MON PÈRE VENGÉ
Dcbucq loin, j.e m'approchai de mon élrangei', — qui aurait dû l'êtrç toujovirs : — « Que dit^-vous .de «es deux ac^ïes de tragédie?
^ Q«e ,vflH$ êt^ fuirpijt dafls .vos dénoûmeota.
— Oui; nuàs.de)ix actes c'ç^t un mauvais xioiobi:».
— - Ti;Qis,çat plus jajjwanndl.
— Celfi.d^pead.d,e vos fersoiwages.
Ah ! c'est qu'il y en a qui arrivent si tard
dans l'action!...
Qu'on ne sait plus comment les y foire
entrer?
Qu'on se demande par quel moyen plus
violent on pourrait s'en défaire.
Il nie semble que vous n'avez pas mal
coinmeocé.
— Oui; mais je n'ai pas fini.
— Vous êtes bien ferouche?
Cda dépend , comme vous dites , de mes
pei-sonnages.
Il est vrai que je ne les connais point.
— Voulez-vous les connaître?
— Volontiers.
Ces deux-là sont deux imprudents, nommés Tellim ctTruchet. Us ont attenté à mon honneur, ils m'ont proclamé indigne de leur toucher la main : je pouvais les tuer , je les ai blessés. Je lej ai blessés deux fois, et au vif; car, avant le châtiment des armes, je les ai frappés tous les deux : l'un dans son honneur, en le traitant de perfide et de renégat; l'autre • dans l'honneur de sa mère , en le proclamant
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fruit d'adultère clandestio et servile; n'estce pas qu'attaquer un homme dans sa &mille, c'est la plus sanglante des agressions?
— Vous avçz dit vos personnages ?
— Non , pas tous ; il en est un troisième , et celui-là , m'écriat-je eo lui sautantau collet, celui-là est un in&me, qui ne s'appelle pas Ëlie — Elie n'est que son nom de bâtard — mais qui s'appelle Élie Litrat; celui-là est un faussaire, car il a fabriqué des billets faux; celui-là est un hypocrite, car il a trahi lâche- , ment la conBance d'un homme de cœur, de mon père; celui-là est un voleur et un scélérat enfin , parce qu'il a violé un dépôt d^argent remis par mon père, parce qu'il a escroqué mon père , parce qu'en attentant aux faibles mais nobles revenus de mon père, il attentait à l'honneur viei^e et sacré de mon père; il insultait mon père ! Celui-là est enfin ' uo double sacrilège, car il a osé se croire d.i^e de tendre la main à un homme, au fils de sa victime! Je devrais tuer ce misérable qui s'est jeté dans l'exil parce qu'on Fallait jeteidans le bagne : eh bien! je ne le tuei»i pas.
à la société a Jdut ia veùQeamX; Mais il va s'agenoaîller îâf et ffie dnnandet' g;rftce de son forfiA et de M* pftilbinCTOil. A ge&otix , monsieui*! à ffèsoat^ potirmon père, et chapeau bas lieTant soti Blsf
Et , sans hiî dotmer le tefnps de réptMtdre ,• je l'avais saisi et eturrbé jusqu'à tetre.
— Chapeau BasT monsieui', chapeau bas!
— lioa , reprit-il en se redressant, non, monsieur; Hiais, le front haut, je vous demande raison de votre délire.
— âUchis donc ! Je savais bien que de bon gré ou de twce tti paraîtrais devant moi tête nue!
---Que Touto^Tons *re?
-»- Tu ïeiftendrHs. — Metsieurs , reprisse, en m'adressant aux 4émoi&s de mes autres champions, lesquelsétâientaceounis au brait de ma nouvelle altercation ; 9iies»eura, vmis avez pu me juger hoAime de loyfiruté Atm les deux affaires atnrqti^les vous avez jA-ispait, accordez^moi lésMrice que tous avez tenduà mesadvctsaires. Tons aviez apporeé^pMT eai
DE cacœaafc-accLos. m
une paire de phtxAets, veuillez me les prêter, eux et votre assistance.
hes pistdets furent cbar^.
