‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 6 sur 84 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le général Précy passait en ce moment une grande revue et (listri)>uait âa récompense aux braves qui s'étaient distingués dans les dernières a&ira». Le cii de tPtve k roi! venait de retentir, je fa«nctûs la fouk, j wriveai^rte du général.

*- Que me vontes-Toiu ? fif-il en jetant un r^ard de aetisfeelkHt sur me «oamunr tK tda figure martiale.

DE CHOIttIK-mCLOS. IS

— ' Vo9 doges de demain.

— Les méritra«z-vous?

— J'en suis sûr, sll y a përil à braver.

— Et moi j'en sois sûr aiuù, T<doaMire.

— Merô, gâiéral.

— D'où veneB-voost

— De Bordeaux.

— ViUefidèle.

— £h 1 eh ! da bbac el <hi bien.

— Prenez votre rang, nous nous verrons

Fatuité si vous le voulez; peu m'importe, j'écris ma vie.

Les Bleus aousoemaient, et ds «rsisKt chi^ destinement, la nuit, fait afBcber et distribuer dans toute U ville cette terrible seu-

■ Lyon est aboli.

» Lyon portera désormais le nom de C(nnmune-Affrancbie. ■

Sur la place Belcourt, on m'avait déjà vu lacérer ces placards séditieux; et monté sur un banc, je m'écriai:

— Quia>nqne n'arrachera pas de toute muraille ces deux lignes impies, sera déclaré traître à son pays et à son roi.

Mon exaltation eut du retentissement : j'étais cité partout comme un bomme de rare énergie, et je devais le lendemain de ma philippique donner un éclatant exemple de mon sang-froid et de ma résolution.

Nous avions un poste de Blancs établi de l'autre c6té du Bbône qui avait grossi considérablement la nuit précédente; et les ponts à'Faide desquels nous avions communiqué jusque-là se trouvaient occupés.

Cependant il devenait ui^ent de &ire savoir à nos armées la situation de la ville, et un bateau eût trop fixé l'attention des Républicains.

DE GHODBDC-DDCLOS. 77

— On voit moins un homme qu'une barque, m'écriai-je ; à moi une botte bien formée qui coBtiendra les dépèches. A bas mes habits et vive le roi!

Le courant m'entratna fort loin. Je craignis d'avoir trop auguré de mon adresse et de mes forces; mais je fis tant d'efibrts, je luttai avec tuit d'ardeur que j'atteignis enfin l'autre rive et que les dépêches me furent remises.

Le retour s'effectua de la même manier^ et quoique je nageasse souvent au milieu d'un réseau de balles ennemies, je rentrai dans la ville, où je ne rencontrai que des admirateurs et des amis.

Quelques heures après les Républicains vainqueurs m'enfermaient dans un corps-de-

Tétais pris, bien pris, trop pris ; car on m'avait remarqué dans la mêlée, et il y avait à parier mille contre un que je serais fusillé le lendemain. J'écrivis quelques mots à l'aide de

7» «iiu»us

naod aiguillette dont je me servais cemme d'une épii^le, et les lettres piquées sur du {&pier disaient un douloureux et patriotique adieu à ma mère.

lia capitaine du posta «ttre:

— Il est défendu d'écrire, me dit-fl d'une voix sévère. t)oDnez>moi ce papier.

— récrivais à ma mère.

— Pourquffl oda?

— Pour un dernier adieu.

— On ne fiiit pu ses adietu i ceux que l'on va revoir.

— Que dite»-T0us7

— Silence.

— Est-ce un piège?

— Le penséz-Toua?

Et le brave se posa devant moi , idonfCMOt son Kgard dans Je mien.

DE cHonano-DocLos. 19

— Je vous CRBs, lui répondi»^ h loytuté seule a ce caractère digne et noble.

— Je soif pourtant un fileu<

— Il y a des braves gens partout.

— Même chez les Blancs.

— Bien répliqué. Mais à qui dois-je cette espérance?

■ — A un beau minois, à une grande dame qui TOUS a TU et qui ne veut pas que tous soyez fusillé.

— Âh I ma reconnaissance

— Paix ! Voyons, depéchez-vous et snivez-

Un costume de capitaine des Biens tombe presque à mes pieds; le braTe s'en va donner quelques ordres, et peu d'instants après il rentre au corpsKl&garde en me disant :

—Allons, allons, Dupré, en route il'en-

M HÉMOIBB»

Boni Knible vonloir mas laisw^r le chiP^i

libte.

Je me mis en tonte pour Bordeaux; car je ne pomais m'e^ioser i fùxe feu sur echti i qui je devais si miiacolensement lâ vie.

DE CHODRU&DUCLOS.

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