MES HAILLONS
Je quêtai donc!!
Mais, qu'on ne s'y trompe pus , ce n'est pas tant le reins qui humilie que L'obole. Mchi front rougissait , mes lèvres devenaient vior lettes à chaque pièce de monnaie qui m'était présentée. Plus elle était grande, plus je me sentfùs frappé au cœur... Décidément je n'étaiK pointlait pour mendier.
Remarques bien encore qu'au rebours des habitudes de mes collègues , — ce mot me
U HÉHOIBES
brise l'âme, — je ne demandais jamais en tendant la main. Je marchais plus vite que celui qui allait faire droit à ma requête, j'ouvrais ma main droite, on y glissait qudque chose, et je dînais.
Sans mon serment qui me liait aux haillons, j'aurais voulu mendier un elbeuf rayonnant et des bottes neuves et vernies ; mais ce misérable Peyronnet m'avait condamné aux savates , aux ficelles et aux déln-is. Je tenais à flétrir riu|;ratitude de cet homme , et je me laissai rouler dans Téf^out où j'ai pataugé depuis.
Ce qui me touchait le plus dans tes aumônes que je recevais, c'était la charité des enfants, qui venaient à moi touf tremblants, tout rouges, et qui me disaient de leur voix d'anges :
— Tenez, monsieur , c'est maman qui m'a dit de vous apporter ça.
, Je n'ai jamais rien refusé à l'enÊince, c'eût été la déshabituer du bienËiit; et, après ma mort, je suis sûr que plus d'un bambin se titra en jouant au cerceau ou à la corde dans
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mon ancien Palais: « Tiens! nous ne verrons pUts l'homme à la longue barbe , à qui j'ai donné tant de fois des pièces de dix sous ! Ses vêtements étaient bien noirs, mais ses mains étaient bien blanches. «
Je me rappelle qu'un jour une toute petite fille me fut envoyée par sa mère avec une pièce d'un franc. Elle accourut, m'appela dou- ' cernent, puis plus fort; et, me retenant enfin par les basques déchirées de ma redingote, elle me dit:
— Monsieur , voici une pièce de vingt sous que vous avez, sans doute, laissée tomber de votre poche.
Le ciel se donnerait un démenti si cette jeune enfant pe fait pas, plus tard, l'orgueil de sa famille et le bonheur d'un époux. -
Si vous voulez la protection du puissant , tâchez de lui feire oublier que vous avez été plus fort, plus grand, plus habile que lui un jour, ou bien vous serez répudié. Ma place de préfet n'a dépendu que de cela. J'ai eu un très-grand tort avec Peyroanet , celui d'avoir toujours eu raison contre lui. .
JeaOT biea «pill y a des c qB se Danticnt p'aiitmà. t as )o«r de levr fiirtane; ■■>& Peywjuut* n'anit pas <f— hifioD, à fsofnaent parfer, Un'aTaitqae delà vanité: tomSok: ioât btta pins haut que na œur. HgmaÊt, an sarplos, ooBnacattoat places dans notre corp» oa éemt ongiacs de k via. On c«a Mjuua svr aMH,a«attde BM dcooer BOB mantem de
Taosksaii|(BeâisoatcaaDiis, ot fems oat UB côté bons>d>le : wgœil maAaati, m^àl de bambin qui remporte un prix das sa claMes, oi^pieil du décrottear qui ûtatt à ce que vw bottn soisat bien cvéea. Le dKnd de course, celait labov, le voqaet oot kor orfoett. i« mirawlon te &it affder eordoableu,fepaAefreaier«alcCdedHtail»e, Reporter cmcierf^ lecooeie^e stÉne, l'écrirusier baoMie de leOm, l'buaaHC de lednt honuM dcgéBic-«tse porte an. nendes coupe d'enconair. T««t ■ de l'ca^eH <a oe i l'Étre-Suprène «nrait Cm* sarumt d'-a
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car le Mosde ^aï « £iit est trop tn^ charpenté pour qu'il ait à s'en glorifier.
Mais , de iDi» les ot^^etls , cdhn qne ife comprends le mieux , c'est forgneil des baillons.
Oh! celui-Qà, mes ennemis, je l'étalé avec un bonheur ineffable; à cba({ue déchirure de ce qui me sert de redingote ou de pantalon, il me semble que j'acquiers un parchemin. Encore un accroc , et me voilà Montmorency , Malesherhes ou Clermont-Tonncrre !
Disonfrle , |)ourtant : .a|ïrè& lua jaéaaveiUure du ministère de l'injustice, et dès que j'eus tait le «ermwt de ne fjianger d'habits que lorsque Peyroouet aurait chan^ile demeure , je fiH horriblement, etftayé Je seatir moii coude troué.
La iiedingate itsée, bien ; h diaipean àéi»- Isfé, bien; Jes bottes lëoilées, bien enooie.... mais un trou À mes bodite«,iBi tniHÂ nesTé^ tements, tm oatnQS à moa. linge, moi qmi jadis.. . . Ob ! il Me jeBobiait qae ks regaiiB de la£)iJeBe>H}|iakiU4^pele vide. Etccaome la foule ne savait pas que tout ce luxe de miaëne
c'était de l'orgueil , je rougis jusqu'au blanc
de mec yeux.
Bappele^TOUS, désœuvrés, que je marchais alors les bras croisés....
Les bras croisés de Duclos , c^est la période du dernier rayon de pudeur que j'ai conservé.
Au reste, ce qui me blessait le plus, c'était le sarcasme des étrangers ; mais lorsqu'un ancien ami, une vieille connaissance passait devant moi, alors surtout mes bras retombaient; et j'aurais voulu plus d'insulte à mes habits.
Je le sais ; on a toujours dit de moi thomme à la longue barbe , et non t homme aux haillons. Pourquoi? Â-t-on craint de m'humilier? On a eu tort. Cette dernière humiliation aurait re-* jailli sur les ingrats , et non spr ma misère.
J'avouerai même que plus d'une fois j'ai agrandi une plaie de ma redingote afin que Peyronoet reçût un affront de plus.
' J'ai serré un jour affectueusement la main à un étranger qui, en passant près de moi , dit ; ;
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■ — C'cât uu ancien ami de Peyronnct. » S'il avait dit : « C'est un fou, un maniaque, " bien certainement je l'aurais souffleté.
Dix mille personnes ine regardent quotidiennement avec dégoût, que je poiuTais, mo^, regarder avec mépris. Elles ont le cœur sale, Iw sentiments sales et les mains sales. Moi j'ai les habits déchirés et troués , tandis que mon âme et mes mains sont d'une exquise ppjprelé. Demandez ^ mon propriétaire : il me faut trois pots à l'eau par jour, et à peine cnai-jc assez, non pour me blanchir, mais pour me parfumer. L'eau est le purificateur le plus appréciable; et si nous étions vêtus comme nos -premiers parents, on me montrerait au doigt et on viendrait à moi , tandis que les femmes fuiraient ceux qui me raillent sur mes haillons.
Dès que j'eus commencé à demander sans demander, je me crus à l'abri du sarcasme et du blâme.
Je n'étais pas un mendiant , j'étais un emprunteur.