‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 44 sur 84 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

LES GABSES-DU-COBPS.

On a raconté de btee des inaaières mon aventure avec les quatre gaxlw loyanx qui chaque jour s'amusaient à mes dépens en sortant de chez Tëfour.

L'un d'eux après soa dlaer attendail ses camarades à la porte du célèbre restaurateav; et dès que je paraisses k- ïxa^ de la gakrie de la Botonde , il disait un signe. Tous les quatre alors me suivaieBt en ûntent les bam-

plan, plan..., { que ma tparche

Cette stupidi trois lemaÎDes !

Un jour, cep par mes împor rieux les mivt je m'arrêtai tou et r^rardant le cette prundle i jamais manqué

— Sifvez-vou pas encore vu taches?

— Est-ce qu

— Vous, V01

— ImpertÎDt

— L'épéeàla j^ai toujours sou cœur.

— Oui , qus doute.

— Ceci, este . Je pris, par 1

DE CHODRUC-Dt]CI.OS. 33

. lâche interlocuteur, et — je n'^iagère pas — sans*qu'il touchât les pointes àè fer de la grille, je le lançai dans le jardin.

Un de ses amis voulant encore faire le mutin, je saisis le pan de sa redingote et je la lui dcchii-ai jusqu'au collet.

—^ Vous.ète» trop' poltron, luidis^je, pour être blessé par-devant : vous voilà marqué au do». ..:,-■

' l}ne ibule' immense était témoin de cette scène, et je' vous atteste -que les rieurs me fui-ent pas t]u côté de mes adra^res,' qui',je crois, ne (flnèrent plus chez Véfour. .

Vous ne sauriez vous faire une idéç. de mon énergie dans ces moments de fièvre et d'exaltation. Mon sang bouillonnait, fties'nerfe dansaient en colère, j'aurais broyé du fer sous mes mains. J'étais un Hercule.

tmttàea passants, une autr femme n Je cou

— Est hommes!

— No

DE CHODRUC-DUCIOS. S5

— Eh bien! vous ne les suivrez pas.

— Qui donc nous l'empêchera ?

— Moi.

— Comment cela ?

-^ Le voici.

D'un coup de poii^ j^platisle nez d'un dé ces coquins, l'autre s'ëlam^a... Je le saisis dans mes bras et le jetai sur le mur, d'où il rebondit dans le ruisseau.

La garde vint : je racontai fafïaire ; on eu appela an témoignage des passants et de la £Ue Eugénie. Tout le monde se trouva d'accord avec moi , et les gardes municipaux , convaincus , m'ordonnèrent de les suivre aa poste, oii je restai jusqu'au matin.

Le'lenflemain, je trouvai, presque à la porte du violon , la SnéEngénie qui m'attendait, et qui avait passé la nuit à la belle étoile, par un fi'oid de huit B&ffeés.

Si je vous disais combien, depuis ce jour,

U HÉHOIBBS

vous appelle, dans la rue, de sa voix rauque

et cavalière.

Oh ! oui , messieurs ; sous ces vêtements de commande, sous cet organe de charretier, sous ces cheveux en désordre , il y a une âme à l'épreuve de toutes les privations, un cœur dévoué jusqu'au martyre; il y a une tendresse qu'on oe trouverait peut-être nulleautre part.

Ecoutez:

Je venais de rentrer après une promenade sans résultat, et, en passant devant la jeune personne qui me donnait chaque soir raon flambeau et une chandelle coupée en cinq , j'avais fait le signe habituel pour annoncer que j'étais sans le sou.

Je monte, je me couche, je lis; ma chandelle s'épuise j me voici dans l'obscurité. J'entends gratler à ma porte.

— Quivalàî ^ Point de réponse.

— Qui va là?

Même silence.

Toutefois, comme j'entends descendre rat mon e

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s'ef&cer dans les dernières marches une silhouette de femme.

J'appelle; le logeur monte, me donne un auti'e cinquième de chandelle ; je rentre et je trouve dans mon taudis un papier et trois pièces de vingt sous. Voici le papier, voici l'orthographe du hillet :

"Duclo,

« Ge vou aime, vou ête maleureu et cet poui-quoi que je vous aime et ossi parce que vous mavé défandu conte deu malotru , un soire que tous leuz avé donné deux estafilade, teleman qui ont pri un billlet de parterre et que j'ai été passée lanui au pié du cor degarde, ousque je bien priée le chien de ville pour qu'i TOUS face sortira le lendemin.

» Duclo, ge VOU aime. Et vou! ge seroït si heureuse d'être aimé de voa 1??

u Ce soîr gé amprunté à ma bourjoise , je vous tes done de queur et dame. Prené les ou je ne vous aime plu.

" O ge vou aime* Duclo, poure toute la vie.

as HËUOIBES

J'ai reçu plus de vingt fois dfs témoignages de la tendresse si désintéressée de cette pauvre fiUe; et quand je la rencontrais dant ma rue et que je lui sortis Uiiiaia,.e)leDie.dj9ait, avec un accoit de vérité :

— C'est quelque chose* monsieur Duclfifi^ mais ce n'est pas assez i car je vousaime^

Au temps de ma grandeur, alors que le monde se déroulait brillant et parfumé devant nu», aloESiqMe taille otnqucfes se paitagmeatnaon csistenBe, je a'ai jamais-aMendu de voix jiiUuipersuasiWï je n ai jamaï» vu de <»■ (^rdai^ufi liBMhantsquo ceux de cette inforUtnée que j'avais pratégécrcoiLtre deuxivrognes.

Je 9ui« bim «ûr qu'EIogéaie la bnu»

vifBdtaiTÎaiter-ma tomJie, ai OM WÊÎen. donne une, et qu'elle prînupouvodm qui n'a trouve dies:lea gtaade et tes riabes que dc' l'ingratitude et du mépria.

Ohms qwtte pasalsémaiÉttniifemnKeussi éivmmée qu^Eugéaie, dift qu^uoe fei» on 9«et misa parler d'elle j et voilà ponnfwji j'ajoute e/mhxi MÎT, oà^fudqnasi maaanfc-m'îisiiariaient dans m», ma,, l!héroïque vierge-folle se rua

DE GBOMUro-MCiOS. S»

sur QBx ootama une pantb^ , ^'«He <n 4éohini oraolLoHwiC deux 4 la figute; at que, ^etUit à moi^ui m'élançai À «oa seQciurS', les insoleuto, Usoanailles batti;m< ea retraite, «n laissant sur la cbaqip de bataille une partis de leurp vètmataXji et é» leur net , pwwque tous leurs ûbeveux.

Peu de temps après cette rixe , qui fit du bruit dans le quartier, je reçus une autre lettre de la jeune fille , que ses amies n'appelaient plus que madame Cbodruc-Duclos. Je la garde précieusement parmi mes papiers :

« Mosîeu et mécban ,

N Ge sui malad et bien malad , non pas de la tête mai du queur. Madam ne veu plu me gardé parce que je ne sui bone à rien ; et come ge man vaît petit à |>etit , ge man vait à lopitale ou je priré bien poure von qui ne savé point aimé. Oui , mosieu , si vous aviez voulu être mon mari, je croî que je ne serait pas maurte.

40 HâlOIRES

Je me rendis à cet hôpital un instant après . la lecture de ces tristes lignes : on ne .voulut point me permettre de voir llniortunée Eugé- , nie ; je fîis invité à y revenir le lendemain.

ije lendemain, c'était trop tard....

Un cadavre de jeune femme gisaitàrarophitbéfltre et servait aux progrès de la science. .

DE CHODRUC-DUGLOS.

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