‹ Memoires de Claude Haton (volume 4)Chapitre 26 sur 44 · CHAPITRE LIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIX

LLAVSKï r.T KKfKTN 1111 rnAlTE titi I

Par la paix du Cateau, oxUti'e les mariages dxi roy d'Eapagne avec

' Mariu Tudor, reino d'Anglolerre , IIvdH II et PliiIip|>o II, On en trouv« |«

niinirut le 17 novemlirc i558. tvxlcrlansDuinonl, (7or7M'')/ii(in"i"7w,t- V.

* V(iy Négociation th paix faim entra lei p. itt, ot dimn l«ambcrt, Ufr des anc. (bm

Tuu dt France el d'iCipaifae par le manSthai françaitet. t. XllI, ji. 5i5. — Vnj. auwi

•U Saint-André en 1558. {bUA.'imf.ealUcl. Papu^ d'ëfut du cardinal de (intmseSe,

Bi^tliHiie , vol. 9738.) U Irailé du CalMU- t, V. p. 584. Cjimbr^Hs fut 9if;iiQ. le 3 avnl iri^i). mitre

DE CLAIÎOE IIATON

lu (illi! <lu ruv Ht-ury el du duc de Savoyo avec daiiiL< Mar^tmriltc de France, f^œur dndlt roy. Tut di(i^ el iiccnrdé que les villeii de liapaitme, do Stenay, de Térouane, qiiî nvoit esté rasée, de Marie en-Uoiu-g, di- MiinK fin Haynaull. deDiinqnerquc. deHédin, de Péroaim, dellam, ilii (ilinstelet, de Thionvïllc et toulCB 3ultre.s que lu roy avuil prinfi sur l'emiiereur et se5 conrédérez et ainv'"P<î ''^vi^il secouru esditlcs pierre», sci-oîenl rendues à ceux k quy elles apartenoicnl avant lesditlcfi guerres, excepté les villes de Metz en L/irrainc, Vcrdtui, Tout et nultrcK dudit pays, qui n'estoient subjectcs à aultres seigneurs qu'à ellefi^niesnies quand te roi lésa mise» en .sa snbjection. el In \ille de Oilais. qui debvoil demourcr au i-oy. L'empei-eur et ses coufédérez dnbvnîenl rendre au roy la ville de SaiDCl-Quentiu , et toutes aultres piar^s, ville-s et chasteaux apartenans au roy età la couronne de France qu'iU avoienl prins durant lesdïtte» gtterre». PoiU' le regard du duché de Millau, le roy quitta le droict qu'il y prétendoil. connue ausi^i feit le roy d'Espagne, au pronllït du premier enlaut niasie qui naî.stroil diulit roy d'Espagne el de la lillc du roy Henry. Le roy quitta aiiMy le dn>ict qu'il prétendoil au royaume de Napple, an prouffît diidil my d'Espagne et de ses enfans qui nnistrolent du mariage .susdit. Ppur le regard de nion.s. le duc de .Savoye, en faveur du utariage de luy el dL> madame Mai^ucrille de Francis. S. M. quitta aiidtl due limt le pays de Tieduionl et les villes de Savoye où il prétendoil droiol, eueplé quatre villes qu'il retint ù soy. Touclianl ha Anglois, fut dîcl que le roy leur payeroil une sonmic de cinq on six millions de livres pour leur inlérest de la ville de Calais et du pay?<. et villes du comté d'Oye, que S. M. retenoil. Je n'ai entendu qu'il y eu.^l aulcuii iuterrest pour l'empereur nouveau par laditlc paix, et que aulcune chose luy ail eAlé donnée, car il n'avoît esté auxdittes guerre.'^ que pour Diire service au feu empereur son frère: et partani fui comprius en laditlt? paix el faicl amv du roy et du royaume de France. Le roy voulul ijue le duc de Saxe' fiist compnns en la ]>alx. et que ses biens, terres

' Jmi) rri^ilArii.- Il . Aac do Sa-to.<î<iUui, Avclfuriln rrni|Krc.n£letijinner 1^99,

•près vîD^t-liuil I

(le piiiua . le

l!}58. et po&scssioDâ luy fussent rcudiis. ensemble son pays de Saxe elg aiiltres qu'il avott par \es AUeiiiagiics, i-t qu'il fusl rcuiis en la p0S-;9 ifession et pleine jouissance d'eux et de son droit (réiection du saïncffl Empire.

