commerciales . Parfois il reproduisait des scènes d'estaminet : « C'est moi qui paye la tournée. »
A chaque instant il voulait se lever et quitter son lit, mais sans manifestation violente. Ce matin, à la visite, le délire persiste avec la même forme; la parole est brève; quand on prend un ton impératif le malade répond nettement, puis il se remet à divaguer. L'aspect de la face est à peu près naturel. Les symptômes locaux continuent àdiminuer d'intensité; mais la peau est chaude, la langue sèche, le pouls à 142. M. Verneuil voit dans cet état une attaque de délire alcoolique : « Il se pourrait, dit-il, qu'il y ait là un commencement de méningo-encéphalite, auquel cas on devrait recourir aux émissions sanguines ; mais les caractères observés sont bien plutôt ceux du délire ébrieux. » Prescription : 30 gouttes de laudanum de Rousseau à prendre dans la journée.
21. La journée d'hier a été agitée, la nuit également, cependant le malade a pu dormir pendant trois heures. Ce matin le délire persiste, la face est plus rouge, plus animée; les yeux hagards, saillants, injectés ; sueurs abondantes; pouls à 121; ballonnement du ventre; constipation. Injections chlorurées, douches buccales, lavement avec 90 grammes de miel de mercuriale; opium et vin à petites doses souvent répétées.
L'examen des urines dénote un peu d'albumine.
22. —Le délire persiste. Pouls à 132, sueurs profuses; lavement avec : sulfate de quinine 0,75, musc 0,25, camphre 0,50. Vers deux heures le malade tombe dans le coma et meurt une heure plus tard.
Il n'y a eu aucune complication locale dans la partie malade.
24. — Autopsie, trente-six heures après le décès. — La région affectée n'offre rien de particulier ; on y constate le décollement étendu et la dénudation osseuse observés pendant la vie.
Crâne. — Pas d'épaississement de la dure-mère ; le long du sillon longitudinal supérieur et de chaque côté, clans les interstices des circonvolutions, suivant le trajet des vaisseaux, on observe sur la pie-mère des plaques d'un blanc laiteux, agminées.On en voit aussi à la face supérieure du cervelet, près de la grande circonférence. Les méninges n'adhèrent pas à la pulpe cérébrale. Le cerveau et le cervelet, légèrement congestionnés, présentent une consistance beaucoup plus ferme qu'à l'état normal ; leur volume n'est pas modifié, la quantité du liquide céphalo-rachidien n'est pas augmentée. Les différentes coupes de la masse encéphalique ne montrent aucune altération notable.
Thorax. — La plèvre gauche adhère aux parois par des fausses membranes anciennes, très résistantes; il y a un peu d'épanchement de ce côté. La plèvre droite est saine. Les deux poumons pré-
sentent une congestion uniforme, occupant tout le parenchyme, et simulant l'hépatisation rouge. Cependant ils crépitent bien, et les parties qu'on en sépare surnagent au-dessus de l'eau. Pas d'abcès métastatique. Rien du côté du cœur.
Abdomen. — L'estomac offre des arborisations ardoisées saillantes sous la muqueuse; dans toute l'étendue de la grande courbure, on constate des taches ecchymotiques nombreuses, d'un rouge vif, dont les unes ont jusqu'à 2 centimètres de diamètre ; ces taches-Jie disparaissent pas sous l'eau, elles semblent être formées depuis longtemps et résulter de dépôts de matière colorante du sang.
L'intestin n'est le siège d'aucune altération. Le péritoine est chargé de graisse, surtout dans ses portions épiploïques.
Le foie a son volume et sa couleur ordinaires, cependant il présente en deux ou trois points de sa surface des plaques jauiicâtres superficielles, la consistance n'a pas changé, la coupe n'offre rien de particulier, mais démontre la congestion de l'organe. Pas de pus.
Les reins sont congestionnés : sous l'enveloppe fibreuse on aperçoit des ecchymoses ; à la coupe, le parenchyme présente une forte coloration rouge. Uretères et vessie sains.
La rate, de volume normal, est très diffluente et d'un brun foncé.
Obs. XXV. — Hernie étranglée; delirium tremens. — Mort prompte. Atrophie du foie *.
Le samedi 3 avril 1869, à dix heures, Louis L..., 50 ans, très vigoureux, malade depuis trois jours, entre salle Saint-Louis, n° 37.
En soulevant un pesant fardeau, le mercredi précédent, dans l'après-midi, il a ressenti une douleur dans l'aine gauche; il rentre chez lui et se met au lit. La douleur se calme un peu; mais toute la journée du jeudi, malaise et coliques légères. Le lendemain, vomissements ; un médecin reconnaît l'existence d'une hernie et fait, à deux reprises différentes, quelques tentatives de taxis, mais sans succès. Nuit mauvaise, agitée; absence de selles; coliques; quelques vomissements. Un autre praticien, le samedi matin, essaye encore vainement la réduction et expédie le patient à l'hôpital.
Je le trouve dans l'état suivant : Dans l'aine gauche existe une hernie crurale du volume de la moitié du poing, assez résistante et rénitente, peu douloureuse au toucher, mate à la percussion, sans changement de couleur à la peau. Cette hernie, ordinairement peu