‹ Memoires de Claude Haton (volume 4)Chapitre 33 sur 44 · MINISTRES · texte numérisé non relu

MINISTRES

Pierrp Martir.

ThOoilon.» (le [mx«.'.

.Iran <](.* la (^oiir.

^i^o]as rk> GuUanl.

Jean lU-vinoiid Merlin.

FranroNs de S'-l^Jl.

l'ran'oys de Moreil.

Aujiusiin Marlorat.

.Iran dv rF-s|uni'.

Nitolas Kollion.

■Icaii Mallot.

Claude r»oissi«.re.

li'an B<)U(|iiin.

DEIM'UTKZ

F,e s' d<' Cliamon j»onr i'esjjjlise dv Fianu . .I»an Rapuirr, •«' d'l''.slernav. (loiir V>r\t ••!

Cljampan^Mir-.

iîarltrncon, s' dr (.any, |K)ur PicarrUi . Simon de Pirnne, pour Nonnaiulie.

(ier\ais le barhier, |»our 'i oiireim'.

I)aluia>e, pour l'rovoncr.

Jeait Gaher, |K>ur Danlfiliinr.

(î. <1<> Ilau7c(. pour I.an^ueduc.

i)n \aa\e. pour Bn'tai^m .

Claireau. |M)ur la Guioun< .

Bainanl , |tour I.\onnoi<> Uemcnt , pour Orléans i-t Bi-rr).

t ne troisième liste, qui se trouve «lans le volume 809 de Dupuy, contient les v,irianies suivantes : Jean de la Tour; Franc de Morel; Nie. F\>lion: J, Bou(piin ; le >• de Chaumoii; Simon de Pienne: Dalmavs; Jean Gabet; G. de llau/et; Bar nand.

Du prédicaiu el miiiisUt». vtjyuit ta faveur qiio leur anTOnloîtlM gouvrrnflure du roy el du royaulnie, cuspmblp lc> prinM». priDi «1 grands KÎgni'un^ âe la |irélciidiie nouvelle rvligiun. nv vooln entrv oyAitit; nias, ili-n Im premiers jours, dcinandt-'r«n( lic«nc« l dits gi)uvi<rncur« de fairi* pixblt<!<piemrnt iVtercirf do leur prAtpMluA religion et de TAtrc le pri>«i!lie! ce qui leur fui acrordè plim «ntuntirt* qu'tlj! fie le requirenl. El mnnla en chaire to premier IimIïi Tli«'"Nti>fy de B^KC, qui, fl'une langue diserte et bien airilléc, par nnjf ti>-«ii «i propre vulgaire francoys, triouiplia de cacquetor. ayant la niiiM M IflA geste» allrayanA les l'œurs L<t vouloir» de scx auditeurs. I<o roy d* Nav'iiTR et la royne mère lo voulurent ouyr prescher et furent à i prewbe, où île prindrent grand goU5l, encore» qu'à caitito <l^ ia chacKD ne se voulussent dériarrr liuguenotx héréticquuj

MrwienrTk les prèdicans et niioialre» nouveaux furent Mi<OOlÎ4i| rrcueillia el adrnis ^s nuisons de.s prince^ el grande »('i|^teur« i court du roy. el cnrollei en leur estai cuoinie serviteurs doui Iji ruync de Navarre relinl A son service et |iuur niiuiiitrfl leditl doiT de Bt^ie: mnnit. le prince de Condê print en m miuano I Id Martir; l'admirai print Main; le sieur de d'AodeloI pu pffBMfl aidire: le <iifur de (a nocbermtcnult uug anllrv; le cardiirij*^ lillnn ung aultrc, et iiba^sèrenl tou« les prebslre» et aiil leurs maison», s'ili ne vmilurenl e<tre et faire imifewioD i nouvelle pri'tendue religion. Aulcuns »e tuuni^renl A ladillo r< |i|;iMî pour demeurer au service de leurs scigncun^: aullre« aym/rrut t M* retirer, auiquclx loutcafoifl furent encore quelques aiiui QUOI Inurn gaigc-'*. jus^e:t A ce qu'on les eusl p^jurveu >t. bén^fire pour s'en deslrapper. Il fut nouvelle par la Frauce (lue ru)Qe m^rc par plusieurs fois avoit nien^ le roy sou fili au l dudil Bèie, et qu'elle lascfaoil & le faire catbécltiscr • velle opinion . à laquelle ne se voulut ranger, eocoret (ju'il i jeune enfant, et croy que mon», le connectable avec les i Gliyse, tant cardinaux que les aultres. l'en relir^Tenl -, el a<l u court d^» cesie année n'y avoit plus que tuy el le> sustliU r

