DU DUC DE GUISE POUR METTRE FIN À L'AFFAIRE
Par le décès du feu roy François de Valoys, second de ce nonl^ succéda au royaume de France Charles de Valoys, son frère. La venue de ce jeune prince à la couronne fut une grande joye aux imgs el une grande tristesse aux aultres. Joyc fut à messieurs les princes de Bourbon, huguenotz et protecteurs des huguenotz de France, lesquelz furent exaltez à la dignité et charge qu ilz désiroient et pour laquelle obtenir ilz avoient les années passées tant travaillé et mis gens fin peine par tous moyens et de toutes qualitez, (jui estoit d'estre tuteurs et gouverneurs du roy et du royaume, à quoy ilz n'avoient sceu paiTcnir du vivant du feu roy Françoys second, ainsi que favons monstre; mais maintenant, par la permission de Dieu, et par les
' François II mourut Je 5 décembre feuilles de Fontaiiieu, n" 2(17-298, à ia
i5Co, âgé de dix-sept ans , dix mois et un B. I. un compte de fournitures de drap
jour, après avoir régné dix-sept mois et noir faites, pour leur deuil, au chancelier
vingt-cinq jours. — Voy. dans les porte- et au général des finances (i"juin i56i).
Il«
nioyeD.i par eux mis en avant telz que Dieu sçail, y sont parvenus, le royaume estant tombé en minorité, S. M. n'estant Agée que de neuf ji dix ans'. THstesso fut aux seigneurs de Guise et à tous les callioliojucs de France, pour ics misères cl ruynes esquclles lomha le royaume par ceste mutation d'estat et de personnes. Madame la royne d'Escosse devoit estre encores la plus dolente de tontes les personnes de France, laquelle, par la mort de son mary le roy Fi-ançoys second, perdoit avec son amy le tlitre de royne de France, pour estre bannie et renvoyée quasi comme esclave en son isle et royaume d'Escosse.
Les cartes, qui en France estoient par les années passées fort enmesléc», ainsi que l'avons monstre, furent à ceslc foys si bien brouilliées, et les meilleurs joueurs se trouvèrent si empeschci k les penser desmesler, qu'ilz furent contrainctz de les laisser et de s'entremetti-e è jouer à ung aultre jeu , ainsi que sera vcu par le discours qui eu sen faict ci-aprés.
Tout à l'instant que le feu roy Françoys second fut mort, nicisieurs de Bourbon furent mis en toute seureté et liberté, et les prisons furent ouvertes à nions, le prince de Coodé, qui, d'ung orgueil Incroiable. chemina par la ville d'Orléans, accompaîgné des seigneurs el aullrcs gens de sa faction. En ung moment, fut faîct un conseil de conseillers nouveaux, excepté le connestable, par lesqueh fut arresté que le roy de Navarre avec la royne mère seroient gouverneurs du jeuue roy et du royaume', et ceux-ci, au sortir de leur conseil, feircnl sigiiiOcr h mons. de Guise qu'il n*eust à se immiscer aulcuncment de
' Charles IX. né le 97 juin i55o, avail, lort de (a mort de son frère, dii ans el deou.
' Catherine de Médicis , régente reconnue • mais sans litre formel , gouverna avec M» conseil composé du roi de Navarre , des cardinaui de Bourbon, de Lorraine, de Guise et de Cliâtillon, du prince de lu Rocho^ar-Von , du connélable Anne de Uoatntorency. des ducs de Guise. d'Aumale et d'Etsmpes, du chancelier de l'Kâ-
pital, des maréchaux de Suint-Andrv ti do Brissac, de l'amiral Colign^, du sieur DuiHorlior, de» évèques d'Orléans, de V*ience, d'Amiens, du sieur d'Avansnn, I* sieur de l'Aidjeupinc étant scrriitairc d'cUt (Voj. sur l'organisation dp la rtïgenci'. de Cadterine, dcTIiou, liv. XXVI ; et EKlratls dcN registrus du parlenicnl de Paris, a5 el .îo mars 1&60, dans la coUocUim Fontanieu, Bibl. ioip. vol. ig-j-^qS.)
quelque charge que ce fust de celles qui touchoient les affaires du 1560. roy ni du royaume, ains qu'il allas! garder le feu roy son maistre. Ce que bien ayant entendu ledit sieur de Guise, après avoir mis ordre à ses affaires, pour la seureté de sa personne, se retira hors la ville d'Orléans avec son train, qu'il feit armer en bon équipage pour se deffendre, si d'aventure messieurs les Bourbons et leurs alliez l'eussent voulu envahir, comme en estoient les signes assez apparens. Avec le seigneur de Guise sortirent aussi d'Orléans plus de cinq cens chevaux et gentishommes pour le suivre et mettre la main aux armes en sa faveur, si besoing en eust esté; et se trouva ledit sieur de Guise suyvi de plus grand nombre de peuple et gentishommes que le jeune roy ni ses gouverneurs. De quoy moult se trouvèrent esbays les sieurs de Bourbon, le roy de Navarre et la royne mère, lesquelz, par le conseil du connestable, le renvoyèrent querre pour rentrer à la court et ne point abandonner le roy. Qui plus étonna les princes de Bourbon, touchant la retraite dudit sieur de Guise hors de la court, fut que, oultre les gentishommes qui le suy voient, il fut quant et quant suyvi de quasi toutes les compaignies d'ordonnances tant de cheval que de pied que le feu roy avoit faict arriver à Orléans et aux environs pour tenir sa personne et les estatz en meilleiu:e seureté; lesquelles compaignies offrirent leur service audit sieur de Guise de corps et biens, jusqucs à la dernière goutte de leur sang, et de moimr à ses pieds, toutes fois que mestier en seroit. Le seigneur d'Aumaile, le marquis d'Elbœuf, le grand prieur de France et les cardinaux de Lorraine et de Guise, tous frères, sortirent pareillement de la court et abandonnèrent le roy pour suyvre ledit sieur de Guise leur frère avec tout leur train et ce qu'ilz purent amasser de gens; parquoy ne demeura avec le roy que la royne mère, le roy de Navarre, le prince de Condé et le connestable, qui estoient en moindre nombre que lesdits de Guise , dont le chef, par le moyen des princes et seigneurs qui le suyvoient, et des gens de guerre qui tenoient son parly, eust, s'il eust voulu, este faict roy de France. Car il estoit en mesure de s'emparer de la personne du jeune roy et des enfans de France malgré
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tes sieui-s de Bourbon et la royne mère, et à ce faire hiy etisseot aydà'l l'assemblée des députez des trots estais de Fraoce, qui estoienl j arrivez audil Orléam.
Mons. le prince de Coudé se voulut entourer de gens d'armes atil ptti» grand nonibrR qu'il put; mais pour lors ne U-ouva des homme»! h fltin commanilement à la dixîesuie partie dudit de Guiac. Le royde-'ï Navarre Caisoit senihiant qu'il ne pensuil k ri«n aultre chose qu'à entendra aux affaires <lu roy, du royaume et des trois egtatz, se cod<- J tentant de ses gardes et de ceux du roy son maisire el pupille. Mons. ; le connestahle inousiroit le semblant de ne vouloir espouser la cause \ des uugs ni des aultreo, parquny n'untroil en mcfCBnrj> dp personne,. > mais emploioit ses moyens pour la pacilicatîon des troubles qu'il \ voyoit se préparer entre les princes de Bourbon el de Guise, et pour ] le» faire dissimuler les img» devant Jesaidtres, en attendant que Icft j dîÛ'crens prétendus entre eux se pcussent par bon conseil oubher et I mettre au néant.
