‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 34 sur 84 · CHAPITRE XXXIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIL

MON AMI PETRONHET.

Quand j'appris par mon portier , qui décachetait le journal des locataires, la nomination démon ancien ami Peyronnet, je m'en réjouis; non pas pour lui, qui était le plus raisonnable des crânes de Bordeaux, mais pour ses anciens camarades qu'il ne devait certainement pas oublier.

Quant à moi, j'étais si persuadé de sa bïen- Tdllance, que je me présentai au ministère sans lettre de convocation, sans permis.

J'entre; on me demande où je vais : feré-

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poDds d'iiii geste au suisse inquisiteur, et je

passe outre.

En génà^, j'ai toujours obserré que le langage du poing ou de la botte est le plus efficace, et il est rare qu'on trouve, d'excellentes raisons à opposer à un soufflet ou à va glorieux coup de pied. Vous remarquerez avec moi que, cela disant, vous tous donnes des tuantères de grand seigneur ; or , comme les grands seigneurs passent partout, soit qu'ils cernent soit qu'ils se courbent, il ar^ riva que j'arrivai droit et ferme à l'anticbambre de Son Excellence.

Je n'en revenais pas. Plusieurs individus bien serrés , bien petits , plusieurs individues bieo tremblantes attendaient leur tour : moi je n'attendis pas le mien et m'acheminai vers une grande porte à deux grands battaats , gardée par deux grands imbéciles. Je voulus la franchir :

— QuaAd votre tour sera venu , me direntils tous deux à la fois.

— Lequel de vous m'interroge le premier ?

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— Moi, moi, répondirent en même tranos les deux estafiera.

?— jQuivous?

— Moi.

— Moi.

— Eh bien! dans l'indécision où je me trouve, je tous réponds à tous deux....

Et mes gaillards tombent : l'un sur un large feuteuil, l'autre par terre où il gïgotte de son mieux.

Au bruit, la grande porte s'ouvrit : le ministre parut, irrité, colère, menaçant.

Je lui tendis la main, qu'il serra d'une ftçon fort maussade , en me disant :

— Je suis à vous.

— Et moi à toi, lui répondis-je; mais bis vite, je suis pressé.

Les deux valets abasourdis vinrent m'offrir une bergère ; les solliciteurs et les solliciteuses me sourirent, et un instant après je causais avec M. dé Peyronnet.

Sans le vouloir, je me pris à rire.

— Qu'avea-vous?

— Rien; et je veux quelque chose.

— Xy peasaic

— Et moi j'agis; si j'étais à teplaee, tm à la mienne, tu aurais déjà aoe préléctare, peut-être deux.

— Tu veux donc être préfet?

— Ooi.

— Ne le vandrait-il pas mienx un emploi iucntif daos les armées?

— ie veux du repos; je mus être préfet.

— Soit; je verrai où je puis t'cnvoyer.

— C'est-à-dire que tu Terras où tu peux nie caseritcr... Voyons, perle?

— A Ptades, dam ks PyréoéesOrientales , ou à BayoDoe.

— Mais ce n'est qu'une sous-préfecture?

— Il y a des grades qu'il &ut subir.

— Bab! bab! tu n'as pasétésoufrHuiiûstre; je veux être préfet tout d'un coup.

— Voici quelqu'un : utoa preraier secrétaire, sans doute; ne me tutoyée pas.

— On tiiloie Dieu et aoo cbien.

Le secrétaire £c un signe et partit.

— Mon cher Duclos , me ditie niiKÎstt« en se levant comme povr mecAngédier, — à un

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de ces jours. Tu le vois, tout n'est pas loisir au ministère, et il y a là bien des gens f^i attendent.

— Soit; je sors, et tu n'es pas fort à plaindre : deux minois appétissants.

— A lundi!

— Oui, à Iwoâi ! Je saumi lî je dois vous dire loi ou te dire vous.

■IMOIUS

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