tome et qui est datée de Bruxelles le 26 juillet 1628, le
deuxième volume était alors en la possession de M. Wilters,
avocat; on ne savait ce qu'était devenu le premier. Ces deux
tomes ont été depuis dans les mains, le premier, de Ferry de
X INTRODUCTION
Locres; le deuxième^ de D. Castellain^ de Saint-Omer. Les chroniques de Bresin ont été souvent citées par les historiens de la Flandre- M. Piers les a décrites dans le Bulletin de la société de l'histoire de France, avril i836, p. 19.
Rëmt de ce cjui est advenu de plus digne de mémoire depuis l'an 1500 jusqu'en 1585, par Jean Ballin, religieux de Clairmarais-hz" S^'Omer. (Bibl. de la ville de S*-Omer, n** 799.) Cet ouvrage contient des détails intéressants sur les séjours de Charles- Quint à Saint-Oûaer, sur la destruction de Térouanne, etc. Jean Ballin en data de son petit verger, 28 novembre 1 585, le prologue au lecteur. Le P. Le Long le mentionne comme se trouvant dans la bibliothèque du chancelier d'Aguesseau. Ch. de Vich, dans sa Bibliothèque dé Cîteaux, et Sanderus, disent que Ballin avait écrit une histoire depuis le commencement du monde jusquen 1599. La bibliothèque de Mons possède un volume de Ballin sétendant de i5oo à i585. (Voy. une notice de M. Piers, dans le Bulletin de la société de l'histoire de France, i836, p. 17.)
Histoire des troubles dArras, de 1511 à 1519, par Vallerand Ohert (Bibl. knp. SuppL fr. n** i442.) Cette histoire occupe cent vingt-sept pages.
Mémoires dAuhery du Maurier, secrétaire de Henri IV, mort en i636 à soixante et dix ans. Des manuscrits de ces mémoires se trouvent à la bibliothèque de Poitiers et chez un membre de la famille de du Maurier. On peut consulter : Auhery du Mau-^ rier, étude sur F histoire de la France et de la Hollande, 1 566i636, par M. Ouvré. (Paris, Durand, i853, in-8^)
Extrait du journal de M. Pierre de Tisseulh, chanoine de l'église de Limoges, gue m'a preste M. Bertrand, chanoine de la même église. (Bibl. imp- collect. Gaignières, vol. i86, fol. 172 v*".) Les mémoires de P. de Tisseulh sétendent dei539ài568.
INTRODUCTION. xi
Annales manuscrites dissoire. (Voy. les renseignements donnés par M. Chasteau-Dubreuil dans les Annales scient, littér. et industr. de TAuvergne, iSSg, t. XII, p. 55o.) Une copie de ce manuscrit faite par Dul^re, d'après deux autres textes assez imparfaits, a été achetée pai* la ville de Glermont, en i835. Dulaure pense que les Annales dissoire ont pour auteur un nommé Julien Blauf ; d'autres les attribuent à Pierre Charrier. C'est un récit sans prétention, où l'on trouve des détails sur les usages, les mœurs, les particularités de la ville d'Issoire au XVI* siècle. M. Chasteau-Dubreuil s'est servi des Annales manuscrites d'Issoire dans ses Guerres religieuses d'Auvergne. [Annales scient, littér. et indus tr. de l'Auvergne, 1889, *• ^^'^ p. 3o5.)
Mémoires sur les troubles et massacres survenus dans la ville de Gaillac, en 1562, par le chanoine Blouin, Cet ouvrage, en vers buriesques, est possédé par M. Descombettes de la Bourelie, à Gaillac, qui en a proposé la publication à la Société de l'histoire de France. [Bulletin, t. I, 1 834-35, p. 167.)
Mémorial perpétuerde plusieurs choses advenues à cause des guerres civiles de ce royaume de France et de ce qui particulièrement est advenu en Dauphinà, et notamment en notre pauvre ville de 5'-i4ntoine-en-Viennois [recueillies par moy Eustache Piedmont, notaire royal dalphinal de la ville de S^^ Antoine) ^ etc. 1562-1608. (Bibl. imp. Suppl. franc. n° 4864, deux vol. in-fol.) C'est une copie exécutée par les ordres de M. de Fontanieu, qui fut intendant du Dauphiné, de 1724 à 1740. On ne sait ce qu'est devenu l'original, après la mort, arrivée en 1745, de M. Melchior Piedmont, avocat au parlement de Grenoble, petit-fils de l'auteur. Une copie que fit faire le P. Nicolas-Louis Hussenot, en 1742, d'après le manuscrit communiqué par M. Melchior Piedmont, et qui fut déposée aux archives de l'abbaye de Saint-
fc.