1^ royne mère, en dissimulant ilevant le eonnestable, se vouloitl venger contre ledit de Guise, et secretlemeut slinmloit le roy de Na-' varrc et le prince de Condé de se rendre coneinys mortels et capilam d'iceluy, leur faisant entendre que les enlreprinsea faictes conti-e eux . par le feu roy son fdz n'avoient esté que par le conseil d'icoluy dp \ Guise, auquel elle vouloit qu'iU princes de Bourbon fcisacnl rendre. rompto lie loules les affaires de France qu'il avnit nianiéo» depuis dix ans auparavant, tant du vivant du feu ruy Henry, son mary. que dc^soubz son filz, dernier décédé, jusques à ce jour; d'autre part, pour mieux Jouer sa tiagédiu, elle laisoil. {>ar lettres et messages uL qnelqneafois en personne, entendre audit do Guise la malveillance que luy portoient messieurs les princes de Bourbon, et comment, conlre le gré et vouloir d'elle, ila vouloionl hiy faire rendre compte des alfaires qu'il avoit maniées, et que de ee faire ne les pouvoil empcfvcher, et plusieurs auUi"es propos qu'elle lenoit audit de Guise desditz sieurs de Bourbon au désavantage de son excellence. Par lait moyens el menées, iccili* dame sema ung tel discord entre ces detix maisons de
Bourbon et de Guise, (jue jamais ne se sont osé fier Tune à Taultre, ains toute ieur vie demeurèrent en meffiance ies ungs des aullres jusqucs à la mort.
Laditte dame royne faisoit ce pour régner et gouverner en France, ayant ceste oppinion en elle que, si messieurs les princes de France eussent esté unis et tous d\mg bon accord entre eux, elle eust esté renvoyée en son pays d'Italie avec son douaire, chose qu'elle ne vouloit estre faicte. Parquoy, elle continua ses entreprinses cauteleuses, pour entretenir division entre lesditz princes et grands seigneurs de France , avec les imgs contrefaisant la catholicque , et avec les aidtres la huguenotte^
• Sur Catherine de Mcdicis, vov. cnlrc autres : Lettres et exemples de la feu royne mère, comme elle faisoit travailler aux manufactures et fournissoit aux ouvriers de ses propres deniers , etc. Paris, Pierre Pau- Jonnier {Arcli. curieuses de lliisL de France, t. IX, p. 12^^); — Discours merveilleux de ia vie, actions et déporlemens de la revue Catherine de Médicis, déclarant tous les moyens qu'elle a tenus pour usurper le royaume de France et ruyner J 'estât d'iceluy (Arch. curieuses de l'kisl. do France, l. IX, p. i). Cette pièce est allribuôe à Henri Eslienne; elle a été composée en 1 074 . et traduite depuis en latin sous le titre de : J^cgenda heatœ Cathufinœ, etc. — Vita di Caterina de Meilici , sag:gio str»riro di Eug. Alberi (Firenze, i838, in-8''); — Brantôme, Vies des dames illustres; — Montaigne, Essais, I. IM, c. VI, et Le Laboureur, Addit. aux mém, de Castclnau, t. 1,1. I, p. 287. — Il existe à la Bibl. imp. de nombreuses lettres de Catherine de Médicis , en originaux ou en copies , dans les collections Béthune, Dupuy, Fonlanieu, etc. et surtout dans les vol. du S uppl. français 19/4 et 2722, 1 à 4« et dans le vol. ^86 de Dupuy.
— On a imprimé une grande quantité d'écrits, complaintes, remontrances, requêtes, exhortations, avertissements, avis, épîtres adressés à la reine mère sur les misères du royaume et les persécutions exercées contre les protestants. — La bibliothèque de Brera, à Milan, possède des instructions très-curieuses données par Catherine de Médicis au cardinal de Ferrarc (Scrittuni data al Cardin, di Ferrara sul modo da tenersi da noslro sign. per ordinare le cose délia religione in Francia, mandata da SS. ill*, l'aitimo di décembre Î50L Copie du xvii* siècle, anc. catalogue, carton C A. 33;, pour représenter au pape les maux <pu* cause à la France la diversité de religion . pour lui exposer les justes plaintes que font naître les désordres du clergé callioli([ue, et pour l'engager «î des concessions et à des réformes sur l'administration de> sacrements, la communion sous les deux espèces , le chant des psaumes et les j)rières en langue vulgaire, les processions, la vente des messes, etc. Cette pièce a été analysée dans lllistoire universelle de de Thou, 1. VIII). — On trouve aussi, sur les velléités protestantes de Catherine de Mé-
do ûuict, au soir, es maisons desdili Barengeons, qui cstoiom les pilliers et souslenmirs de la nouvelle oppinion audil ProÛDs, pour estro les plus riches cl les plus pitoyables. Il» Barengeoiis, pour gngner de5 homniBS du toutes i[ualilc£. pauvres et riches, n'espaiCToios leurs m<ii30ns, services ni biens. Avant que d'estre cl de se déolu héréticques, ilz estoieni foi1 cboritablos ei aulmosniers de tours biens, et par trois jours dr (a sepmaine ilz donuoienl aiUuiosne aux pauvres à tous vcnuns en pain assez su(lisanim<:ut pour nourrir une personne ung jour à chasciine fuis. Mais, depuis s'estrc déclarez hugucnotz, ilï cessèrent de faire telles aulmosnes publioijues el à lou» venons, ainii n'en vouluient plus faire que de secrètes à ceux qui estoieni ou promettoîenl cstre de leurdittc nouvelle religion.
Les buguenoU livrent leurs femmes cl lourit fillKi à ceux qui veulent omlirasser ieproteslaDlisme. — Le libertinage occasionne beau<*0(ip <j<' conversions. — Dans |iM ussemblées nocturnes des religionnaire», le ministre lili-iii&iM.' douneksigaal de la debauclie '.
El pour cc.sie cause, plusieurs hommes ne vonliireut plu»
souffrir leurs femmes se trouver h telles assemblées nocùimalles. ayant ce vice en mcspris d'osire coupaudez en leur préseocL', aulcunes l'ois par ceux qui n'avoient poini de femme.s. Tcli qui ne voidurent plus mener leurs femmes aundittes assemblées furent aygrenienl rçprius el lancez par leurs niinislres, ceux-ci leur disant qu'ilz n'estaient vraiz frères et qu'ilc delîailloienl lourdement en la vertu de charité, laquelle debvoit estre telle en eux que nul ne pouvoïl et ne debvoii avoir rien de particulier, aios <juc touics choses debvoient esU-e communes entre les frères de la nouvelle religion, su^-vanl la ra<;on de faire des premiers chrcstieos.