Ireluy duc de Saxu tut en partie cause des guerres susdiUcfi ootre ! le roy et l'empereur; car en faveur de luy le roy commença à faire la ] guerre audit empereur, pour le délivrer des mains dudil empereur,- j quant il tascboit à réduire le<lit de Saxe et les AUuinaus iulhérîeuH A J 1a vraye religion catliolicquc, qui fut une assez lounle funlte au roy.^J Et pour ce, il de Saxe estant délivré des arme^ dudit empereur, «6 T vint rendre au roy, avec plusieurs capitaines allcmans, pour luy faîral service contre ledit empereur, de sorte que le roy ne voulut traicter. ^ paix qu'A ceste condition, qu'il s'en retoui-neroit en fa jouissance daj [ ses biens, pays et bonneui's; et. oïdtre ce. le i-oy lui donna, entr I autres cboscs, la ville de Cbastillou sur Seine, avec tout le dumaiae'| [ d'icelle, pour luy »a vie durant.

Le roy a depuis esté mary d'avoir secouru ledit duc de Sase et lo^F-l

.\lleu)ans lulbériens contre l'empereur, et ne pcnsoît, quant il se d^M

clara protecteur d'iceux, que la secte et bérésie lutbéricnne fust ûl

mesrbante qu'il apperceut estre audit duc et ses Allcmans, quand îi]

les veit en France manger chair en tout temps et contcmpnur la me&sft I

I ut It's sacrcmens de l'église romaine, catbolicque et apostobcque, et'l

F fut en ceste délibération de les remercier et les renvoyer avant la paix I

[ fnicte et durant les guerres; mais de ce faire en fusl empe&ché par le '

' conncstablc, qui luî disl qu'il se ser\'ist des coq» desdis Allcmaus, et *

[ qu'il ne se soucîast pas de leurs âmes. Ledit de Saxe et ceux de S9><l

[ auitte ont esté les premiers en France qui ont mangé chair publicquc- j

' nient au temps de kare&nie et les vendredis, et priucipallemcnt eu U'i

ville de Provins, où ses pourvoyeurs cl cuysinicrs en feireut rouslioi

t't cuyre en karesme, quand il s'en retourna en AIIeni,igne dcpi

ladicte paix faicte, en allant prendre possession de laditte ville de'

Cbaslillon sm- Seine, que le roy lui avoil donnée.

Par le iraicté de laditte paix, U fut dïct que tous prisonnici-s prins

en gueiTH du part ei d'aultre scroieni délivrer sans payer aulcnne rançon el renvoyez cliBM:im d'eus co leur paySi el par aïiui rcvîodrenl Indil seigneur conncstable et ceux qui uvoient esté prins avectuy sans rien payer, qui fust grand bien pour luy ou pour la France, car il devoit demy rançon de roy, pour avoir esté prïns lieulcnanl général de S. M., et prétcndoit que, si la paix ne se fust ainsi faicte, que le roi et le royaume le dculjsiîot retlrcj" el payer sa rançon. Ledit seigneur conneslable fut bien receu du roy à son retour de ladïtle prison, el ne t'appelloit le roy que son compère. Toutesfois, S. M. n'empescba que le roy de Navarre ne luy donnast ung soulïlet en la chambre et pr^ence royallc, en l'appellant traître et niallieuroux au royaume et proditeur du sang royal de France , estant cause par sa traîson d'avoir laict niéchaninicnt meurtrir nions. d'Anguien", son frère, k la bataille de Saint-Laurent*, pour ne l'avoir voulu secourir d'hommes pour le saulver. De quoy fust mal content le roy, lequel pacifia le tout entre eux, et, n'eu5t été Tbonneur royal, ledit roy de Navarre eust tué ledit conneslable. Mons. le marcsclial de la Marche, qui estoit prisonnier entre les mains des ennemis, n'en eschappa pas à si bon marché que mons. le connesUble; car. durant qu'on traictoil la piiîx, il feil composition de sa rançon, estant fâcbc d'cstrc si longtemps captif en pays estrange, oii il fut plus de trois an5, ear il fut prins prisonnier et bien blessé dés la journée de Uciity. El parce qu'il ne sçavotl rien du traîclé do paix que l'on poursnivoit, délivra ses deniers quelque pou de jours avant qu'elle feust conclue. Toutesfois. ne partit du lieu où il estoit qti'elle ne fust arresléc; ce néantuioings, ses deniers ne luy furent rendus, mais .iu contraire )uy fut tollue la vîc par ung poison qui luy feut donné an partir, qui le feit mourir trois ou quatre jours après qu'il fut en chemin pour s'en retourner, el mourtil avant qu'estre es pays de France , où il fut ramené tout mort enterrer en la ville de Sedan, qui estoit à luy, sur les frontières. Quelques-ungs

' JtuniloBiturbon.ducirËii^iiiMi, Gli ' Cesl ta baUitle de Sainl-QutmliD,

ileOurlndcbourhon.ducdq VniiléfDO. qoj fui livrée lejour <te la Soùil-Lauranl . duit 04 lu 6 Juillet l 'jtS. i o août i bb-j.