XII INTRODUCTION
Antoine, est entre les mains des héritiers de M. Mermet, auteur d*une histoire de la ville de Vienne.
Le Mémorial d'Eustache Piedmont s'étend de 1 56 2 à 1608, qui est probablement la date di la mort de Tauteur; mais de i562 à 1672, tout se réduit à un abrégé très-sec en quelques pages. L'ouvrage ofiFre, du reste, un récit curieux des guerres civiles et religieuses en Dauphiné, en Languedoc et en Provence; les faits généraux y sont à peine mentionnés. Chorier s'en est beaucoup servi pour la rédaction de son Histoire générale du Dauphiné. (Voyez la Bibliothèque historique de la France, n® 3 7 969; la Bibliothèque du Dauphiné, de Guy- Allard (1798, in-8**); une notice de M. OUivier Jules dans le Bulletin de la Société de l'histoire de France (i835, t. II, i"^ partie, p. 1 16), et les Mélanges, publiés par M. Champollion-Figeac (t. I, p. 2 58).)
Commentéres du f du Virailh des guerres de Provence, depuis tannée 1585 jusques à l'année 1596. (Bibl. imp. Suppl. fr. n** 1 5 1 3.) n'existe un second exemplaire des Mémoires de du Virailh, à Aix, et un troisième entre les mains de IVi. de la Plane, à Sisteron. Dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale, les mémoires sont précédés d'une vie de «Caïus xlu Virailh, gentilhomme provenssal, recueillie de plusieurs autheurs et des registres publiques et particuUiers de Provence, par Artus Béraud, avocat de Sisteron, l'an 1600. «Caïus du Virailh est mort à Vallée, le 10 juin i64i. La notice qui concerne son ouvrage et sa personne, dans le P. Le Long, fourmille d'erreurs. Le premier livre des Commentaires commence en i585| le deuxième en 1587,» le troisième en 1592. Papon a fait des emprunts aux Commentaires de du Virailh pour son Histoire de Provence. (Voy. préface du tome IV, p. 5, ainsi que M. de la Plane, Histoire de Sisteron, p. 1 1 A et suiv.)
INTRODUCTION. xm
Mémoires de Batailler sur les affaires du Languedoc, en i585. (Bibl. iinp. Suppl. fr. n** 274, de la page 409 à la page 5i4.) L*auteur, qui s est occupé particulièrement de la ville de Castres, cite des vers composés par lui pour l'entrée du roi de Navarre à Castres, en i685.
Journal des guerres civiles du Languedoc, de i56oà lôgS, (BibL imp. Suppl. fr. n*" 274, p. ^29 à 586.) Le journal de Faurin, que contient le même volume, a paru dans le recueil du baron d'Aubais.
Guerres du comtat Venaissin, deuxième partie, i572-i58o. (Biblioth. imp. Supplém. franc, n"" 274» de la page 697 à la page 707.) L'auteur, sous l'année 1 678, donne l'épitaphe de sa femme, Magdalena de Pane, morte le 24 octobre. Là il s'arrête et déclare son livre terminé; puis il reprend le récit en 1579.
Mémoires du sieur Jaques Gâches, où sont raportées les choses les plus mémorables cjui se sont passées en Languedoc et particulièrement à Castres et ez environs depuis l'année 1555. (BibL imp. fonds fr. n** 7879-6, olim Cangé, manuscrit sur papier, de 626 feuillets plus une table, et Suppl. fr. n** 274, p. 193-389.) La bibliothèque de la ville de Castres possède le manuscrit autographe. 11 existe une copie dans les mains de M. Descombetles de la Bourelie, à Gaillac, qui a offert, en i835, la publication de l'ouvrage à la Société de l'histoire de France. [Bulletin, t. 1, 1 83 4-3 5, p. 167.) On en signale aussi une copie comme appartenant à M. Choubard.