table et Guysiens qui entretinssent en leurs maisons des prebslres et 1561. aulmosniers, pour chanter la messe devant eux. Messieurs les princes du sang, frères du roy, qui estoient plus jeunes que luy, furent donnez t\ de bons précepteurs catholicques, qui les menoient par chascun jour à la messe ^ La royne mère ni le roy de Navarre, combien qu'ilz hantassent les presches des prédicans, ne rompirent Testât de leurs maisons, et enlrelindrent tousjours leurs prebstres, aulmosniers et chantres, et alloient à la messe connue au presche; de quoy furent à la lin fort blasmez des ungs et des aultres, tant huguenolz que catlîolicques, et furent appeliez de tous dissinmlaleurs, et feit à la parlin leur dissimulation grand donunage au royaume et couva grande division onlre les princes.

Après (ju'on eut faict venir les prédicans dessusdictz de Genefve, il fut signifié et mandé aux évesques et prélatz de France de se trouver à S*-Germain-en-Laye, pour convenir et s'accorder d'une ville ou d'un lieu aullre que Paris, pour faire le concilie et assemblée d'eux et des ministres prédicans, et pour disputer les ungs contre les aultres des poinctz d(* la religion qui estoient en controverse, et fut ce mandement faict avec rigueur et menaces. Lesquelz prélatz et évesques |)Our ( e ne se hastèrent d'y aller et feirent response que telle dispute et assend)lée n'estoit licite. Messieurs les docteurs de la Sorbonne et faculté de théologie de Paris furent pareillement semonz à ceste assend)lée, et pareillement refusèrent d'y aller; par quoy, tant à eux ({u'aux prélatz , fut faict injunclion par l'aucthorité du roy qu'ilz eussent à s'y trouver, sous peine d'estre déclarez rebelles à S. M. et pimis corporellement, et la doctrine et rehgion catholic([ue tenue suspecte. Des([uelles injunction et menaces cuydèrent perdre patience lesditz

' iMarjjjucrilc de Valois, dans ses IMé- et s'efforçait de la retirer de l'abus de cette

innires {edif. Guessard, pour la Sociélê de bigoterie; que Catherine de Médicis, ap-

l'histoire de France, i8'|2. p. G), dit que prenant que le duc d'Anjou donnait dans

«on frère d'Anjou (depuis Henri III), au les erreurs des protestants, tansa fort luy

moment du rollo(jue de Poissy, jetait ses et ses (jonrerneurs, et, le faisant instruire , fc

heures au feu, la forçait de prendre en contraitjnist de reprendre la vraye, saine te et

plare des psaumes tl prières huguenotes, ancienne religion.