— Cknnbien de pas?
— Vingt, dit Litrat.
— Quinze, rep¥i»-je aussitôt.
Quinze furent comptés.
— Face <m pile , monsieur Ductos ?
— Pile, pile.
—C'est fiice.
Litrat décharge son arme.... L'agitatkm de ses membre» change la direction.
J'ayaîs bien fait de compter sur iba bonne étoile et snr la jusâcede la Froridençe.
Je remue la détente fetate.
Ma balle court se [Jacer dans le chapeau de Lttnrt; Litrat fléchit mTohnifâh^ment , le cbapean est à teire et trôné.
— Ne vous Favais-je pas dit, monsieur, qtie votf s- paraîtriez tête nue devant moi? Et maintenant, m'écriai-je en bondissant à pieds joints sur le chapeau, voulez -vcm? nvoir pourquoi j'ai tenu à découvrir votre front de
nrimin^ ? PsEWiB «i»*!) no- Irn Cuvt ruM déSOT-
313 HÉUOIRKS
mais cette coifFure-li ; il lui feut le bonnet
TCrt!
11 réclama sa seconde manche, je refusai de continuer la partie ; les témoinss'y opposèrent également.
— ^Vous avez subi ma justice, lui di»-je avec calme; c'est le tour à présent de la justice du pa^. — Pour vous, messieurs, mercide votre secours. Cachez-vous de la police , cor, je le prévois , tous ces événements peuvent avoir de l'éclat; feites la même recommandation en présentant mes adieux à vos premiers assistés, et dites-leur que J'ai bâtonné les Tellim , parce qu'on bâtonne la valetaille; que j'ai fîi- . ûWé les Truchet, parce qu'on fusille les traîtres; que j'ai coupé l'oreille aux Truchet, parce qu'im serviteur du Christ coupa l'oreille à Judas ; que j'ai tiré le pistolet contre ies Litrat , pai'ce qu'on se défend avec le pistolet contre les bandits qui vous ont attaqué dans l'ombre.
Une voiture venait d'arriver à deux pas de nous:
-r Voilà pour te reposer de tes pein^ , jue
' DE CBODRUC-DDCLOS. 31$
cria une voix, et je. te remercie de m'y avoir fait songer.
C'était Debucq, dont la vigilante amitié accourait m'offrir cette prévenance pleine de délicatesse.
— J'irai à pied, lui répoodis-je.
— Ah ! tu crois, reprit-il , que tu auras le droit de m'envoyer comme cela promener poirr le roi de Prusse! Tu va^gritnper, et lestement! ^
Il était déjà en bas du fiacre, et se disposait à m'y j«tercomme un ballot.
-^ En ce cas, tu me permettras de partager ta politesse ?
-3- Avec un de ces messieurs ?
-^ Avec monsieur.
LJtrat eut l'air de chercher s'éloigner, je me penchai vers son oreille :
-»- Si vous refusez, nous vous y lançons de &ace, et si vous montez de plein gré, je vous accompagne jusqu'à un gtte, sans dire à mon asfà qui vous êtes ; tout autre parti vous serait dangereux. Nous attendons. * .
su
Kl avait aftireàtro^ forte partie: par pmdeDce il mcmta^
Ddmeq et moi l'y soivinss.
-— Oà ÛKOfil conduin; ces mesura»? demanda k cocher ?
— Âla préfeetme de- policé, liiiié|»«iid»ie.
ÀRÏTés là, je priai Debocq de^ea atter, paorqD'i) ne fftt pas compromis dans eerttBDS ériaircissênxètUs que recevrait bientèt la justice. Je parlais à une pierre; ^voulut être condamné eoKBmr moi : nous leVùmc&à trois mois de prison, comme dusllïMe et téoMÙt de duel.
Litrat fut condamné à dix ans de galères, comme faussaire et voleur.
DE coorancAccLos.