‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 17 sur 84 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

VIVE LE vin!

Cétait ea effet à l'Hôtel-Dieu qu'on avait enfermé nos deux amis : par suite de mes informations adroites, je connaissais jusqu'à l'aile de bâtiment occupée par eux. Nous arrivons.

Sous prétexte que, dans le costume militaire, elle sera moins reconnaissable que nous dont tout Bordeaux savait par cœur le physique, notre amazone s'avance en éclaireur pour juger des dispositions de l'ennemi.

On me proposa de marcher avec elle; mais son projet était plus sage , et j'étais persuadé

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que plus nous chercherions à la mettre âerrière le danger, plus elle se jetterait en avant. Tout bien calculé , je fis comprendre que mieux valait nous tenir là sur nos gardes et attendre les utiles instructions qu'elle nous rapporterait.

Elle tarda quelque peu, et je fiis assailli par des angoisses mortelles. Je lui connaissais as* sez de prudence mais trop dedéterminationi je commençai à craindre pour elle, et je remettais déjà mes soldats au port d'armes , quand nous la vîmes retourner vers nous en compagnie.

— Qui diable est-elle allée recruter encore? dis-je en voyant se traîner après elle un nouvel affidé.

— Sans doute un prosélyte.

r— II a l'air trop nigaud : il peut bien aller se faire pendre ailleurs. On a encore sa dignité, on ne s'expose pas à se &ire caresser le cou avec toute espèce de gens.

— On dirait un Uèvre pris au gîte. Est-ce qu'elle se serait déjà divertie à faire des prisonniers ?

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— Silence daasks raag&etpréseotei^ atomes. — Camarades, cria-teUe eu bous approcfaaDt, je TOUS amène un br^ve covpaçQon , joyeux luron s'il ça fitt^ jelni alË^tproipettce qu'il trinquerait i^vec nous. Si yoqs voulez m'en croire , nous avons encore dois, quarts d'heure d'ici minuit^ nou^ çatrerons quelque part nous ^irtifie^ la, placç d'aiw^

-rTT, Certes , ^^yokaMiiçr%, répltqaai-je. Soyez Iç bif^vçnu. , ipon gaiçon, çt demeure^ ççiiTainçu, qup vous Koilà çp stxiété de bona et ffm^ çpmpèi;^. Voyons., voyons, il dwt y avoir dans les environs quelque église dédiée à nptre di,vin Bacchus ?.

-r- ^ plus loin ppssiblp l. nm ^ssa. dans l'oreille madame Latapie.

Ses ordres furent pon^tufUf^nmitobservés.

Far; la raison qu'ici le vin, étoiit mauvais et tjTQuble, que là le seryifx était disgracieux, je leurfisarpenter une demi;-liËUt; de terrain, et nous nous adressâmes à un établissement borgne, nù-café, mi-taverne, oit une chambre nous fiit donnée, puis une petite collation servie.

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Jusque-là je m'étais kùssé aller en aveugle, et n'y comprenant Fiea, pas plus que mes cMn malades. Je a'avaùeatrevu qu'une chose,inaK bien ctùreiaeiU : e'esl qite k gaillard était 4c benne pnse.

t^re avazcne avait voulu sa place aupvi« de soa protégé, ella lui Èisaittetie, le hcaïf boHioait, le sucrait, le rafraJcbissait auctoat, que h feu «Hratt dfk m'ea prendre an cerveau ; 4 ne p«t qu'au cerveau de notre c«nviv« étianger. Quand madaiMc Latapù saporçu* que les esprits de riatr«& a exaltaieal et cooh mflBÇai^t à battre la easapE^ne par suite des fia£(»e vidés eu. soa honneur , elle fit adroiteioeat toseixB la coaversetioii aar «■ su j«t seahrevfK, nais des |dua intéressaiiAs po w nom. A feF«e de spirituels enjâlemeat», dlc u-raeba au pauvre imbéeUe ua secret dont L'oamease portée «eus. nût alors au eûanuit de toute cette comédie : notre aoge siwuewr, en allant faire sou inspection au delà des avant-pestes, avait découvert que cet individu possédait le mot d'ordre, et maintenant le mot d'ordre était à nous.

Quand le piais fut bien profondément plon^ dans les vif^es saintes, nous échangeâmes un signe, et nous quittâmes l'appartement, nvoulut'nousfluivre, mais je lui fis accroire que nous sortions pour 'un instant, pour accompagner l'un de nous à sa garde qu'il lui Mlait monter tout auprès de là ; que, cela feiit, nous nous réjouissions bien d'avance de revenir lui tenir tête. Pour achever de le convaincre et le désennuyer, je mis une damejeanne en iàce de lui , la clef dans la serrure et mon homme en sûreté.

Nous descendîmes; je payai eu recommandant bien qu'on prit garde à num frère : nous viendrions la reprendre en voiture dans un quart d'heure, son état ne lui permettant pas de nous accompagner. Pour niieut m'assurer de la vigilance de l'hôte, j'emportai la clef dans ma poche, et nous voilà courant par des chemins détournés vers notre champ de bataille.

A une portée defusildeTHôtel-Dieu, nous faisons halte pour respirer. Je renouvelle unedernière exhortation auprès de mon intré-

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pide compagne ; loin de se détacher de moi, elle s'y cramponne de plus fort.

— Le sort est j«té, mes amis ; en avant et Dieu nous vienne eh aide ! Le mot d'ordre est victoire ; vous verrez qu'il nous portera bonheur.

Douie mttiits te cherchent et ae serrent , le pas s'emboîte et nous cheminons.

— Qui vive ? nous crient le* fiictionnaires.

— Victoire !

Et nous hâtons la marche, et nous arrivmis, et la vigueur et l'énergie se chaînent du reste ; et pas une goutte de sang n'est répandue , et nos jeunes et cbers condamnés sont enlevés à la baïonnette.

Notre expédition avait été conduite avec tout le bonheur imaginable , aucim de nous sur le moment ne fiit reconnu. Aussi crûmesnous devoir fêter notre triomphe le lendemain, à quelques lieues deBoriJeaux. Nous port&mes trois toasts qui furent secondés avec frénésie : le premier, à notre digne compagne de péril; l'autre, à ces deux intrépides jeunes gens que nous avionc, en approchant de leur

UÉHOWBS prisoa, eol^^odas, cba»tei: un hymne de délivrance et de joiys, çoiouoe $'iU nou3- avaient devinés,} le troi$iè{nfi toast, à celui qui en nous 4cvM>dnt.le mot d'ordre avait été cause que, DiiBH wevci! poma n'«ûni^ pas be^àii, dW compagner le duo des jeunes prisonnier^ du iiVn de 906c/a''ùi«UeJi.

La justice s'élut -^ '•^queU« sewibilité! -— UviCOup-deaiain a.vait. été accompli;; certainement il devait y avoir du Gbod^uc làrdessfiitA, Ov &>.ui|lfi,l)iav et on eut h ^ïitisËtction davoii; visé droit;, «sus Cbo(kuc-Duclos et ua autre, criminelle. ceUm exjpÂdÂUon taxent, ar-

Nous demeurâmes pendant plusifiUCS vwin plpug^spréKe^iitj,vieq)fnldamlies.chaio£s^pour oeUe affaire de, cotff: dasfisf» : oelai devait éite,

Uqis. le pnocè^ eut. vue Ba; et ce. qui a'eo aui:;apas, c'^st, le tribut de louange bien, cordiales que j'ai voué au célèbre furocat Ferrèce, Vjeou de Qordfiau;i( pour nous défendre.

Ufaut, certf^, de l'éloqueofe pour &û% absoudra d'une bonne action.

DE C[]((t[lftVO#VCLOS. ^

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