préiatx el (Iocleiir<i de la faculté de Paris, lesquels, sans 1'udvi.s du | cardinal de Lorraine, n'eussent obéy en ce aux gouverneurs, eDcore»,! que La mort leur en Tcusl advenue. Mais ledit cardinal, partie tonU el iinporluné par la royne mère, partie pour le zèle qu'il ovoit à Ujl ^religion catbolieque, contre l'opinion de tous, s'accorda à ladhtê f kdisputc, disant pour fes raisons que, eoinhieu qu'iccllo dispute ne- 1 r/cusl nécessaire ni proufilable à la républicquc de France, luutesTois f kesloil besoiugdc s'y préparer pour rembarrer l'audace de cescocqtiinsj Ifcar tels appelloit-il les prédicnns et ministres), qui se vantent jà d'avi pvuir tout gagné contre nous, prétendans que nous fuyons la licetj parce que nous s^avons bien qu'ilz nous doibvent moostrer nostn religion cjitholicquti , apostolicquc et romaine, oslre faulse cl punri idoUtrie, et la prétendue leur estre saincte et de Dieu révélée. Eni re, ledit cardinal fut mal advisé, encores que ce qu'il en feît et rccorda t'eusr d'uug bon zèle.

Or esl-il vray qn'ilz prédicans, apprenans que les prélatz 01 doc-^ teurs de la faculté de Paris refusoienl d'entrer en dispute avec oux^l I estans assurez el de telle condition qu'ont toujours esté tous bèré' \ ticques dogmalisans, se vantoient qu'il:! prélatz ni doetcurs n'cussenl4 , osé se présenter devant eux, de peur que leurs abus, ce dtfioienl-il>^ I n'eussent par eux esté descouvers, et chantoieot la victoire où encorefij I n'y avoil nulle bataille. Par l'imporlunité des gouverneurs et par 1^ 1 consentement de nions, le cardinal de Lorraine. Iiil la ville de PoissyJ sur Seine lez S'-Germain-cn-Laye nommée et ordonnée pour tenir 1 le conseil et avoir lieu la dispute des évescpics et prélatz contre leal ministres et prédicans qui estoient venus de Genefvc en France. Ledit J r't>tlucque commença incontinent après la fcsie de nions. S' RemVt rlief d'octobre, auquel coniparurcnl plusieurs prélatz, cardiDauxJ ni'chevcsques. évcs(]ucs et docteurs, par le rommandemenl du roy^lj ainsi qu'avons dict ci-dessus, el à leur grand regi'et. Messieurs lafl ministres et prédicans, devenus certains de l'arrivée des prélatz el . docteurs à la court et audit Poissy. furent tout remis el refroidis de leiu' ai-deur, et voluotîers se fussenl retirez sans disputer; maiji ustans

liontcu)^ d'avoir, devant les gouverneurs, tant en personne que par l(»urs requesles, demandé creslre ouys en leur confession de foy et d'avoir fait assembler lesditz prélatz pour disputer contre eux des poinclz de leur prétendue religion, et d'ailleurs eslans poulsés el enhardis desdilz gouverneurs, du prince de Condé, des sieurs de La lîoclîofoucault, de Coligny, d'Andelot et aultres leurs Mécénas et producteurs, furent conlrainctz de tenir bon et d'entrer au collocque '. Hz

' Sur \v colloque de l'oissv, voy Cnmmonlaire tir l'(\^tat de la relifjion rt trimhliquc, |)iU' h' s' dv la Placi», fol. aoa r"; — Journnl lie Brusiarl, dans les Ménioiros de (londé, t. II, p. hi ; — Le Lahourour, Addiiions aiLT mcm. de ('astrlnnu , t. I, I. III, I». 7.')8 el huiv. — Tliéod. dr ]\iv/.o, Ilist. t'crl. liv.lV,p. Aqo; — doThou. Ilist. unie. I. WVIIl; — Maimhourg, ///>/. du ralrini.<nii-, p. 222, etc. On trouve dans les Wviiioires de Coude, t. II, p. /190 et suiv. des détails sur l'ordre qui fui observé au eolloqur de Poissy, sur les dismurs qu'on y prononça , les propo>itions(pii y lurent lues p.ir le cardinal do Lorraine, les inslrueli«>ns que reçurent de (^liarles I\ le duc de Sinise et le connélahle de .Mcuitmorencv. l.i requête présentée au roi par les reiorniés pour obtenir l'examen dv leur conlession d(î foi , une instruction de Pierre Martyr sur la Cène, 4'tc. — \o>\ aussi en nis. à la Bibliotli. iuq). : Actes de ritssrmhh'u dr J*oisfy (anc. tonds fr. ^i<)S^), p. -) ; — Ihir/ n'rmil (t sommaitv de tout ce qui s'est f nid en la rillc de PoissY durant l'assemblée des pn'lal: de l'ctjHse qallicancfrançuyse, depuis le XAii' /our de juilliet jusqucs au \iiii' d'ovlobn 1361 (Collect. Dupuy, vol. G'n, '•allier de 22 feuilleta, écriture du temps) ; — liecit de ce qui s'est passé au colloque de Poissy, contenant la confession des protest ans , la enisure de cette confession par M' Jehan

Lejèvir, la confession catholique, etc. (Coll. Dupuy, vol. 3oi), caliier de 17 feuillets, écriture du leni|)s) ; — Note sur les points de eontrorerse entre les protestans et les catholiques, envoyée le ^7 janvier 1561 par la royne au.f thcolofjiens de Paris arrivez n S-Germain {id. ihid. écriture du tenïj)s;;

— lielation véritable des actes du colloque d* Poissy (Uibl. iuq). \\\ io.3,^i, et n' 8/17/1. anc. ("oiuls Iranç.) ; — Discours du colloque de Poissy par M. Despcnce, du 21 janvier 1561, envoyé par la ivyne, mire du roy, auj; théologiens de Paris à rassendflée de Saint- Germain (n" 3382, anc. 38(j7, collecîl. Balu/.i'); — Arlicoli dati pcr il principio d'il colloquio (Suppl. franc, n* 21 5, fol. h fi >"/.

— Les disrour.^ du cardiuid de Lorraine, de Tbéod. de Beze et des autres uiini.stre*^ ont ete iniprinu's à part ou conservés dans des collections manuscrites. — Voici l'indication dequebpies autres pièces concernant l'as.semblée de Poissy : Lettres du roY, pai lesquelles il est permis ii tous ses sujets de venir en iassimblér de Poissy et d'v faire telles remontranees que bon leur sendderoit; if)*)!. juillet 2') {Journal de Brusiart, dans les Mémoires de Condé, t. I, p. ^i.) — Lettn du canlinal de Lorraine au pape, au sujet du c(d loque de l^oissy; 22 mars ir)<io (inGi). (Ribl. imp. Coll. Dupuy, vol. 309. ) — Lettre du cardinal d'Armagnac éi M. d'Espence, qui appix)uve son apologie touchnnt le colloqm

1561. avoîent faîcl venir de Genefve une grande quantité de livTes, peDsi qu'en leurs livres fust tout» la science du monde. Fault uuler qu'a* vcc les livres de leur théologie de Genefve, Hz avoîenl faict veni^ par permission dcsdictz gouverneurs, &oubï. le nom du roy, grand'' aullre nombre de petite livrcU, comme I«s psalmcs luarolicquo» et hezicns, qu'iU appelloient les psaimes de David, Iradniclx en lAngiie Françoise par Qémenl Marot et ledit Théodore de Bêze, mis en citant de musicqiie pour une pai-tic scullemcnl. Lesquels psaUncs îlz chantoient eu leurs prescbes tous ensemble, tant bonuues, fummes que petits cnfans. Oïdtre lesditz psaimes, feirent venir aullrcs livretz • iotiiuloz le CaOïécisme de la vrajt religion, h Bouclier tU la foy. le

tt» Pohsy. Avignon , i" octob. 1 570. [ Bibl. îiup. (loi). Dupuy, vol. 309.) — LiHre Je J. Cnhin à M. da Poel , gouvernear de Monliiimarl, aaïajct du eollotjur de Poisiy. Genève, lâscplembrc i56i. (Bllil. imji.Coll. Fonlaniou, vol. agS.) — Leilrede la ityne mirs à M- Vévetqaê lU Rennes, ambiatadeav près fEmpnrcar; i/| !ic[ilcnibrc i56i. (Bibl. imp. Coll. Dupuy, vol. 3oi|.) EUo y puric (le l'assemblée qui avuil lieu nlurs ù Poiasy, e> annonce «juVlle »'et>t décidée, sur les ctMi.icilK du roi de Niivarrc, de» aulres prince» du iani; el gens du conseil, it hiro diticuler les ministres protesunts avec le» ■niniflrcs catholiques, Elle fnîl le récit de» prcmièrr» sf^oneo» et dit, «1 parlant de ccrtiun pasnn^ du diacouni de Tli. iIc Bi'uc ^ • Gstaul eulin Imubé sur le fnJct de. In Cène . il s'oublia en une comparaison si nbsurdc et tnnl olîcngirvo des oreilles de l'a.'Mistiinci! , que peu s'en riiillut quo Je ne luy inifWaassc ailence et que jn nu les renvoyasse tous sans les laissiT passer plus avant. Maintenant on discute lu cuufesnun il« loi des proleslanls. " — Leilra dt \a Ttine min da ny à Ai. l'éitiiia» de Rtnnci, ambasiodour dit roy prit l'Empcrfttf;

iSoclobi-e 1 50 1. (Bibl. imp. Coll. Dupny, vol. 3og,) Elle raconte In fin du colloqnir de Poissy, cl parle de l'oppoijtion de» latboliqucs sur la qiicUimi dtt» béniifict:*, al de la difficulté de s'en tL-n dru. — Ltttn dt lu rfynv mviv à M. réwiqae tU Henatii, anbafiadear poitr h roy prêt l'Emptrvar, da 16 février t56i {1563}. {Bibl. imp. CoQ. Dupay, vol. Sog.) Elle niinnnin: U résululiun priât' en conseil privé, le %■! janvier. d« faire une conj'éntux d'ii-eiiatl tl dofUun en tkdologie, pour aduiter aax masci poar lettiaetlc» ccos; dt la novvaVa rtlujion m linanenl lipartz da nom. cl m^arder f'H y imrail moUn de les riamr el ramener en nosliv e'j/iwf el m Voh^îisattce da S'-SHg*. Elle fait passer k l'aïubassadeur une iléet*ration relative aux intentions qui l'oui ^idéc dans la ronvocalioo t\v celle a^scnibl/'c. Elle se plaint que les giu» B{tp(4i!i > lu conférence de Puissy ont passé leur temps k dos disputes inutile», et ont lui.t dans la lutte une obstination d6plornbl«- — Requile des haguenols aa n», pour U prier dr faire examiner leur eoi^ûuiiin dijw an colluijnt de l'oifiy; i56l.al>Ul. (Bibl, imp. Colleel. Fontauieu, vol. n^j-i^A.)

Baston de lu foy, et aultrcs infinis livres pleins de la doctrine de 1561. leur prétendue religion, imprimés à Genefve et à Lyon en Daulphiué, tous bien reliez en peau de veau rouge et noire, les aulcuns bien dorez, desquelz ils feirent présens aux princes et princesses de la court, jusques à la personne du roy, et le reste desdilz livres furent exposez en vente à la court et en la ville de Paris, par permission du roy. Il passa par la ville de Provins quatre charrettées pleines desditz livres, que l'on menoit à la court, enfoncés dans de grandes tonnes de bois de sapin; lesquelz furent, à la plainte de M^ Jehan Poytevin, advocat à Provins, saisis de par le roy et mis es mains de justice. Mais incontinent, ceux qui les menoient, à la diligence et poursuitte de fesleu Barengeon et de son frère fenquesteur, qui se feirent pleiges et caution desditz livres, eurent tout sur fheure main levée par h' bailly de Provins, du consentement du procureur du roy, qui estoienl tous des frères de laditte prétendue religion, et furent iceux livres menez à la court et à Paris, excepté quelque centaine qui demeurèrent audit Provins pour distribuer aux frères de laditte religion.

Avant que d'entrer au collocque et dispute audit Poissy, les prélatz et docteurs feirent encores une remonstrance au roy et à ses gouverneurs, pour ne poinct entreprendre cesle dispute, laquelle ilz sçavoient bien ne debvoir apporter à la France et à féglise catbolicque que confusion, combien que, grâces à Dieu, ilz ne craignoient les argumens et sofisticqueries des prédicans. Hz disoient que lesditz prédicans, encores qu'ilz parussent convertis et signassent mesme fabjuralion de leurs erreurs, demeureroient héréticques; que tous les poinclz de la foy et religion chrestienne qu ilz révocquoient en double, et sur lesquelz il falloit fonder la présente dispute, estoient, il y a plus de cinq cent et mille ans, condempnez et réprouvez de féglise universelle et des prélatz d'icelle par les concilies généraux légitimement congrégez; quil falloit les renvoyer au concilie général assemblé de présent en la ville de Trente, pour là impugner et débattre ce qu'ilz avoient à disputer, parce qu'il n'estoit loisible au roy de France do diDinlr de la religion, ni de son auctorité privée faire

assembler ung concilie natioaal suds ratictoiité du papu; enfÏD, pour CCS causes Icsdiu prt^djians debvoient eslrc renvoyés. Ce que o voulurent accorder Icsdilz gouverneurs, la royoc inùrc cl lu roy t Navarre, alas, persislnns en leur opinion, voulurent laUitte dtspul| usU-e faietc, quelque péril qu'il en advînt, et furent téméraires jas^ ques à cela qu'ils, comme le&prédicaus, reprochèrent aux prélatz qu'il craignoient la lice, de peur que leur marmite ne fcitst r«spandua;l ainsi appcUoicul-ik IV^glisc calholicque et espousc de J. C.

Cnste rcsponse ouye , les prétatz dcinandèrcut jour et heure da. I s'assembler audit Poissy, affin que les i évéreos minisires fussent oays i en leurs rcquesles et confession de foy, et que la rcsponse se peui faire selon ladittc confession, ce qui leur fut accoi'dé. Eu couse- 1 cpience, ceux qui estoienl jà arrivez k la court entrèrent en la salle | préparée pour attendre messieui's les prcdicans, et ceux-cy, honteŒci de paroilre devant les hommes sçavans qu'on leur voidoit bailler t I lÉSlo, n'osèrent ce premier joui" s'y préscQter; ûocqucs ne s'y fuMCnïJ ► présenter., s'ilz n'eussent esté poiUsés des gouverneurs et du prince dç ^ Condé , qui les euliardirenl et leur dirent qu'ilz ne craignissent rien, J que, encorcsquilz lussent vaincus, l'alTairc de la cause ne s'en porteroil pirement pour eux, et que coste dispute n'estoit le but priiwl cjpal du mesnage qu'on vouloit remuer en France. Par ce moyoQt/ furent rencourages de se trouver au lendemain à l'assemblée.

Mous, le card. de Toumon fut faict président les premiers jours 1 de l'ouverture du conciliabule de Poissy, auquel companircnl le roy J de France, le roy de Navarre, la royne mire, le prince de Condâ, / œessieui-s de La îîocbefoucauh, de Guise, d'Aunialie , le councsUib]e,'| les granils seigneurs de la court et les officiers de la couronne, ave^ les docteurs, prélatz et prédicaus. U cardinal de ïoumon feil la ha.*^ rangue fort proprcnicnt, élégamment vt bien k propos, sur fimpûrUi-l nité à eux faicte par les gouverneurs, soubz lauthorité du jeune roy^f et sur la licence baulU'C aux prcdicans. Ccux-cy furent de luy 8|^cUcK 1 les renards et bcstes saulvages qui avoient rompu la baye qui bouscboil la vigne du père de famille, qui est l'église de Dieu ; et adressant sa

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paroUe aux gouverneurs et aux priDces fauteurs desditz pi-èdicans, tl 1501. \es appella moncbans messiers, on pour mieux dire ineschante baye et closlare, ayant faicl place cl ouveilure auxdiu renards cC loups pour enlrur en icclle vigue ut dévorer les Iruicis d'icelle, qui sout les sainctes prières des saiuctz et les sept saereniens'; il déclnra que les renards ayant pouUé contre la baye, du premier coup l'ont rompue par tous cndroiclz, cl ont faicl de jçmnds Iroii» ea ladillc baye, qui est quasi en France loule morte, excepl^ çà et \h quelques vittlies cspincs encore vives, cl quelques peu de rejectons qui sont encore en ladittc baye, qui doniicnl qudque espérance aux ouvriers d'icelle vigne, que, quand itz seront venus grands, gros, forts et espaii, îIe rcbonscbfront iadilte baye, pour empescber lesditï renards d'y rentrer, si une fois on les en puull faire sortir. Par ces vieilles espines qui n'estoient encores mortes, il donna à entendre les princes et seigneurs calliolicques, comme les princes de Monpensiej-, de Nemours, de la Hoche-sur-Yon, de Guise et d'AumalIc. et par les petite rojecton5 qui pululoienl panny les espîuos dans taditle baye et qui la dcLvoient refaire et rehouscber, il donna à entendre que c'ostoient le roy et messieurs ses frères, lesqueiz, à Tayde des grosses espines vivet entrelacées l'une dedans l'autre par dessus îcvux petits rejectons, en attendant qu'iU petits rejectons eussent prtns leur accroisserocnl. conscrveroienl laditte vigne, de sorte ([ue le fruicl d'icelle ne scroii entièrement perdu, ni du lout dtvoré par Icsdite renards. Plusieurs ïullres poinctz pleins de rcmonslrances, plainte:^ et doléances furent par Itiy ti-aictésen Isdillo harangue en l'honneur du jeune roy; puis, k lu lin, ayant rappelé la cause de laditle assemblée, il exhorta les prélnlz et docteiU'S cniholîcqucs, ut les prèdicans que naguères il avoit appelle les renards qui avoient rompu la baye de h vigne de

' On Trrm, en cotnpannt lu riàî ilu atllnquv de Poiuj doané pitr Cl. Ilulon ■VM le» autie« irJnliqnn ijui nous loni tvtiic* liv celle aiMmiUée, i^uf notre autour a été »uu««ul entraîné bon île In té-

tiii Uisloriqiic ptkt se* paMiiin* rtiligiuukei- Le ilùcnii» iiu'il lod id dan» la buucbe du rjinltiial ilc Ttiiimon diiKra U)ta]<> DMQi <li; relui «loni (l« T^ma douï a UiMè Iftnaljn.

JtbnK^hrist, (pio louU* passion, «Qvi« et oppiniutrot^ mÎHi I part ot ffauttro. entrauent fio dispute des mJitii^rfs de Ij foyavAcltuI vili*iUaDrc. saoft injures, invectives, ronviccs ni rnproche», provorptcr le« ring^ Ip« ■utrc5 h coiUTOUi, combien louleafoù ^ »çavot( hicD (jiie l'yMUe de ladittu dispute cl CMi'niblée nu \ rait de rien ù U république Innvovsc. nius pltL» toit y op{ grand (rouble el «candallc. Laditic harangue fut reruriUie par i cuM bona e.ipriL'i qui furent présen» â laditte aMcmbUo quaiwl l fui prononcée, et dopuih imprimée et exposée en vente en UviU«i Paris. Mais, si io»! qu'elle fui venue It U cognoissance deadïu | dii:ans el des gouvcrucun du royaume , tout à L'Instant on prit dfia H suje^ pour en faire perdre la mémoire'; des inquisitions «•! rfrlio furent fnirtes jwur sçavoir qui vstoit l'inipriniL-iir tpii l'avoil iu mie et pour le punir en justice, et hit par cry public defTonâu i Paris i tons libraires de n'en plus intpnmcr ni ciposer i sons peine de pimilioa corporelle cl d'amende arbitraire. Après qu" roons. le rard. de Toumon eut finy ladillf mon», le prèdirant et ministre Tbéodorc de lUio conuni'nça U aî«i et y entra par ung beau connue nccmcnt à la Innangr du roy, de ^ gouverneurs et des pnncR» de France, aiuqiielK, di^oil-il, Difti faîct ceste crAcc de cognoi.tlre la pure vrriti' de Jésus-flbiiAl ) SMt lainct Évangille , mais non & touA, ains à ceux senllcfnrni qiwl Seigneur avoil cboÏMs cl esictu par sa prédestination pour U «l*ff d'icello vérité, pour laquelle véritô planter, semer el enter <>n Fn «voient esté par oui mandés par l'instinct du S'-Fspnl. non pour d per. ruyner ni gasler anlcune chose qui feusl  la gloire du .Sei| Dt de sa religion, ains seullomeot pour abattre toutes idoUtn'ft, perslicion^ et iradilious hunuiocs, qui do si long temp« tenoîentl peuple françoy» en un aveuglement tntollcrable à tout bonune ■ cogDoiil perfeclomcnt JésuMZhrisl, comme luy et *c* c3mpaiguous Ur cognoiuoienl; el. voulant poursuyvrc plus oïdtre, dciiieum bort de mémoire du rollet qu'il avoit esludié et prévou, et, tout éloanA ^ «e trouva, ayant perdu contenance, ne scout plus que dire et c

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mença à regarder à Tenlour de soy, s'il verroit le S*-Esprit en per- 1561 sonne ou en aultre qui le peust rediesser en sa mémoire, pour poursuivre sadilte harangue; mais ledit S'-Esprit ne se trouva en personne qu'en la royne mère, mais non perfectemenl , comme luy et elle eussent bien vouiu, parcequelie ne le peut remettre en ses espritz, n'ayant le rollet de saditte oraison en main pour luy dire les motz qui suyvoient ceux sur lesquelz il perdit la mémoire ^ Toutesfois, ne le laissant à despourveu, tascha à iuy bailler courage en luy disant telz motz : «Monsieur Bèze, prenez courage, parlez hardiment. Que craignez-vous? Ne vous estonnez poinct. » Mais pour tout cela, son esprit ne peut rentrer où il eust bien voulu, et se trouvant confus en soy-mesme, ne passa oullrc en saditte oraison, ains scuUement s'excusa sur la crainte qu il avoit d'offenser la majesté du roy et la compaignie, promettant au lendemain de donner par escript ce qui luy rcstoit à dire. La ro)Tie , le voulant en tout favoriser, et Texcusant au mieux quelle peut, dist qu'il ne falloit trouver maulvais le transport de son esprit et que ce n'estoit faultc de science, ains seidlcment qu'il estoit honteux.

A quoy respondit mons. le card. de Tournon, que telle entreprinse par luy faicte dcbvoit cstre imputée à une présuniptueuse témérité; et adressant sa parolle audit Bèze, luy dist que ce peu qu'il avoit déduit par son oraison estoit plein de hérésie et d'orgueilleuse présumption, et que, s'il eust poursuyvi, comme possible il avoit pourpensé, il en eust bien desgourgé d'aultre, mais que Dieu y avoit pourveu, et que de donner le reste de son oraison par escript au lendemain n'en estoit besoing, mais seuUement qu'il dressast la confession de sa foy sur la religion prétendue qu'il tenoit, pour fexa-

' Il n'est pas dit, dans les relations du est esloigné du pain et du vin autant que

colloque de Poissy, que Tliéodore de Bèze le plus haut du ciel est csloignc do la

soit rostt^ court, mais seulement qu'il fut terre.» (V'oy. Th. de Bèze, Ifist, ecclés.

interrompu par les murmures de Taudi- i. IV; Maimbourg, Histoir-e du calvinisme ,

toire catholique, quand il prononça ces p. 323 et aaâ, et Le Laboureur, Addit.

mots : « