‹ Mémoires de chirurgieChapitre 84 sur 209 · Article cité, p · texte numérisé non relu

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combent à la suite de l'ivresse ou d'un accès de clelirium tremens : c'est l'apparition, à la surface de la peau, et peu de temps après la mort, de sugillations violacées, linéairement disposées et parfois d'une teinte verdâtre, indices d'un état de décomposition rapide.

Or, dans une plaie, il y a des éléments qui, cessant de se nourrir, cessent bientôt de vivre; il se pourrait qu'en vertu des atteintes qu'il porte à la vitalité des tissus, l'alcoolisme prédisposât à cette destruction des particules vivantes. Nous allons rapporter deux observations qui tendent aie démontrer; elles prouvent aussi que la mort prompte, clans ces cas, peut arriver sans qu'il y ait eu délire ; autrement dit, l'adynamie n'est pas inévitablement précédée de phénomènes ataxiques. Y aurait-il là une question de doses, comme pour certains médicaments qui, pris en petite quantité, produisent seulement l'excitation, tandis qu'à doses massives ils tuent pour ainsi dire tout d'un coup ? Cette hypothèse n'a rien d'irrationnel.

On pourrait invoquer aussi, dans ces sortes de cas, la variabilité des élections organiques de l'alcoolisme chronique : il peut se faire en effet que la prédisposition au délire n'existe pas au même degré chez tous les individus. En tant qu'exception, ces faits confirmeraient encore l'idée que nous avons émise sur l'origine habituellement toxémique du délire, puisqu'ils montrent que, dans les effets secondaires de l'alcoolisme chronique, la toxémie est un phénomène plus général que le délire lui-même. Voici du reste les deux observations dont nous parlons :

Obs. XXIX. — Nécrose du tibia. — Résection d'un séquestre. — Alcoolisme. — Adynamie. — Mort rapide i.

En septembre 1866, entre à l'Hôtel-Dieu d'Avignon un homme de quarante ans environ, cultivateur, d'une bonne constitution, ayant abusé des boissons alcooliques ; il est atteint d'une nécrose partielle du tibia survenue à la suite d'une ostéite.

M. Pamard fils enlève la portion nécrosée de l'os, et, pour cela, fait à la peau une incision cruciale, dissèque les lambeaux de chaque côté et les tissus sous-jacents, décolle le périoste dans une étendue correspondant à l'os mortifié, et procède enfin à l'enlèvement d'un séquestre. L'opération faite dans d'assez bonnes conditions semblait devoir réussir, mais le malade succomba le surlendemain dans un état de prostration extrême, sans avoir présenté la moindre réaction.

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