MÉMOIUES

viulurenl churger l'honneur de mons. le cunnestable (oiicliaiitsaitiorl, t% qiio je nu puis troii-v; loulosToïs ceux qui en iPtioiciit propos d(«Ment je ne scai quelles raisons qui me semliloient esli-e loing du «toid)ron. Je croys que ceux qui en parloient ain&i estoienl ennemis ou ■ïoi-vilcur» de* enneinys dudïl seigneur couocslabte. Icctuy seigneur dp JR Marclie fnl fort plaïncl par toute la Franco, et disoit-on que le roy et le royaulme avoieni penlu l'ung des plu» sages clicvallicrï t>t généreux guerriers qui y fussent, laiit il cstoit vertueux cl bellicqueux. homme de grande enlreprinse et de meilleure exécution. Il avoit esté toute sa vie capitaine des gardes des Suisses de la gartle du roy. Mons. Ilobei-t de Monberon, domourant it Toui-voye, paroinse de Sorduu Icii Provins , lut prius prisonnier avec ledit seigneur maresclinl ; mais i) ne fut empoisonné cotnine luy, et si revint do sa [irisou plus d'un an devant que ledit seigneur eu partist. ayant payé sa ran^-oii.

Il nVstoit |K)inct de nouvelles qu'il y eu.st au temps de la eondiuion de Ir ]>aix hommes de grande renommée du party des ennemvs prisonniers en France; et n'y en avoit eu par toutes les guerres susdites aulcun de nom que le duc d'Ascot, Allemand, qui estoit escbappé de la prison du boys do Vincenne-lez-Paris. ainsi que l'avons dict en snn lieu en ce présent livre, après y avoir esté et 4 Paris l'espace de dix-huit mois pour le moings ou deux ans'.

Voilà ce que j'ai peu sçavoir de ladilte paix^, laquelle esloil et avoit I osté fort désirée au royaulme de France et principallement par les

' Sur ie. maréchnl Robert de la Marck. iitr Robt^rl de MontberoR et s»r Philippe fltw d'Arsriot, voy. pla» hnul, p. 3 et A. — Le P. Anselini- frac k i'na i 556 In dnte ilp tn mort du Holwsrl àe. In MarcV.

' Voici quel<|Ue« jugemuiita (l'écriïnins cnntemporaîns snr In paix du Caleau-CaiU' lirosis : I''ran^is <lo Habulin. dani ses Com utonlairc!! (Coliccl. Michnttd et Ponjnulat. I- Vm. i" M^rip, p. fiog), en parle mnnne d'un buidiCur ùi^atimtiiuciit alt«mln cl d^Kir^ par tas popuULiooa aant-

rrniil<M. Il fapiiellc celle luat liturent* ri tant il^irif pat^-. — Saulx-Tavanne* . dni» w» Mémoire* (/W, p. aaS). dit «CmIo paÎK fut dnmrnagimblï- li lu franco t-l odvnnlagvuiii! à l'EvpagiiP.- > - I'H pa» IiitiiitniiO fut doininog«aUB. tus aHïuuiM y rureni imlris. le* cupitam«* abaiiitoaiu-i à leur* cnn«mTi>i In iàag, la vie de laol île Françoin n«gli|^, i5o fnrler«Mes reoduoi' itnar llrer de prison un vieillard tnaituïlable cl se dcscbarper de deux JiUw île Pranco. qui fut une pauvra couvertorc de

DE CLAUDE lîATON. 79

pauvres gens de Piccardie, lesquels avoieiil sousleoii tftu^seuU te flûuu 15&6. (le la guwre par l'espace de cinq ou six ans continuels, eslans l'aj^ilirt

