‹ Mémoires de Chodruc-Duclos;Chapitre 75 sur 84 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

UNE akcienue connaissance.

Les pas sont marqués , le fusil est sur mon bras, le sort con^ilté pour l'initiative du combat : elle échoit à mon adver^ire.

En «Uant prendre la position (pii m'était désignée, je passai devant mon second témoin : nos yeux se rencontrèrent. H m'examinait fixement, comme un hoiame qui se défie DU qui cherche un souvenir. Pour moi , son aspect m'oârait une bien autre impression que tout à l'heure : d'un sentiment de cpmmisération j'en étais venu à un sentiment de répulsion que je commontais sans le pouvoir

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j définir,.et qoi me rongeait sans <^e je pusse' il) en dé&ire. Je vmilaîs m'arrèter, plonger ^ prohadément et ioipériéuseuent mon r^rd dans ce regard audacieux ; je remis cette |jartîe popr. Tautre, que je craignais de birc attendre.

' Je me plat^i; puis je n'oubliai p(Mnt— ainsi ({ueme le» avait fait oublier l'incandescence (les premiers apprêts, du combat de bâtons — . une prière et un serment qui m'cuit cBCortc toutes les. ibis que j'ai pris mon poste sur le Icrraiof

' . Le ^nuent — prononcé tout haut — était celui-ci : « Je jure sur l'honneur de ne pas reculer d'une semelle. B- , .■ ^ Ija prière — dite tout bas — était celle de Lancelot :

« Mon Dieu ! sois neutre.... et tu vas voir des gaillards bien fipttés !»

Seulement j'ajoutais : « Bénis ma mère ! iiieiile sur mon père ! «

. A peine eusrje accompli les deux devoirs, que.ce nom de mon père me jeta dans le seinune pensée qui fut un coup de foudre ; tous

m^* «BcivM ■oiivaai» < étwtaifint «'éfiùcBt réniUéi et me» mr noi, le Dooi aàmté dffmtmptee Te— it,cciiuwt«TBc im dou rougi» d'écrire ssr la fine (U tBKi mconmi on bmb abhorri6 qne ]• «'cnic^ite Irop connu :

» Lilnt! >

Qn'arut feit cet iniliiie? vous le luirez tout à l'heure.

L'avoir découvert, et pw cette inspifatioa câeile, m'^anonÏMait ot me tmntpartait de fureur à la fois. »

— AllaiN> lie di*^, let évéacments se compliquent , U jourBâe ma. plus ohande eneore que je ue l'avais prévu.

3'éUài fou de »oa igni^e et précieuse ; trouvaille. Les trois coups du combat avaient été frappés, «t la balle venait d'efBeura- ma tête , sans être même auiyîe de ce aHUiTenDent

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préparait ; mais le système, invariable que j'arais adopté de ne laisser jamais passer l'impudence de la honte, réduisit ma générosité • à une demi-clémence.

Je vise.... j'atteins.

Ce ne fut qu'une l^ère écorchure, unCoin d' oreille enlevé.

— Si celui-là fait encore l'insolent, dis-jeà Debucq , je ne pourrai plus le prendi-e aussi commodément par les deux oreilles.

— Non , mais tu te donneras moins de peine pour trouver leur adresse , tu n'auras plus qu'à chercher où rassortir le petit morceau que tu en as découpé.

— Dcbucq, tu es bien mon ami, n'est-ce pas?

-^ Tu me le demandes?

— Non; je t'en demande une preuve, et c'est tout.

— Gommandes-en des millions... et si tu n'es pas servi chaud... Voyons, que te faut-il?

r à la porte

—Faire que?

— A cause d^paree que.

-~ Je ne comprends pu uxûaimeat; mais jesuissûrquetesraisonsfioatbooneSt eique tu n'es pas asseï vaurien pour œe ùiie aller là-iu9 sans un motif à toi.

— Y vas-tu î — JyvtJe.

— Tu es un luron qui vaut son pesant d'or : je te payam cda.

— Le pesant d'or?

-f- Non ; mais ton obligeance.

•~ Conuneihla payeras-tu?

— Par la continuation de mon attacbemeuL » et rexpUcation de ïtxàçmc.

— Voilà tout ce dont j'ai besoin.

Je ne voulais pas de lui pour spectateur de ce qui allait se passer, parce qu'il ne Êàt pas demeuré spectateur immobile pour un sujet qui me tmait tant au cœia* , puisque le swffl de mon père devait s'y trouver jn£lé.

DE GHQpHUC-pÇCLOS.

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