‹ Memoires de Claude Haton (volume 4)Chapitre 27 sur 44 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

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Non-seidement rbérésie calvinienne estoit en vigueur au royaulmc d'AngleleiTC , mais aussi par toute la ebrestieutc . naais non publicquement, comme elle estoit en Allemagne et comme elle a depuis esté audit lieu d'Angleterre. La France n'en estoit exempte, non plus que les aultres royaumes, et ut ce u'eust esté la prudence du i-oy, qui , par édicl£ rigoureuxct peines de tourmens faisoit chaslier les hérétiques par la justice, dès lors se fussent descouvers et déelarcz en public, cï en

' Élisalietli, IiUg de llciiri Vlll dI d'Aiim' Hc Bolitjn, née k 8 ««ptembre tâ3&. mc^ cc(U à »a «cniir Marie le ig itovnmbru t!)5ft-

estoil jà le uoiiibre si groiiil qiie, s'iU eussent esté séparez des aullrcs 1558. calliolicques, eussent bien monté au nombre de la quatricsme partie du royaume et plus.

Nonobstant t^nc le roy et la justice les cliastiassent en France rigou> reuscmcnt cl par !a mort du feu, si est-ce «ju'ïlz estoicnt en toile délibération de vouloir prendre les armes conli-e Sa Majesté et les catholiccpics, pour demander liberté et potu' faire librement Pexerciçc de lailitlc hérésie cl faulce religion qu'on appelloit lutliérienne. Mais iU ne pouvoient panenir & ce but , faidle d'ung prince ou gi-and seigneur qui fust de ladïtle fautse religion , pour les dcITendrc et pourtcr lo nom de leur cause. Car nul, si grand seigneur qu'il fuust on France, pour lors n'eusl encore* iW- entreprendre d'espouser ceste cause, ni tel se déclarer contre Dieu, la vraye religion ny le roy; iiz sçavoient bien que mal leur en cusl prins. et pour ce, n'y avoit oncorcs que les foir de petite condition qui se bazardassent de dire, faire et parler en public de laditle hérésie et religion prétendue, comme savetiers, cordonniers, menuisiers, cai-deuis et drappicrs et aulu-es gens mécanicqiios (pli se fai.soieut hnisler, et bien peu d'aulti'os de plus grande condition. Ce néantmoins, quand quelqu'un d'entre eux tomboit uDlre les mains de justice, il ne demouroit, estant sollicité et secouru par les ïrèva de laditte religion prétendue, et en fscbappoil plus des mnin^ de justice qu'on n'en pugnissoit, parce que les gens de la justice, cl priucipallemcnl de la court de parlement de Pan.<i, pour la pluspart se scutoient de laditte hérésie: et quant à cens qui ne s'en scntoicnl, combien qu'ils aborrassent laditte hérésie et ceux qui la suivoiont, n'en pouvoient faire justice rigmtreuse, suyvant les édictz du roy, A cause des requestcs que aulcims princes, princesses, grands seigneurs cl dames de France leur faisoient pour les pauvre^i abusez. Et pour ce que lesdits de justice ne les pouvoient absouidre à par et plain, de peur d'encourir l'indignation de Dieu et du roy, en condcmpuoiunt aulcuns à cstre fustigez , les aultres  faire amende honorable, les aultres au bannissement du royaume de France.

Les princes qui plus soustenoient lesdils hérétîcques et luthériens

\5f)S. e»toicnt la maison (le Bourlwti, comme momieiir le [iriuct^ du Coudé, la roytiE! de Navarre, La BochefoucAult' et la maison des Collignjs, qu'on appelloit les seigneurs de Chastillon-sur-Loîiig; et toutcsrois nul d'entre eux n'osait se déclarer eslre de laditle prûlendue religion, e) (ousiaisoiont bonne mine, conU^^faisant les catliolicquesau possible. El combien que les dessus nommée fussent dulcuns princes du sang royal de France, si est-ce que, duvivanl du roy Henry, n'osèrent entreprendre de publiquemeot soustcnir et delTendre cestu nouvelle prétcuduc religion; mais explorèrent ung aultre moyen et tascbèrent à en gangner uog plus grand qu'eux , qui eslûit la personne de monsieiu- le daulphio , lilsaisoèdu roy, pour le tourner à ladillcprulcnduc religion, afiinquc. par luy et son auctoritr, ilz béréticques grauds utpetis fiifisent eu saulveté de leiu' vie et liberté de prescher laditle religion. Et furent trouvés entre les mains dudit seîgueur daulphio des livres de laditte hérésie el FauUe religion , que ung des seigneurs de laditle maison de Giostiltou, nommé le seigneur d'Andelot', luy avoit baillé ; les<}Uelz livres furent , en ta présence dudit sieur daulphio, brusicz par te roy son pi>re. et ledit d'Andelot fut emprisonné dedans la Bastille de Paris*, qui eust luy-mcsme esté bruslé, s'il ne se feusl excusé, disant qu'il ne sçavoil si telz livres qu'il avoit donnez audit daulphin ostoîcut de maulvai&e doctrine, et, pour escbappcr desdîttcs prisons, feit une déclaration de sa foy, qui fut toute semblable à la foy catholicque, aposloliajue el romaine. Monsietu* le connestoblc, encores prisonnier entre les muins des ennemys, ne pouvoit solliciter leditd'Andelol. qui estoit son nepveu et que iuy-mesmc avoit advancé. Messieurs le cardinal de Chastillon, évesque deBeauvais, et l'admirai de Trance, frères dudit d'Aodelot, le

