‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 47 sur 84 · CHAPITRE Vli · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vli

AllOUB, TU FEKBIS 'TOOIEI

Ëu'^nie et moi nous restAmes pétrifiés.

— Eh iàcn*. oui, je hii <&ïs la «onr, à tcm mirliflor d'autrefois; oui, matin-etcwr je ha adresse gaudrioles ; oui , je lui jette des rubans, des bouquets par la croisée ; oui , tout cela est \ rai , comme il est vrai qu'il le sait aussi , lui , l'infâme menteur , qui nous, trompe toutes deux à la fois et bien d'autres encore. Mais, puisque vous déblatérez si bien sur mon compte, puisque vous me déchirez si proprement quand vous me croyez absente , voici

DS CBODRUG-miCLOS. «S

pour vous remercier l'un et l'autre.... Vlan! vlân!

Et dam deuK soufflets pareils à des applandiGEements de chef de claque, tombèrent presque au même instant sur la joue d'Eugénie et sur la mienne. J'allais rendre à la dodue impertinente la monnaie de sa pièce, quand Eugénie retint mon bras et m'«mpécfaa de frapper.

— Et M je veux qu'on me tape ! s'écria de nouveau Toinette en croisant ses bras et en * se posant diamatiquemmt sur une hanche ; si je veux qu'il me giffle! personne n'a le droit de l'en empêcher. Tiens, poursuivitelle , voilà ma joue : tape dur, je t'en prie ; c'est un service que je te demande.

— CJ'est un service que je ne te rendrai pas , lui répondis-je en tournant les talons.

— Eh bien ! c'est snr Eugénie que je me veinerai.

Le feu étah an camp : les langues se turent, mais les yeux et les poings se parlèrent. On fit cercle autour des deux gladiateurs fenielles, dont, à mi^ns-de m

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extrêmes , je ne pus m approcher. Les cheveux et les chiffons volaient en l'air , les collerettes étaient en charpie, les robes et les gazes en lambeaux; les ongles jouaient leurs rôles de destruction , et traçaient de profondes rifjoles sur les épaules et les joues des deux athlètes acharnées. Les spectateurs disaient : " Assez, » les spectatrices disaient : « Allez toujours ; " etdéjà les formes nues d'Eugénie et de Çihoulesedessinaienlaux regards des curieux, quand la police et la garde arrivèrent.

Dix minutes après, Nette et Eugénie, enfermées au violon, mais dans des chambres distinctes, rajustaient les débris de leurs vêtements et faisaient demander des renforts à utadame **".

La police correctionnelle ne se mêla pas de cette affaire; et mes deux implacables rivttles ' sortirent du violon vingt-quatre heures après, plus animées que jamais , plus disposées à ne ]>as se céder un pouce de terrain.

La maîtresse ingénieuse et pinidente de la maison habitée par Eugénie et Ciboule , n'avait garde de se priver de ces deux puissantes

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colonnes de son établissement. Elle essayad'abord de les calmer par les menaces; puis elle les adoucit par les prières , puis enfin elle obtint d'elles , à l'aide de petits cadeaux , qu'elles renfermassent dans leurs cœurs leur haine et leur amour. Chacune promit, chacune jura ; mais pas une d'elles ne devait tenir ni ses promesses , ni ses serments.

Il y eut pourtant une sorte de trêve consentie et signée : les amies , les compagnes des deux folles résolurent, en conseil féminin, de les forcer à une paix loyale; et, pour cela , elles rédigèrent un pacte dont je dois avoir copie exacte dans mes papiers.

Justement le voici :

« Entoinette-Toinette-Nette-Siboule,

>• Et Ugénie Langlois , ditte Lallemaude , ce jur deveu toutes une pai é temel.

» Si l'une î maDq,les otr ne la menqueront pa. Que moseigneure de Duqlo aira l'une , Siboule tâchera de ce consolé. Que ce même susdi Duqlo chérice l'otr, Ugénie ne ce périra pa; parsequ'après tou Duqlo n'et pa ho du

os HÉMdRBS

toiL, €t Be HiériMe pe. q^ ta miam «oye-ea

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m DOBifaB-UgéHie etSiboi^ se-jnramittié sut lé sendre <ie Ieb: mètv et paiiet, qatih cps'ai saye le oouàae,

» Signée :

« Poure Ugénie, Lonf/Zots ditte LaUetnande,

■t Poure Entoînette , ToineUe-NetteSibouU, f » Et témoin :

Clara la Bdiadair.

Angélica l'^njo/euse.

Éveltna la Bergamote.

Paméla \ Anguille.

Emma la Marseillam.

Zënobie b Pachate.

TrdM&aise la Hoace.

Olmwriwin la ifa j-fàu^ FoBciDe \EiftaneaiL Qà&ae\a, Maudumk.

Caroliax Courba en pales.

Faufine CkemUion.

DE CHOBIIV&^CCLOS. f>7

Vlctovine h. Colomh€i JudiM la Morieéde,. la Sfégi-Uiàde, la yimth Daffriq.

« Poure quopi qu'on forme :

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