IflKhiHé pEtix liliumnble . dont les flfun-

benux de jojc fiircni Im lorchm funtïbnw du ray Hnnry II. •■ — Dl. dcMuDiluo, dam ift» CocnnieuUlirm (Cotlectiou Micb^ui] ri Paujunlnl, t. VU. i" série, p. ao5 et 'ioR), lt>ul eu v'alMlcaaut de btdnier ceux qui ont f'ali ta paix du Cstotui-Cainbniiis . ilonl il nupeclc \e.» intcDtîons, (inoUGr celte puis de malhetirvaxn et injnrîanic. — DoTbou [HUl aniv. I. XXII) le cutilenli> de dirE(|iti! . > quoique \M)u aitMlagiM%a au nij. cUe (it jouir loii ['"raoçais. ennuyés d'une luu^ue guerre . d'une Iranquillilù mocDCnl souhaitée. • — Boyvîn du VîUnr» nuniolR i]u*it iïi ntj rot H<-4)ri II dia ivmonkrancn du la pu-l du mnrédul do Bri.i.iac , «a ntqittdv la puisque l'on étiùl au moment de faire au Caleau-I^amlwésis. Le roy, ditil, lequel, durant cu»to mieiuie Fcmon»- Intioc. nvoil ijualrc ou cinq fois cbûtiffé de raaifiir. dvuc dvt soupir» qui ne pr6- Jtagvoicnt rien de bon. me reipondit : • Jt; rungnoiB que toutea leii rciuontraDcei que vo«u bicle* de lu part de M, le mareschul porleut de teste affectionnée fontaine qui DP fut jamais Uric où il s'c»t traiclé et do ma gloire ot d« mon nervi™, commr te»moi^imt LsDt d'IinnaraUes DiÎLi qu'il a glori«useiii«At miï h fin. Je n'ay point, l^ccs à Dieu, le cœur ni le courage li ravallci que j« rus retiotnc ciicors* en mnin du quoy mil r4in> craindre n met cannniK. ■ — U- dtf Gu}«o, interrompant ,S. M., lui didlun» Je rouajure.Mrv, que c'est mol apTWidrc le ciieiuîui car, quand vous no faiç» que perdre durant trente ans , si ne lriat->Du* perdit; ce que vous vnulei BWun «Kulcoupimetle^-moi dani

la piro ville de celle* quo vuiu loiilet retidre; j<! la cou»ervi;rny plus ginrieusomeiU Dur la brèclip que je ncrcriiin jamai» [luniiy une paix II diiudvundi^'Guac qu'tïtt efJlc que voun voiUei fui»; rou* ayvt. uiv nsMt d'autres serviteurs tjuî en runuil au> tant que nioy. on deçÀ ^1 ou dctâ do mnnts, » (Iftm. de Boyvin dti ViHan, oolt. Midland . t. X, i"*£rie,p. ^iTi.) Lti tn£nic étTtvain rHconie qu'«l apprenant h cuncluston do traité, le uiaréeliul du DrÎMUc s'écria : «O inisiïrable France! A quell» perle ol à quelle ruync t'ea-lu laissé ainay rédnipp, toy qui triompboî» sur lonir» Uw nations de rp.arnpel' Et. à la viïrittf. ciute jiuix luy estait xi à enntre-ercur, que, ilU' raat deux mois, loim se« propos n'ostuieni autres que plaintes vt rcgrotii. iesquda il porta jusques à désirer de s'aller conlin«r un quelque maison rièrc lea terre» dva Vénitiens. . ( Id. ibii/. p. 3 1 S. ) — U'Aubign* hi carnclérinc uiuM : • glorieuse hux EspngnoU, désavanlai^use aux François, re^ douiable aux réfui-mei. • {Util. unit. I, I. cb. sviu , p. «^6. ] Col ^rivnin el plusieurs nutrc!' historiens alfirincnl que le prinrû- |Hil moiir (|ui délerniinii Henri II ii »m dure le Iruilé du Caltuiu fui iroviiir plus de fadlilépour extirper riiérésie,{Hùl. ■nie I. I.cxïtii.p. i6,el 1. U,c. x.paa.j— (Voy. sur la paix du Catnau-Coiuljiretia Marguerite de Novurro, dam Im Fwmma illialrtii de Brantôme-, les i.ittcrej de l'ai' quiiT, I. XV,l.n,p. 3:11', uiiepiecedercR iiililulée : le Ttniamtnt ds la ^u«fT«. dans itrésiu. Chronique de flandre el if'^rtoii Itibliolh. împ- fond» Gai^i^cvt. n* 6'j'i , fnl. 7/13 r- &t.)

lâ5S. <it vngabons j»ar le royaulme, apr^ avoir perdu Uiu& leurs bieus meubles |)ai le* maudit tourment Je la guerrot sans sçavoîr nouvelle, les pères et mères de leurs enfans, les enfans des pères; la phispart d'entre eux, mors de regret d'avoir tout perdu, les aullrc-t langui&Bant de la fasclterîe et pnuvreté de meudîer leur pauvre vie pnr In France, où plusieurs sont mors es hospilaux des villes, les aultres es grangcA par les villages et enleiTez sur les chemins pour leur cj-moiiùrc perpétuel. Desqiielz le peuple de ce pavs cstoit fort piloiabte et leur faisoit-on ce que l'on povoit; mais le nombre estoit si grajid qu'il falloit que les pauvres gens passassent otdirc pour vivre et faire place les imgs aux aultres. Le pays de France, depuis la rivière de Marne, droict au soleil de midi, ne se sentoit dcsdiltcs guerres, non plus [pic s'U n'en eusl poinct esté , qui esloit cause que le peuple des villes ut villages montèrent en un grand orgueil.

La sœur de la reine d'Angletetre dcvîeut rtiac à m place'. —• DcitnictiOD I do catboUdsiue ea Ang^etorro.

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