' Krançoia 111, comte dt* Laroftiefoiioault, prince de MarsiUai.-, qui fut tué à h Sain l-Bartliél cmy .

' Fraiifoù de Cnlif;n]r, «t'ignour il'Andrlut , culcrne) gûniirnl lic l'infanlorie fnn^iso, Itls puîné de Gnspord tic Coliftny I" du nom, mar^dial de France, c( de Louise de Montmorency, naquit

n Clidtîllon-iiur-Lumg le 18 avril ibn.

' D'oprèa d'autres r*«ilscontomiioraii»6, et entre aulres celui de de lliou {Ihiloire umv. liv. XX), ladU^TicB du d'An dolot l'ut onnasioniiée par la dénonciation <lf *c* «cnlimuntt mligif^ui qui nritil été laUv. k Henri II, et jitu- l'avou plein di! fetnwté •]u'il en fit lui-même au roi.

DE CLAUDE IIATON. 83

sollicitoienl de ne se déclarer, ains de contrefaire le bon catholicque, 1558. comme eux-mesmes faisoicnt, hiy disant qu'il n'estoit encores temps de se déclarer, et eux-mesmes dressèrent ou feirenl dresser la confession de foy qu'il fcit en la manière que dessus et luy feirent signer de sa propre main, pour appaiser envers luy le roy, qui ne demandoit aullre chose que de le faire bnisler. Iceluy d'Andelot estoit colonel de toutes les bandes françoises de gens de pied, qui est ung des beaux estatz de France. De la Bastille de Paris, il fut mené prisonnier dedans le chastean de la ville de Melun, où il fut délivré avec grandes prières de plusieurs princes, à la charge de n'y plus retourner. Les héréticques do France pensoient avoir tout gangné et cuydoient estre au-dessus de leur but, quand on cognut qu'ils avoient accès audit seigneur daulphin, et n avoient honte de dire que mons. le daulphin estoit de leur party et de leur religion, et advint ce peu avant le mariage dudit sieur daulphin. Tout le royaume de ?>anre doubloit fort de sa personne et de sa religion, depuis qu'on eut trouvé etprins lesdis livres »;ntre ses mains, et craignoit-on fort qu'il ne fust héréticque; mais il lut si bien chaslié et corrigé par son père, que jamais depuis ne voulut veoir volontiers ledit d'Andelot ni aultre luthérien devant luy. Iceux héréticques se voyant descouvers et reculiez plus que jamais par Temprisonnement dudit seigneur d'Andelot, et leurs affaires remises au temporiser, et qu'ils ne pouvoient plus si librement parler audit seigneur daulphin de ladilto religion prétendue, excogitèrent ung aultre meschant et proditeur moyen pour parvenir à leur but, qui fut de tuer le roy et de ne jamais cesser ni dormir à leur aise qu'il ne feust mort tost ou tard; pour ce meurtre eurent charge plusieurs d'entre eux, et s'en trouva en assez bon nombre de si folz qui s'engagèrent à tuer le roy, quant l'opportunité se présenteroit, et de ce y eut promesses et sermens faicts en certaines assemblées secrettes (pi'ilz tinrent. Geste délibération et résolution fut mandée aux frères qui estoienl espars par le royaume et dehors, mesmement aux bannis qui s'en esloient allez à Genefve, es Allemagnes et aultres lieux. La raison qui la fit prendre fut que S. M. avoit renouvelé ses édictz

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