Jacques Gâches, né en i553, mourut en 161 2;. il était protestant. Ses mémoires commencent en i555 et s'étendent jusqu'en i6io. (Voyez Gâches et ses Mémoires, par M. Casimir RafFy (i845, in-8'' de 4o pages), la Biographie universelle, supplément, et la Bibliothèque historique de la France, n** 37793.) La Faille (préface du tome 11 de l'Histoire
m INTRODUCTION.
de Toulouse) dit qu'il s'en est servi. D, Vaissèle (voy. Hist. du Bas-Languedoc, préface, t. V) les a connus et utilisés.
Mémoires de Thomas et de Gaspard Gay. Les deux frères Gay, prolestants de Die, prirent part aux guerres religieuses du Midi, sous Montbrun, Lesdiguières , etc. Thomas mourut en 1 586, à quarante-deux ans; Gaspard vécut quatre-vingt-six ans. Il avait été député à Lyon , auprès de Henri IV, pour représenter les intérêts de la ville de Die. Les Mémoires de Thomas Gay, entremêlés de complaintes et de chansons, sont aujourd'hui en partie perdus. Des fragments du manuscrit et les Mémoires de Gaspard Gay sont en la possession de M. Long, qui en a fait usage dans son livre : La Réforme et les guerres de religion en Dauphiné (i856, in-8*^).
Journal de M. Desdiguières. (Bibl. imp. fonds fr. n"* 9264*3, ohm Colbert.) Sur la garde on lit : «Journal des guerres faites par M. Desdiguières, escrit par M. le président de Calignon. ■ S« de Calignon, diplomate, président de la chamhre de Tédit au parlement de Grenoble, chancelier du roi de Navarre, un des rédacteurs de l'édit de Nantes, mourut en 1606, à l'âge de cinquante-six ans. Il avait sans doute fait partie de la suite de Lesdiguières, que dans plusieurs endroits il appelle simplement monsieur ou monseigneur. Le manuscrit commence à la prise de Chorges, le 28 juin i585, et s'étend jusqu'en 1600. On y trouve plusieurs lettres écrites à Calignon par M. de Cèves.
Journal de Jean Glaumeau. (Bibl. imp. cabinet des titres, fonds de (i'Hosier, n** 376, cahier oblong en papier, dont il manque plusieurs feuillets.) Ces mémoires concernent particulièrement la ville de Bourges. Ils commencent à Fan 1624 et s'étendent jusqu'à l'an 1662, inclusivement. L'auteur, né à Nohan-le-Ferron, en Touraine, le 27 septembre i5i7, se fit prêtre, devint semi-prébendé à Moyen-Moutier de Bourges,
:rir.
INTRODUCTION. xv
et se convertit au protestantisme, en i562. J'en ai donné une analyse avec des citations assez nombreuses dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France, 3® série, t. II.
Mémoire de ce quy est advenu de ïan 1557 à l'an 1590. (Bibl. imp. fonds français, n^ 99 1 3).
Minute de ce qui s'est passé à S^-Malo depuis 1590 jusqu'en 1592 (Bibl. imp. 99 1 3-5, olim Lancelot, in-f* papier.) C'est un brouillon, raturé et interligné en beaucoup d'endroits. Le récit commence aux derniers mois de 1 690 et s'arrête à la fin de mars
1 693 . Il est entremêlé de réflexions politiques et de pièces, dont plusieurs sont indiquées par les premiers mots seulement et laissées en blanc;. Il est divisé en livres : le livre III cdmmence avec l'année 1692. En tête du livre II on lit : L'histoire de la ville de S^-Malo pendant les troubles.
Extrait d'un livre manuscrit de M. de la Mahonnard, advocat à Sf^Malo. (Bibl. imp. Blancs-Manteaux, n*" 44.) C'est une copie moderne. Le récit commence au mois d'avril 1678, à l'époque de la mort de M. de Bouille, gouverneur de Saint-Malo, et s'arrête au mois de mai 1591.
Journal d'un maître d'école de Château-Giron, près Rennes, sur les événemens de la Ligue, conservé dans la bibliothèque de Rennes. (Vpy. le Catalogue de la bibl. de Rennes, par M. Maillé.)