Depuis vingt ans au précédent la publication de l'édit ci-dessus mentionné de hberlé, n'y avoil par la France que simples gens méeanicqucs cl artisans qui fussent de celte nouvelle onpinion luthérienne, comme savetiers, cordonniers, menuisiers, cai'deurs, peigueurs de
' Le passage qui scironve nia page âg. «ar ce qui «c faisuil dm» les assemblées nou-
lumcs îles [irnlenlunts, est reprcnlmt ici daiu l« mK en («rmcii à [luu [)ri>s semblables
DE CLAUDE llATOPf. 121
nus juges des villes el nllnges de visiier les jiiisons cliascuu de leurs junsdictiom, jiour vcoir si eii icelltw y avoit aiilciins prisoimicrK lA dvlcuti» pour le faict de la religion, et, isi aidcuo» y iroiivoieni, de le.s meure hors sans aidcane forme de procè^s ut do les niuvo^'cr ca loulû scurclé en leurs maisous. poui- y vivre en Ubcrlo do leur conscicaco, sans cstri; aulcunciUL'ul rucliercber pour le faict d'icelle ni de laditte prétendue religion. Parnillemeiil fui-cnt par iccluy édict rt'vocqucï et reinandés tous les bannis, de quel((uc qualitt^ tju'ïlx fussent, i{ui avoïcut esté envoyci^ H gallèrcs ou en aultrt!!) lieux honi dn rovavime pour le faict de ladillc religion, f<ist par sentence de jmlicc ou aultrement, en venu des cdiclz faictz par les feuz roys Trançoys I", Honry II, cl par le feu roy François II dernier décédé; voulant et entendant que Icsdïtx cspulseï lU banni» rentrassent en leurs biens, terres, possessions el maisons, eussent pleine jouissance d'iceux, comme ilz faisoicnt avant que d'en partir, cl en îceux vécussent en paix et en scurclé, sans qu'il leur fcust mcflaict ni mesdit aillcuneinent uî rien reproché t cause de ladilte religion prétendue. Dolfoose fut faicte aux calholicqucs de ne les mocqucr, injurier ni provocquer à courroux, sous peine de punition corporcDu, cl ordre donné aux nngs el aux aullrcs de vivre paisiblement ensemble;, comme frères et amys. sans s'entru-injurier en s'appelant hwjaemlz ni papauUz.
Cet édict fut envoyé à messieurs de la court de parlement de Paris, pour eslre par eux enregistré, homologué et publié |>nr leur ville: ce que lesdili sieurs ne voulurent faire sans double cl triple jussion et après de grandes menaces de ta part des gouverneurs du roy. Enfin, en l'homologuant, iU adjouslèrcut les mots qui s'ensuivent, c'est assavoir: Par imporianitè de ceux de la religion prélendae, et par provision, en altendant la majorUé da roy. Les hugueuotz ne voidoiont que les motx susilitï fus.s<?nl adjoustea, et pour les faire ostor \\c rclûumércnt à messieurs de Bourbon , gouverneurs du royaume, lesquels, sur icm-s instances, mandèrent à ladilte court qu'elle cusl à publier et enregistrer cestuy édict en sa forme et teneur.
uiu y rien atljuu&ler oi diminuer du slytp tel qu'oD I» l«i)i k«oil envoyé. Mais le» sieurs de laditlc court ii'eo voulurent milu-v diuM* r*in'. pour menace» ui cxiininaixlcini'til qui leur en iwil ToirL
P«r lus auttrcA villeA de Tranoc où îl y avoîl liugiienoLi. Uni il^ claré» r|uc «ecrcl/.. fui icvliiy cdici h'tau veau et receu, et |inf>i«pallemeat on cvltes e»i|niJlcs y avoit de» juge» et juilidfrs lni^wf nnu, qui. uvvc diligence vl orgueil indicible, oe frin'itl Huill* «le le pulilici- et «itrcgistrcr, aflin de le faire obtc-rver au prouflit ol vol»-' loir do huguenots. Lo catliulicque*, tout t l'itulaul, l'uront un 1*1 aiespris. que plustcup» d'entre <!ux, mal fondés en la foy cl d« petite «iévolion. laiW-reot l'église ronv-iioe et des apostn!% pour «iiyCT* l'ègliv liu^UL-oolicque. Eu toulcft compagnie», aucmljlèos <<t lifus publics, ilz buguvnutx nvoïenl le boult porler. el u'u^iviil en Ivfjn propOK que de meiiaces, ctt délrnt^ljint de l'égliae aillioticquE •! (W sacremeiu d'icellc, et principalicmiinl du sacrement de l'aulcl «t d* la mcMc. Et rombien que, pur t'^dict ei-dewus did, faict k l«ur advsnlage, fuAt dcITeodu tant h eux qu'aux catholîcquaa de ne ('«nif^ iojtirter le> ung» leit aultrej^. si e-5t-cc que oui jamais oe re>Mml d'iujuricr le»dic(z calliolicques. en les appelltnt ftapaiu, iJolHfrm, pattvr€s abatt: et fijum du punfatoirv du pape, et ne duinandoimkt qu'à faire sédition cl à provocqucr le» catholiojueit contra (tni, poiu les faire mettre en prison et lomlrar en doninia^^es. El hit CMOy édict caïue de pluueun> noiies, débalJt cl nieurtre^ en di^vn rf»droicle Ju roy*unie, pour te ^rand orgueil et l'audirc tleaditt liugiicnniz. Icsquelt deoieuroieiil inipuni» de quelque uiid •)"' ^ teiit aut catbolia|ue5, voire des meurtres par eui eouun Icsditx catbolicque» : taudis que ceun-ci oaloient bien et ii^>. ment puni* de la moindre injnre ou aullre faict par eut < contre le«ditt huguenots.
En la ville do Provins y avoil. cooimu on l'a vu', troi* ii*'tr* ép- |)«llé» les tiarcngcons, gens riches, «(Tables et buguenoli t.l«« pr^ niiers de ladilte ville. Ces Iroi» frère», Claude, NicoUc et \iithoilN,
IMO *Jc niiin, «u soir, 4» mttiAom dcMlîti Barengeon». rjtii estoieni les fiil< lier» ri wtislenmirA de ta nouvelle oppïniaii audit Proviiu, |)our n ^^~ Im plu-s riche.'* et Ic5 plus pitoyol^'*^^- H' Rarcngcon». pour j dc5 hoitiines dv (ouIp* (ptnlilt!i. pauvr<>» el rtche<>. n*e»(>ar|i{|u^« leurs mnisoiu, iMîrvifrs ni biens. Avnnt quB d"e«Irc cl de «f d*<i hi^rilirquf», ilt esloicnt Tort cbitrilnhlcfi «I Aulmoftoii'fs Ati |«(^ bien", el pu* troU jour^ dp la ^-pinaine ilz donnoient aiilu pauvre» A tous venaiu rn pain awi'i KulTiMnmifnl pour aoiirrir ï personnel iing jour A chn&cunt! Tois. Mai», depuis a'catre d^Ureal guenoi/., ili ccuèr4>nt de TiiirL' ttllei nulmosncfi publicr|u<'« *l A t venans, aios n'en voulurenl plus faire ijua de sccrélc» I nri Mtnipul ou proniettoieal cstre de leurdilte nouvelle relif^Ou.
L» liugumolA livrent Iran TmiiUL-* ri Iran filin à cvus f|iii ^ h> pntmiJntûuiB. — Le libfjiinagi; nrruînuup beaucoup cIl* ■ 'j : tmaMvmbIto oorlaniH cIh rijifrioanaim , !•• utinisttr lui-«i> ii.. de la tl«hiuctt« *.
Et pour ccsiv muM.'. plusieurs hoiuine» ne vuuliinuil j
souffrir leurs femmes se trouver h telles asscndilées nociun lyuil r^ «tco en meAprtft d*cMre coupandez en lour prè^rorn, au IbU pr ceut qui n'avoitiol ptùnl de remniCA. TeU qui ne voul plu» mener leur» rpinmcs auidiltes assemblve*» furent a>'^r«tjifa| | |)hn5 l't tAncui par leur* ministret, ceu\-fi b-ur dÏMol qulU I toienlrraix frères elqu'ilidenkilloiont lourdement en la vertu dtf<j rit^ , laquelle debvoit eatr<^ telle en eux que nul ne pouvoit  l debvoil avoir rîen de particidier, ain^ que loute> cboac» deb* vstnD communoA entre tes frères de ta nouvelle rebgiun, «nyMffll Oiçoii de faire des premiers ebrestiens.
Depuifi vingt ans an précédent la pubbuittoti de l'Mil i meutionnr de liberté, n'y avoil |Mr la France que simples çcm n oicqu'-s cl artiiuins qui fussent de relte nouvelle onpinion lutlti^niUM romuie Mvetjeic, ronlonnier5. raunuiaier^. cardeur^, pxi^nun ^
iHfTie* itrkploInlMib.nl rvprtalittl K k uu. «n terme* « pnt pré» i«nU
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• iK mrs f|iii' 1rs liiii^iii'iini/ |fs ('ii>M*nt priïvorijiii's l't tin*s a M'dili^ |).ti hiiis iii|iir<'>'.
>iliist (|Ui* 11* irii mv lut umri . r*t (|ui* incvsit'Urb dt* Iliiurbou t Miit, iî\ri- j.'i in\in' nif !«• . laiit/ li's m)u\t'ini»urN du nivaiiim* de Fran < t «lu iii\ |)U|iill«-. UM»iis. It* piiiiif (II* Cniidf vdulut so jusldior d
• :i*- <|ni lii\ .i\(i|i'iit <Nt>- nii|>nv/. cl (|ui axoH'iit luntivi* rtMiiprisonn iiM-iit d* "«.i |H'iMiniii' |»rn !•* roniniaiidcnifiil du ii'U rov : c*t, pcitir i.iiii- lut I •'ni)ii\f jii' II* rniiM-il liii inv i*nl.nit, r\ divsrha.vsa-oii ivar i iMs.itioiiN Iniis lis Miins du «oUM'iJ <|ui .'i\nii'iii ciitriiilu «U veu I .H I usatpiiis. |i> dt'pf>silii»ns dis Ii'suhmuj^s. Ic> intiTrofratioiiH. co IcsMiiiiv i:t ri*r(»||«*nit'!)s du«iit piiini* de (.niid«*, ri ipii avoiirnl vac<|i
I l.t innlfctinn «II- sfin prmis, juMpu^s a sfiiirii«*p di* niorl. Va^\ M ni' iK I' lut i<taid«*i' .1 prniiiiUf'rr. a <'au*<f' dr l.i nialadit* et du In
p.iN iludil 1* Il rii\. Inpirl. iii ni«)liraiit . Mildnit rpTrlif I'imIsI 9•^ < Ulti- slii ledit pi Mil !■ d<- ClttlHli'. tOUIIIM' il'IIUIII*'! d«' K*/<*-niajl'«)'
t-niM'iiii de l.i I MUifiiiiii' di' l'iiiK-f. ri pri tiii hali'ur du r«*pu> pal) !<'! ipi il <liNiiii a\«iii «'Nlf triiiivi' i'(iiil|i.ililf par la « nnifriion de
pliiijv; it «si UIP' < ll'isr hiiitr rrllJini', «pii*, M MifUls. di* (lUf^t* \»'ii|ii «ilifir .tu in\. jiilil Niiiji" piiiitr ilr (!uiii|i' f'Usl rsli» (*\ri-ut |ii^li<> . !•' jniu df dt-vaut ipii* l«dit Icii mv iiinunist. Mai.s '*i'ii! d'- dui»*!'. ( fHiiiîp* aussi iiiuiis. {«• I nnMf'stahli' . iif xoiilurci
• Mil r '• • «iiiiiii;ini|i-iii« lit du iM\. le \ti\ant .tinsi m.dadi' et r '!■ 1* iii'iil ipiil >-s{.iit: |oiiH't lUs^i (pii* la r«)\iii' unrc ri ji*
^.iv.iM' li"« ii-<jM:ic!il di' l'ii • «' hmIh-u' .ui rf»\ . inMir l»*s mrnr 'ju :1 l'-ip in • ii^^t pi'U .iflxc'iiiT |).ii api'is. pnui pi(H-i'ddt*r a
II if."i. «Iiidil sii m priiïif. ji' |iiv c|<' \.i\.iii»' I 'iiiiiii.ui(la aiF
i . ■ • ■ .• fi' !■ j '-Il - . i'.i I • '• ■ Ji*!' !• • » «ili'.|>j»i« • • f lit
h tî..iiî. lli\ I-, :,| . <. .jl|i '■ I- f ' I ij
I3S I MK). p*** *" spiTei ni en public lu d^MViniagt! de rhonneiir il'ieelu^, «n
|Vp>limeretBvoiron honatiur, coaiiiic vray prince ysi^u du MOg ror*) «Tvilnir du roy cl protrch-ur du myaonie. Geste juatifialiop fui impnnté'^ cl exponée en vente à toute» perwoops ipii la voulurent acbepter '. Muin peu de gens y eniptoièront leur urgent -s'iU iiVsloienl hu^eiioif, pour ce <pie rliA^ain ]K*Yoit hîen de f{uel xèle ledit nirur priticx- <v(iil enlroprïn» \ps Fiiicti de la rniue pour larpielle il ivoit enté parir i (ru roy emprisonné. Ils princu île Cooiie el roy do Navarre oe m» ooa- (onl^rent d'nvoir l'airl prononet-r Uditti! justiltcalion au jeune roy, ■1115 voulurent qu'elle fenrt publiée aux carrefour» de la ville d'Or*- |eait«. au rourlave du la «aile de» trots cstali leiiux eti ladilte tille d'OHéan», et au Palais et par les carrefours de In ville de Parut.
Ln Itt^foenot* de France . que la mort de Françoi* U, la pablir^tion Ae f «dit ik> libiTlc. U ddivnucc et U jiutilicaUnu ilu priocr de Cnadt rend«i(fnl dp phw m ptua fin^mpluei», prenoenl les ralbolifjnes i-n d/dun e( wagiNil a m %urrj avtv etu. — Ils avaient <Hé pendant rjDHque reoipi rvlrant par la c qn'iiupiratenl le* princn lomîn», par Im rwmonlnnon ri Ir* pranicaN» (k la j rsoe men- ri du roi de Navarre, par la prince dn iHals (^B^nai el pat fal Unu dt U dct-JMAa da d^pul^ va raalirn) rvIijticaK!. — La CUl» E«Bena« CMlverU k OrlfAii» le lA decerubre l^fto, *r UmniiiRnl tr 3i jaD^ier muv«dI* — Ihr» unlo(inar»'u de réfantiatian sonl r^îgée* irapré-s le» cah>>-r«''
\ ra&uMiiblée deiditji eMali >r trouvèrent les pnnre» de Ptsum».
P>Nn nMireraanI )v profé* du prû»
li» (iondr H la dAcUntkm de «on taiw- WM ( VAmktm J( CooJf, I, II, p i^f^ •it Mili . ) — IVd4rati<in porlanl qa« Lmiii >l» RourbiM. |ifinc« tk tkiodd. «U inaorvnl du minr duni nn voolut le dtarger. Funuinvtikvu . i3 tnan tM>- {.liUilHMi ■le I.C L^lMHirriir »m M^Maum ib f.'wl() -.*. .1.,.. 7.1.,,
•■«NMkalu. )Mr C J de Majer |L« Ilair* •I Nr^ •:'i*-i78y in**), i- X, XI H XII. —Fanmr y>'w»<f> »i f^rtictbitt ^ U
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tant ecciésiasticques que séculiers, comme les cardinaux, archevesques 15G0. et grande partie des évesques^ Les officiers de la couronne et de la maison du roy y assistèrent. Le roy, qui n'estoit âgé que de neuf à dix ans, feut assis au plus hault lieu et émincnt, affin d'estre veu de tous les assistans. Aux deux costez de luy estoient assis, à dextre, la royne sa mère, et ses aultres enfans pupilles et mineurs; à senestre le roy de Navarre , son gouverneur et du royaume , et auprès de luy mons. le prince de Condé son frère, et aultres princes du sang. Aux pieds du roy estoit assis mons. de Guise en une chaise, faisant son estât de grand maistre d'hostel; à coslé de luy, assez loing à la dextre, estoit assis mons. le connestable, et d'aultre costé, à senestre, mons. de THospitail, garde des sceaux de France. Au milieu desquelz et devant les pieds de mons. de Guise, estoient assis à Tentour d'ung contoir ou table les quatre secrétaires des commandemens du roy, pour escrire et enregistrer les rcquestes faictes par les députez desdits estatz. A la dextre, ung peu arrière, estoient assis messieurs les cardinaux, archevesques, évesques et prélatz de France, avec le légat du pape, mons. le cardinal de Trivulce. D'aultre costé, à senestre, estoient messieurs les princes de France et aultres officiers de la couronne, et es environs des sieurs cardinaux estoient, assez loing, les députez de Testât ecclésiasticque , et dcn'ière et attenant des princes, aussi assez loing, estoient les députez de la noblesse, et devant la face du roy et des princes du sang et des gouverneurs, estoient, bien loing et au plus bas, les députés du tiers-estat. Je n ai eu cognoissance ni communication des harangues faictes à Tentrée desditz estatz, fus! par le roy ou ses gouverneurs, comme aussi de celles des députez, et n'ont icelles harangues esté mises par escript, ni recueillies par personnes qui ayent eu ceste volunté de les mettre en évidence'^. Bien ay ouy dire à ung des députez qui estoit présent
' L'ordre et séance gardez aux estais la ville d'Orléans, etc. Paris, J. de Gour-
d'Orléans. (Bibl. imp. ancien fonds franc. inonl, gravure sur bois du xvi* siècle, n* 8676, p. 6.) — Le vray pourtraict et dis- * La publication des harangues et des
cours de l'assemblée des trois estatz tenus en cahiers fut défendue. — On trouve le dis-
qui' rnuii». le prinre de Cuoile proposa fi nicisl un jvinl un'' i-ef|UvsU' pour les bugaciiotz de France, afiiu ipi'ifn t:c»(c uwcinblèc l«ur loligion prcU'iiduu fvtui appruiivcf^ ut reccuu |K)ur hoiin*. «t «fUi- pcnniMion i«ui f(!it»l donniyc d'e&erccr Aann loi» kni cndroKti (lu rovaoïue, iaui i» «iUes que vtlbf;»». Uditle prf-lcndue rtdtgKMi. Mai» de n;! requesie itil déboulé, cl luy fui re»pondu qut* I'om*'!»l)l«e duMliU IroU vttaix n'avoil edv là ooovooquce pour traiter de religion, el quVn France nn falloit doubler que b relif^oti c-atholicquc. itptMlolicqiu* et romaine no fciut lionne «t uiocu, h ceU« pour l&qui'Ut- d Uaranguoit H qu'il préLcodoit auclon»«'r cond«Mupup« Kl dj< Utils Iciups rù^iuvét! p«r li» pvtm ul ancii-oft. A UipitUIr m»poUM> ha liiit ledit sieur prin«> de Cnndé, voyAiil ne pouvoir U i*«ir audioncL'. c-t dilléra juM{U()> i unç aultre tt'uip» pour pn Uir* U pourMtitle . ùiu^ tpi'U «an dît cy-«prèL
Cl6turc d« Mata iTOrl^Aai. — Relour daoj Icun iiikuhiu dn il^puU» J liaillii^i- df l'mvii» : meHire Audn- de Gmiihidi . prieur de Suni A jt^td, |i flrnft^: luoiu. dr Babv, p<iur la nobiruv; ri m* Jpao de Ville, finii uit-tir (lu r fHMir \e (icn i\»i.
LrsdilA (iranionl et de Ville revindreni dudit Drlr-an» pire» fnat)<>n>dc religion qii'iU n'ertoienl nvani qur d'y alltrr. Car iti l loicnl qu« catbolicqiu-» •■^branler, ne vocbant ffm-ore» a qunHo I gioa ih »e debvoif-nl tenir; ntni* t leur retour se di^laréranO btnicbo et d'teuvre estrc du rang deit bi^réti<Tiues ot Iniguenots. ' iHToi» ne furent ta M» que pliiaieurn auUre^. qui bnillèrral U ) tun* de It^urs maitu, quand ili deniand<^renl ung prvdicant en la « de Prnvrn», et ne voulurent «igner ([u'ilt (•.sloiciil de laditlv i tendue rrli^on : mais n'eurent honte de rapporter et semor i
•Min du rlkUtL-rtn-r (U- llli^pital .lut* (•■ U t jnir ifry«M». ISM .
HmikiI m u* (xuim puMi« |iar I>ur<r5 di- trét ^«uiiHi mf nw >nmtW* tm
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ville quauxditz estalz la prétendue religion réformée avoit esté ap- 1560. prouvée, receue et autorisée, et la religion catliolicque, romaine et apostolicque réprouvée et condempnée, et que la messe ne se chanteroit plus en France que trois ans pour le plus, parce que audit Orléans elle avoit par l'assemblée esté exterminée et, comme chose meschante, réprouvée, ce que receurent plusieurs simples gens estre vray au rapport (riceux. Les hommes de bon esprit n'en vouliu'cnt rien croire et taschèrent à redresser ceux qui y croyoient. Ce néantmoings , iceux députez continuoicnt en leurs rapports telz que dessus totichant le faict de la religion; et quand Tung en devisoit en l'absence de l'aultre, il s'en rapportoit à son compaignon, et en ceste sorte tous deux confirmoient le dire l'ung de l'aultre, jusques à ce quon eust ouy parler mons. de Baby; lequel fut fort étonné quand il ouyt affirmer à gens dignes de foy comme lesditz Gramont et de Ville avoient faict en la ville de Provins ung tel rapport, et, après avoir esté rendu certain que tel faux rapport avoit fort troublé les habitans <le laditte ville de Provins, se transporta en icelle, affin de certiffier aux habitans qu'il n'estoit rien de ce que leurs députez leur avoient dict , et que oncqucs auxditz estatz d'Orléans n'avoit esté tenu aultre propos de la religion que ce qu'en avoit proposé mons. le prince de Condé, par sa requeste, de laquelle il avoit esté débouté. Les dessus nommés Gramont et de Ville, ayant entendu ledit sieur de Baby avoir este audit Provins, pour dissuader à ceux qui avoient creu à leui rappori, furent tout honteux et nen osèrent plus parler en public. Et d'aultant que le peuple catholicque dudit Provins vouloit courir sur les faux rapporteurs, ilz jettèrent, en se voulant excuser, la faulte l'ung sur l'aultre, et, par tel moyen, ilz entrèrent en grande et mortelle hayne l'ung contre l'aultre, jus([ues à se cercher pour s'entretuer. Ledit prieur Gramont, qui avoit de 3o à 35 ans, pour oster la maulvaise oppinion que le peuple avoit de luy touchant la rcUgion catliolicque, se feit par après au karesme prochain promovoir aux ordres saincts et sacrés, et fust en ceste année faict et ordonné soubzdiacre ot diacre; mais pour cela le peuple ne cessa d'avoir opinion
I. do luy assez doobteuse, et bien ai sc«u qu'on ni^ iusl Li-oni|)é en disant qu'il ne vaioit mieux diacre que clerc. Leilîl dv. Ville continua en sa folle oppinion de pis en pis touchant la religion, et petit â petit se sépara de la religion catbolicque et romaine, ne voulant plus fréquenter les églises des cailiolia]ues ni le divin service de Dieu faict par les chrcsiiens en icelles; et loutesfois, de pew de perdre son estât, devint quasi conunc atllt^isle, sans foy, loy ni religion. Car ayant quitté l'églisK catliolicqiie et romaine, ne B-équentoit non plus la luthérienne, tandis que sa femme demeura toujours en la foy catholici]ue. suyvaiU l'église romaine en tout et partout, et leurs enfans suivirent la foy liitliOrienne , par quoy appert que en une seulle maison par l'homme, Ja femme et les enfans y avoit cootrariété de religion et manière de servir Dieu.
Par le faux rapport desdil7. Gramont el de Ville, le nombre des buguenotz s'augmenta audit Provins et se li-ouv^TCnl inconlinenl plusieurs jeunes gens desbaucbez de la religion romaine; et n'eiui cslù la diligence des prédicatem's qui prescbèreot à Provins, plus grand numbre, tant des jeune» qtie des vielz, se fussent desbancbcz. l^ntre Ipsquelz fort travailla nostre niaistre frère Jeban lîarrier, cordelier, docteur en théologie et curé de S" -Croix dudit Provins, lequel en se» sennons confuloil moult proprernenl la doclrioe luthérienne et bugucnotte, parquoy fut moult mal voulu des huguenots de Indîltp ville, et par eux souvent appelle cagot ei/aax renard.
En cestc présente année, le sermon ordinaire par cbascuu jour du karesnie se tonoit et faïsoit en l'église du couvent des jacobins c Provim, et pour ce que l'hérésie et doctrine huguenolicque taschf^ à prendre pied et fondement audit Provins, le prieur desditz jaco-^ bins, homme religieux, foii cathobcque , fut soigneux de pourvoir en leur couvent d'img prescbeur qui fusl digne de sa charge et prouftlable au peuple de la ville, pour muinlcnir en la foy les bons et fidelles, pour y ramener les desvoyez, et pour y retenir lus csbrao- IcJt. suyvant qu'il en estoit besoing pour le temps. El pour ce faire, flppella de la ville d'Auxerrc audit Provins uug grand et s^avant
prescheur, nommé nostre maistre d'Ivollé , jacobin du couvent dudit Auxerre\ homme de saincte vie, droicl de corps, de grande corpulence, bigle d'un œil, noir de visage, rude de parolle, et âgé de 4o à 5o ans, docteur de Paris des plus sçavans et mieux versez qui fus« sent en son ordre , voire de toutes qualitez par toute la France , grand exterminateur de toute faulse doctrine, grand adversaire des huguenotz et de leur hérésie. Lequel, par les sermons qu'il feist au karesme, sceut si bien confuter tous les pointz de l'Escriture que les huguenotz mettoicnt en controverse, que ceux de la ville de Provins, je dis mesmes les huguenotz d'icelle pour la pluspart, voulurent l'aller escouter, aulcuns pour entendre la vérité et pour en faire leur prouffit, affin de se retirer de l'erreur huguenoticque où ilz estoient, aultres pour le caliunpnier en sa doctrine, les aultres pour l'observer en ses paroUes, affin de l'accuser et faire pimir, s'il disoit chose contraire à la volonté des gouverneurs du royaume et aux édictz par eux faictz touchant la permission donnée ausditz huguenotz.
Fault notter que cest homme en tout et partout descouvrit le desseing et vouloir qu'a voient les huguenotz de France, et déclara en plusieurs sermons à quel but ilz tendoient, ce qu'ilz cerchoient et demandoient, aussi véritablement que s'il eust esté présent à la détermination de leurs affaires et secretz. Et davantage prédist le mal
* Voici ce qu'on lit dans l'Histoire de la prise d'Auxerre par les huguenots , de Tabbé Lebeuf (Auxerre, i7a3), au sujet de Pierre d'ivolé : ■ Ce saint religieuK étoit natif de Chavannes, proche Auxerre. Le clergé et la ville d' Auxerre avoient contribué, dès Tan iSSy, a ce qui étoit nécessaire pour le faire recevoir docteur de Paris. En i5iia , il prêcha le carême dans Téglise des jacobins d' Auxerre, selon la coutume qui étoit alors de faire prêcher TA vent et le carême alternativement par des jacobins et par des cordeliers. Il s*y distingua encore par plusieurs sermons
qu'il prêcha dans les cérémonies extraordinaires. Il prêchoit le carême à Sainl- Étienne-du-Mont, à Paris, lorsqu'il mourut. Ses sermons ont été imprimés à Paris , en 1676, tels qu'il les avoit prêches à Chartres. On a aussi de lui une Explication de la messe, imprimée en françois (p. 3a, note a). > Le même écrivain, dans ses Mémoires sur l'histoire d' Auxerre ( t. Il , p. Sga ) , parie d'une Vie de d'Ivolé imprimée en tête de la 3' édition des sermons de ce prédicateur, faite en 1 679. Il sera plus loin question de d*Ivolé, à propos de la prise d' Auxerre par les huguenots, en i566.
1560. prochain qui, en brief temps, seroit faict par eux en la France; comment ilz s'esièveroient par armes et séditions contre le roy, son estât et le repos public, désolant les villes, saccageant les églises et les temples, maltraitant les prebstres, taschant à abolir toute vraye religion, toutes lois ecclésiasticques , politicques et civilles, tous sacremens et service divin; comment par leur orgueil ilz prendroient les armes au poing pour exterminer le roy et son estât, ensemble tout le peuple catholicque; enseignant aux catholicques qu'ilz seroient contrainctz de prendre les armes deflensives contre eux et leurs armes offensives, et que de ce faire il leur estoit permis de Dieu* non pour assaillir iceux huguenotz , mais pour se deffendre seuUement, reconnnandant tousjours auxditz catholicques qu ilz ne commenças* sent poinct les premiers à assaillir, mais qu estans assaillis, ne feissent difficulté de se deffendre pour maintenir la religion catholicque et romaine, leurs biens, leur vie et leur famille, et qu'en ce faisant ne pescheroient aulcunement, selon le tesmoignage de TEscriture, non plus quavoient faict Abraham, Moïse, David et le peuple d'Israël, lesquelz, pour la deffcnse de Thonneur de Dieu et de la religion, avoient prins les armes contre les Philistins et les incirconcis, armés pour l'extermination de tous sacrifices, sacrificateurs et peuple iidelle de la circoncision. Il monstra et descouvrit toute la ruse des huguenotz et quel estoit leur desscing, parles discours des anciens et modernes héréticques de la chresticnté. Il prédist le temps auquel ilz dévoient prendre les armes et de quel orgueil ilz chemineroient et se comporteroient en tous lieux, et premièrement à la court du roy, soubz la minorité duquel ilz ne fcroicnt faulte d'assaillir son estât et de tasclier à se saisir de sa personne. Et pour conclure, il prophétisa à la France sa ruyne et désolation prochaine, et il l'appella par plusieurs fois et en plusieurs sermons, misérable, désolée et de Dieu inaulditte, fondant sa raison sur le dire de TEscriture saincte, qui, en divers passages et cndroictz, crie à haulte voix : « Maulditte soyt la terre qui a ung jeune enfant pour son roy! Mauldit soit le royaidme qui a des princes desloyaux et compagnons des larrons, et qui ne
font aulcun jugement des larrons , » et plusieurs aultres propos extraicts 1 560. de ladite Escriture saincte.
Les huguenotz de Provins, aulcuns d'eux présens à ses sermons, et les aultres auxquelz furent rapportez les propos susditz que ledit prédicateur avoit tenus, ne feirent faulte d'informer contre luy comme contre ung séditieux, ainsi que tel Tappelloient, et escri virent en leurs informations qu'il avoit mauldit le roy et appelle les princes ses gouverneurs desloyaux et compaignons des larrons. Et furent les informations faictes par M* Jehan Alleaume , bailly dudit Provins, à la requeste de M* Jehan de Ville, procureur du roy en icelle, à la poursuitte des Barengeons et aultres huguenotz dudit Provins; tous lesquelz y procédoient de grand courage et le plus secrettement qu'ilz pouvoient, pensant le faire taire et rigoureusement punir par peine de mort, ainsi qu'ilz disoient. De laquelle information et poursuitte fut adverty ledit prédicateur par les catholicques de laditte ville , qui avoient par les dessus nommez esté requis de porter tesmoignage contre luy des parolles susdittes. Lequel prédicateur, au lendemain dudit advertissement, ayant mis lin à son sermon, auquel estoient les juges, les parties et avec eux les autres huguenotz dudit Provins, qui attentivement avoient preste l'oreille , en intention de augmenter leur information de ce qu'ilz auroient entendu, dont ilz le pussent accuser, dist telz motz qui s'ensuivent, c'est assavoir : « Peuple, ne hobe; je te veux dire des nouvelles que chascun de vous ne sçait pas, qui sont telles, que les gens de la justice de ceste ville sont en grande peine de trouver des tesmoings qui veuillent déposer contre moy qu'es sermons que je vous ai faict et fais par chascim jour, je vous incite à sédition contre le roy et ses gouverneurs, contre l'honneur desquelz je ne fais que m'exclamer par invectives et détractions; et pour rendre ma cause plus odieuse au roy, disent que tel jour j'ai mauldit sa majesté en disant : a Que mauldit soit le jeune roy qui gouverne la terre de France ! » Pareillement adjoustent en leurs accusations que j'ai dicl que ses gouverneurs et ses princes sont meschans , gens desloyaux et princes des larrons. Je te laisse à penser si tu m'as ouy dire telz pro-
1560. pos en nul de mes sermons; et parcequ'ilz sont en peine de trouver des tesmoîngs qui veuillent déposer contre moy de ces choses, je les adverlis, sMlz sont icy présens, qu'ilz se retirent par devers moy, et je leur signerai de ma main et de mon sang que j*ai dict : que malheureuses sont la terre et le pays qui ont img jeune enfant pom* leur roy, et qui ont des princes qui soient desloyaux et compaignons des larrons. Est-ce maudire le roy? Est-ce dire que les gouverneurs de S. M. soyent larrons, ni compaignons des larrons? Je voy bien que les huguenotz de ceste ville ne sont que des bestes; car s'ilz estoient sçavans, ilz trouveroient en l'Escriture saincte les paroUes que j^ai dittcs et ne penseroient comme ilz font que je les eusse inventées de moy-mesme. Je me recommande à vous tous, et vous prie que vous priez Dieu pour moy, car j'ai bon besoing de son ayde. Je vous prie, comme toujours je vous priai en mes sermons, que vous ne fassiez poinct de sédition et que vous ne commenciez poinct les premiers. Car pour certain ce sera assez mes que bien vous deffendiez. Priez Dieu pour le roy, qu il luy plaise de le garder; priez Dieu pour ses gouverneurs et du royaume, qu'il les veuille bien inspirer à bien gouverner le royaume. » Ce dict, bailla congé au peuple. Qui plus furent étonnez de ces nouvelles furent les bailly, procureur du roy et les aultres huguenotz dudit Provins qui estoient là présens. Contre lesquelz le commtmg peuple commença fort à murmurer, et à peu tint qu'on ne se ruast sur eux, ce que véritablement on eust faict s'ilz eussent respondu ujig mot de travers aux injures qu'on leur disoit; mais leur patience , avec la prière dudit prescheur qui fut telle qu'on ne leur feict rien, fut cause de leur saulver la vie et qu'il n'y eust sédition. Les dessus nommés bailly, procureur du roy et aultres huguenotz feignoient qu'ilz ne sçavoient rien de ceste entreprinse, et demandoient les ungs aux aultres devant le peuple qui estoient ceux qui prétendoient informer contre ung homme si sçavant et si bien preschant, et en disant ce, glissoient et s'cscoulloient de la turbe le plus diligemment qu'il leur en fut possible, et par ce moyen n'y eut aulcune sédition.
Les sieurs huguenotz de Provins se voyant ainsi picqués par ledit 1560. prescheur et leur entreprinse descouverte , au lieu de se désister de leur maulvais vouloir, continuèrent à leur information , et tant feirent qu ilz l'envoyèrent au roy et à ses gouverneurs , qui estoient pour lors à Fontainebleau; elle fut portée par le bailly de Provins, qui se chargea de la présenter, et de savoir comment on procéderoit contre ledit prédicateur, selon la volunté du roy et des gouvemeiu*s, et qui fut quelques jours à Fontainebleau en attendant la response.