Chronique sur le Langon (bourg près Fontenay-le-Comte) , contenant des détails sur les guerres civiles du xvi^ siècle. Cette chronique est possédée par M. Poey d'Avant. (Voy. le Bulletin de la Société de l'histoire de France, séance du 7 mars i836.)
Journal du secrétaire de Philippe du Bec, évêque de Nantes et archevêque de Reims, de 1588 à *1605. (Bibl. imp. fonds franc. io32 8-5, olim Colbert, 127 pages.)
Chroniques et journal de Metz, par Jean Bauchart. {Bibl. imp. Suppl. n° 1993.) Le récit est en vers jusqu'en i535; et en
•XVI INTRODUCTION
prose, de i535 à 1666. Le commencement manque. Les vers sont détestables à tous égards. On trouve un autre texte de la chronique en vers, mais moins complet, à la Bibliothèque impériale, n*" 10892, ancien fonds franc.
Mémoires sur ïhistoire de France, âe 1585 à 1618. (Bibl. imp. Suppl franc, n** 894.) C'est d'abord la chronique de Metz, en vers; puis des continuations en prose de plusieurs dates et de plusieurs auteurs. U y a une partie concernant les événements du XVI* siècle, qui a de l'intérêt.
Mémoire du sieur Balthazar Guillerme, conseiller secrétaire de S. A., anobli en octobre iSSg, pour servir à l'histoire de Lorraine, depuis i58o jusques en 1628. (Bil^l. imp. Suppl. fr. n«65i.)
Discours en abrégé des guerres civiles de la France, depuis Tannée 1560 jusqu'en 1590, soubz et pendant les règnes de François II, Charles IX, Henry III et Henry IF, « où il se trouve des choses particulières et dignes de la connoissance des personnes qui ont curiosité de savoir la vérité de l'histoire de ce temps-là , l'origine et la suite de nos troubles, et les artifices avec lesquels estoient conduits et maniés les desseins des chefs de différens partis. » (Bibl. imp. anc. fonds fr. n** 8948, p. 20; Fontanieu, vol. 295.)
Mémoires de plusieurs choses remarquables arrivées en Bourgogne, depuis le 2 de janvier 1593 jusques au 30 décembre. (Bibl. imp. fonds franc, n** 10896-6, olim Delamare.) Ces mémoires, d'une écriture difficile, occupent environ deux cents pages. Le récit est très-détaillé.
Mémoires du f de Villârs-Houdan , capitaine ligueur. 1598- 1595. (Bibl. imp. 5oodeColbêrt,n**82,etFontanieu,vDl. /*24.)
Mémoires de Joseph Panier, bourgeois d'Auxerre. — Mémoires d'Edme Panier, frère de Joseph et marchand à Auxerre. — Mémoires de Joseph Félix, marchand à Auxerre. L*abbé Le-
INTRODUCTION. xvii
beuf, dans son Histoire de la prise d'Auxerre par les huguenots (1723^ in-S*"), page 2, dit qu'il s'est servi de ces trois ouvrages et qu il a tiré parti d'une copie des Mémoires d'Edme Panier, faite et augmentée, en i643, par Philippes Bezanger, et des manuscrits du sieur Louis Noël, notaire apostolique et chanoine d'Auxerre, qui avait eu un oncle, chanoine, témoin des ravages des huguenots, etc.
Mémoires de J. Pussot (bibl. de la ville de Reims). Un fragment des Mémoires de J. Pussot, zélé ligueur rémois, a été publié par M. Louis Paris, dans son Remensiana, pages 267 et suiv. C'est le même que le P. Le Long appelle Jehan Piessot.
Recueil de maistre ****, greffier à Bar-surSeine , des ckçses les plus mémorables advenues en ce royaulme depuis Fan 1582 jusques en ï année 1595 y manuscrit in-A*"» sur papier. Ce manuscrit était, en avril 1 853 , en la possession de la veuve de M. Fleury, orfèvre à Bar-sur-Seine.
Mémoires de Lenjant, Ce journal, écrit par Nicolas Lenfant, procureur au bailliage et siège présidial de Meaux, commence vers l'an i56o; il renferme des particularités intéressantes sur l'histoire de la ville et du diocèse de Meaux dans la seconde moitié du xvi* siècle. L'auteur, qui mourut en 1 607, a été témoin oculaire de la plupart des faits qu'il raconte. Toussaint-Duplessis a mis à profit les Mémoires de Lenfant pour son Hfstoire de Tég^ise de Meaux. En les indiquant (t. I, p. 352), il dit que l'original est perdu, que plusieurs copies ont couru à Meaux, et qu'il s'est servi de celle qui était conservée au monastère de Saint- Faron. Deux exemplaires de cet ouvrage existent aujourd'hui à Meaux, l'un à l'évêché, l'autre.dans les papiers de feu M. Dassy.
Relation de plusieurs faits d armes accomplis en [1589]^ par
Poictevin, président au présidial de Provins, avec une lettre à Henri III, du 26 juillet 1589. (Bibiioth. imp. collect. Dupuy,
xviii INTRODUCTION.
vol. 87, fol. 293 r*" à 298 r**.) On y trouve des détails sur la journée de Senlis, l'invasion du marché de Meaux, la défaite de Bar-sur-Seine, etc. L'auteur faisait, dansées circonstances, partie de Tarmée royale.
Mémoires de ce qui estait advenu, les guerres passées , èsproviiices et armées dont monseigneur le prince de Conty a eu le commandement pour le Jeu roy. 1589-1590. (Biblioth. de l'Arsenal, n*" 176, in-fol.) L'ouvrage occupe 34 feuillets dans le volume.
Mémoires de Claude Haton, curé du Mériot [1553-1582). Le texte de ce dernier ouvrage , le plus considérable parmi ceux que je viens de mentionner, va voir le jour pour la première fois. Je ne puis le présenter au public sans le faire précéder de notices qui lui servent en quelque sorte de passe-port Ces notices seront de deux natures : une biographie de l'auteur; une analyse du livre, avec des détails sur l'esprit dans lequel il est conçu, sur la condition matérielle du manuscrit, etc.
La vie des hommes qui ont écrit l'histoire de leur temps, des chroniqueurs y comme on les appelle, excite darrs les âges suivants une curiosité toute particulière. Cette vie, dont ils entremêlent presque toujours quelques circonstances au récit des faits extérieurs, explique et éclaire, pour ainsi dire, tout le reste; elle sert à reconnaître le point de vue auquel le narrateur s'est '[)lacé. Claude Halon n'est guère connu que par les mémoires qu'il a rédigés, et par son testament, conservé avec eux. Je n'ai trouvé que très-peu de renseignements sur sa personne dans les documents contemporains, et les écrivains peu nombreux qui l'ont cité dans ces derniers temps ne m'ont fourni aucune indication. C'est aux Mémoirejs mêmes qu'il faut demander des renseignements sur leur auteur, et c'est en rassemblant ces mentions éparses que j'ai pu composer de lui une sorte de biographie.
INTRODUCTION. m
L'époque que Claude Haton a traversée est une des plus agitées, des plus dramatiques et des plus fécondes de notre histoire. L'art élégant de la renaissance, secouant la poussière du • moyen âge, élève des temples et des palais, sculpte ou peint des figures qu'inspire l'étude des chefs-d'œuvre de l'antiquité; la Réforme étend de tous côtés ses conquêtes et menace de soumettre la France entière; uneiutte sanglante s'établit entre la religion traditionnelle et les nouvelles doctrines; l'esprit d'association s'éveille, des tendances démocratiques se montrent tour à tour chez les protestants et chez les ligueurs
Voilà en présence de quelles merveilles, de quels efforts, de qudles misères Claude Haton a vécu; voilà ce qu'il a vu, ce qu'il a raconté du fond d'un village ou d'une petite ville de la Brie. Le besoin de faire parler de soi n'enflait point alors les phrases des bourgeois, des ecclésiastiques collecteurs d'annales; ils consignaient pour eux-mêmes, pour leurs amis, pour leurs familles, lé récit des faits contemporains avec un esprit dégagé de ces préoccupations que la vie littéraire fsjit naître. Certes, quand il couvrait de son écriture nette et facile • les nombreux feuillets que le temps nous a conservés comme par mégarde, le pauvre curé du Mériot n'imaginait pas que sop livre, modeste fruit des loisirs du presbytère, serait, après des siècles, étudié, copié, commenté, et que son nom vivrait répété par ces presses toutes-puissantes dont il avait admiré les premiers produits.
if-
INTRODUCTION
Claude Haton naquit dans le courant de Tannée l534^ au village de Melz-sur-Seine, arrondissement de Provins, canton de Villiers-Saint-Georges^, Il parait avoir appartenu aune famille de* cultivateurs aisés. Ses Mémoires, dont nous ne possédons pas le commencement, n'offrent aucune indication qui se rapporte d'une manière positive aux dix-huit premières années
* L'édition des Mémoires de Cl. Haton -ne reproduisant intégralement qu'une partie du texte, je me vois obligé de citer le manuscrit. La table permettra de retrou ver, dans Timprimé, le fond ou l'analyse des passages indiqués ici.
^ Il dit dans son testament, daté du a8 janvier i6o5, qu'il était alors âgé de soixante et dix ans, passés et accomplis. — Dans ses Mémoires , en parlant d'une éclipse de soleil survenue en 1 5Ai « et d'un enfant à sept tètes dont on promena l'eDigie à la même époque , il s'exprime ainsi : « Et pour ce que lors j'estois si jeune que je ne prenois garde aux affaires pour les sçavoir retenir, joinct que pour lors je n'eusse sceu lire, je n'ai retenu où avoit esté né cest enfant» (fol. 766 v*). (Voyez aussi au fol. i35 v*, et au fol. 101 1 v*, où l'on trouve ces mots : a Depuis l'an 1 54o , que j'ai commencé k avoir cognobsance sur la terre. »)
^ Mémoires, fol. agS r* et 3ia v*. —
Une partie des membres de la famille de Cl. Haton , les parents , qui figurent dans son testament, habitaient, à ce qu'il semble, le Mériot (arrondissement et canton de Nogent- sur -Seine). Son neveu, Claude Gilquin , demeurait à Blunay, paroisse de Melz (Mém, fol. i34 v* et i35). — Pierre Haton est désigné dans les Mémoires (fol. 8 V) comme étant natif de Melz.
— Il est question, sous, l'année 1667, d'un maître Jean Haion , avocat fameux à Sens (fol. 3oo v*); sous l'année 1675, d'un nommé Claude Haton, de Blunay (foL 6â3 v**); et, sous l'année i-58a, çles enfants de Jean Haton, des Maretz (foL 1011 r*). — On trouve dans le nécrologe manuscrit de l'Hôtel-Dieu de Provins , aux archives de cette maison , la mention suivante : • Ânno Pomini m* vc* lu*, obiit frater Nicholaus Haton , quondam religiosus istius domus , qui suum diem clausit
ultimum m* die mensis maii fuit natus
de Mello super Sequanam • (fol. 35 r*).
INTRODUCTION
de sa vie. C'est à la date de i552 qu'il se désigne pour la première fois, comme ayant alors été mordu par un chien qu'on croyait enragé, et comme ayant été soigné par la dame d'un château voisin de Melz, madame de la Motte, qui se mêlart de guérir, au moyen de remèdes particuliers, les personnes atteintes de la rage ^ Deux ans plus tarcih^, il se met encore en scène à propos des souffrances qu'endura la Picardie, pendant l'invasion de la France par Charles-Quint, « Le roy, dit-il, faisoit donner aux paysans picards argent pour vivre, quand ilz se présentoient à luy, ainsi que je l'ai veu de mes yeux^. »
' t Elle, avant que d^estre huguenotte, s*entremettoit de guarir les personnes mordues de chiens et bestes enragées , et a£Eranchissoit les patiens d*aller à mons. S^ Hubert se faire tailler de la S^ ËstoUe, moyennant qu*ilz n'eussent poinct prins de répit ni £edct le veu d*y aller. Après avoir veu les patiens mordus desdittes bestes enragées , elle leur faisoit mangier des œuù, battus parmi de Thuille d*olive, cuictz sans beurre ni sel , applicquant desditz œufz ainsi cuictz sur la morsure desdittes bestes, et, ce faict, envoyoit les patiens faire leur prière et offerande en quelque église où y avoil ymage de mons. S* Hubert ou S* Denis , et ordinairement envoyoit les personnes en Téglise de Marnay lez Pons-sur-Seine. Et afin de ne pli|s travailler les personnes si loing, feit à s*es despens, depuis Tan 5a, une chapelle enThonneur de MM. S* Denis et S* Hubert au village de Froid^arois , et en feis Texpénence environ laditte année 5a, que je fus mordu d*«ng chien que Ton disoit estre enragé , et oncques ne fuz à aultre €fuk elle et au pèlerinage de mons. S* Denys, à Mamay, où elle m^envoya. Depuis qu'elle eut délaissé Téglise catholicque et
fut devenue huguenotte, je n ai point sceu que plus elle se meslast de ce faire, et croy que les catholicques ne s'y volurent plus fier, joinct aussi que, depuis les troubles de Fan i55g, 60 et 61, que les huguenotz furent enragez pour destruire Téglise catholicque, s'ilz eussent peu, Von ne veit plus de chiens ni aultres bestes enragées , et croy que les diables laissèrent les corps des bestes pour se mettre en ceux des hommes huguenotz, pour tout gaster et foudroier ce qui estoit de sainct, de piété et de religion. » (Mém. fol. 277 v'.) ' * Voyez, pour Tannée i553, les Mémoires, fol. 1 r" et V*, et fol. 3 r*.
' Mémoires , fol. 4 r". — A Tannée 1 5bà (a août), et à la suivante (i5 décembre) se rapportent deux certificats où figure M* Claude Haton, prêkre, chapelain de THôtel-Dieu de Provins (archiv. de cette maison). Majg je pense qu'il ne s'agit pas de notre chroniqueur; car le personnage mentionné dans la pièce est donné comme ayant vingt-six ans en i&55, et Tauteur des Mémoires n'en avait alors que vingt. — En pariant de la visite faite dans le diocèse de Sens par Tévêque de Philadelphie, suffragant de Tarchevéque de Sens, et de
xui INTRODUCTION.
En i556, pendant la grossesse de la reine Catherine de Médicis, Henri II toucha, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, les malades des écrouellesau château dç Fontainebleau; CL Haton fut 'témoin de cette opération : a Ainsi que nous-mesmes le vismes de noz yeux, dit-il, estans présens audit lieu de Fontainebleau ^ » En 1 55S, il était à Paris, à la cour, on ne sait à quel titre. Il assista aux mariages de Claude de France, fille de Henri II, avec Charles II, duc de Lorraine (5 février 1 558), et de Marie Stuart avec le dauphin, depuis François II (24 avril i558). «Il me semble, dit-il en cherchant à rappeler à ce sujet ses souvenirs devenus confus, que pour le moings le banquet nuptial de Tung ou de l'aultre des deux princes ou des deux ensemble fut faict à Paris,, dedans la grande salle du Palais, les bancs de laquelle furent ostez^et portez aux Augus tins de Paris, et les gens de justice là envoyez pour plaider, en attendant que ledict bancquet feust faict, et estois pour lors à la cour du roy à les veoir porter ^. » Hus loin, après avoir raconté la tentative de meurtre faite par un gentilhomme nommé Caboche sur la personne de Henri II, et le mécontentement de ce prince quand il apprit Texécution précipitée de l'assassin, Haton ajoute: « A veoir tout ce discours estoit présent Tautheur de ces Mémoires qui a escript ce livre, lequel pour lors estoit à la court du roy, et estoit naguères de retour des Allemagnes, où il avoit entendu de grandes choses tendantes à rébellion contre le roy, le royaume et la vraye religion ^^ «
la venue de ce prélat dans la Brie, Qaude crement; » et il donne sur cette assem-
Halon dit: t De ce qui fut faict à Provins, ^ blée des détaik très -précis, {Mémoires,
je n*en puis parier, pour ce que je n*y fol. lo r*.)
estois présent; mais bien sçai ce qui fut ' Mémoires, fol. 18 v*.
faict à Goix, où fut tenue une aultre as- ' Ibid» fol. 69 r*.
semblée, le jeudi d'après la feste du S*-Sa- ^ Ibid. fol. 55 v*.
INTRODUCTION