Or, advint-il que le jour mesme que ledit prédicateur eust dict au peuple de Provins Tentreprinse susditte faicte contre luy. M* NicoUe Chanterène, aulmosnier de mons. de Guise, estoit audit Provins, qui s'en retoumoit à la court du roy au service de son maistre , ledit sieur de Guise. Dont fut adverty ledit prédicateur, qui Talla saluer, pour lui bailler lettres adressantes à ung certain jacobin , confesseur du roy, nommé nostre maistre Brochot, homme fort sçavant, par lesquelles il Tadvertissoit du préparatif que les huguenotz de Provins faisoient contre luy, et le prioit d'obtenir du roy et de ses gouverneurs que rien ne seroit décrété ni faict contre luy que premièrement on ne l'eust ouy en ses delTences et qu'il n'eust respondu aux accusations faictes contre luy. Et par mesme moyen pria ledit aulmosnier Chanterène de le recommander à mons. de Guise, son maistre, pour luy faire plaisir envers le roy en ceste affaire.
Ledit aulmosnier Chanterène , estant de retour à la court, ne faillit d'advertir ledit sieur de Guise, son maistre, de l'entreprinse faicte par les huguenotz de Provins contre ledit prescheur; il luy feit le discours du contenu des sermons dudit prescheur, pour lesquelz on informoit contre luy, et luy monstra les lettres missives qu'il prescheur d'IvoUé envoyoit au confesseur et prédicateur du roy ledit Brochot. Lequel discours, entendu par ledit sieur de Guise , donna charge audit Chanterène de luy en rafraischir la mémoire au lendemain, quand il yroit au sermon du roy, pour en parler au roy luy-mesme et interroger ledit Brochot du contenu des lettres dudit d'I voilé, ce qui fut faict.
If)60. Au lendemain, ledit sieur de Guise estant avec le rov, apperceul ledit bailly de Provins qui attendoit sa response , auquel s'adressa ledit sieur de Guise, après avoir parlé au roy avec ledit Brocliot , en la présence du roy de Navarre et du connestablc , et luy dist telz motz : " Bailly de Provins, où sont les informations que tuas faictcs contre vostre prescheur? N'as-tu affaire icy que cela? Baille-les-moy, et t'en retourne quand tu vouldras. Le roy et la court cognoissent mieux ledit prescheur que toy; on verra tout à loisir que c'est. Tu es donc de ceux qui veulent troubler le roy et le royaume ! Tu es donc huguenot ! Va-t'en quand tu vouldras; je te marque. » Ledit bailly fut si honteux, qu'il eust voulu estre entre les jambes de sa femme. Devant lequel dist le roy à mons. de Guise et à son prescheur Brochot : « Faictes res-^ ponse au prescheur de Provins qu'il fasse son debvoir de prescher, et que, s'il a bien dict, qu'il dise mieux, et qu'il prie pour moy et pour le royaume ^ » Mons. de Guise, s'adressant encores audit bailly, luy dist telles paroles, en la présence du roy : « Au sermon, cocquin, au sermon de vostre prescheur ! Je vous ferai pendre, vous estes des séditieux. » Et à telles responses se retira ledit bailly avec sa courte honte, et, estant de retour à Provins, distaux frères huguenotz que leur prescheur avoit ung diable famillier ou ung ange du ciel qui luy révéloit toutes leurs entreprinses. Après avoir connu le crédit qu'il prescheur d'IvoUé avoit auprès du roy et des princes, mesmement auprès du roy de Navarre, gouverneur du roy et du royaume, les juges et gens du roy furent maris d'avoir entreprins contre luy, et pour radober leur faulte envers ledit prescheur, luy feirent entendre (ju'ilz n'avoient informé contre luy que par l'importunité de quelques ungs qui se disoient de la prétendue religion, lesquelz menaçoient de les accuser au roy s'ilz n'eussent informé contre luy, ce que véri-
' Le 33 janvier 1 56o ( 1 56i , nouveau sion et de désobéissance, et pour les prier
style), Charles IX écrivit aux magistrats de rappeler ces ministres à leur devoir
de Genève pour se plaindre que les mi- et empocher qu'il en vînt de nouveaux,
nistres venus de leur ville excitaient et (Bibl. imp. Collect. Fontanieu, vol. agy-
entretenaient en France Tcsprit de divi- a 98
tablemeot ilz avoient faict maigre eux, et qu'en laditte information I56û. n'y avoit chose qui luy peuât préjudicier. Touteffois, ilz le prioient de ne plus parler d'eux , ni les plus caluxnnier, de peur de faire une sédition audit Provins, les ungs envers les aultres, et qu'audit Provins n'y avoit guères de huguenotz, et encores qu'il y en eust quelques ungs, tous Tescoutoient volontiers en ce qui concernoit la doctrine de la paroUe de Dieu et de l'Escriture.
Le prescheurd'Ivollé n'eut plus tost receu les nouvelles susdittes par les personnes que lesditz gens du roy avoient interposées pour luy dire ce que dessus, qu'il en receut d'aultres de la part de mons. de Guise et du prédicateur et confesseur du roy susdict, par lesquelles le roy lui mandoit qu'il feist son debvoir en sa charge comme il avoit commencé, qu'il priast Dieu pour luy et pour le royaume, et que sur toutes choses, en ce qu'il pourroit, il empeschast les séditions populaires, comme tousjours il avoit faict, ainsi qu'on luy avoit faict entendre.
Au lendemain du jour desdittes lettres du roy receues, il d'Ivollé ne faillit à la fin de son sermon d'en adverlir le peuple, et du bon vouloir qu'avoit le roy envers la paroUe de Dieu, et comment ses accusateurs avoient perdu leur temps en informant contre la vérité de l'Evangille. Et avec toute affection recommanda le roy et requist toute l'assistance de prier Dieu pour sa majesté, ses gouverneurs et le royaume , priant le peuple de Provins de se contenir sans s'eslever ni faire sédition, non plus qu'il avoit faict, et que ce seroit assez qu'il se gardast de surprinse, et que ce n'estoit pas peu de chose de se sçavoir bien garder de tomber en ung mal préparé, sans s'efforcer d'en préparer aux aultres. Et à ces nouvelles fut le peuple fort resjouy, qui volontiers eust saccagé ceux qui avoient attenté contre luy. Il prédicateur poursuivit ses sermons le reste du karesme avec toute assurance, et prescha si haultement et doctement, que le peuple, voire les plus sçavans, admiroient ce qu'il disoit de Dieu et de sa divine providence ; il preschoit tout d'un aultre style qu'on avoit jamais ouy, déclarant jusques aux scrupules et pensées des consciences,
1560. ce qu'il en falloit croire et juger pour estre péché ou non péché, avec les tesmoignages de FEscriture saincte et des anciens pères et docteurs de l'Eglise, sa propre oppinion et le sentiment qu'il avoit de la foy et de la religion.
LE DIX DE GUISE SE DECLARE PROTECTEUR DES CATHOLIQIES. CONDE , COLIGNY ET
D'ANDELOT PRENNENT LA DEFENSE DES PROTESTANTS. DELIBERATION À LA COIR Al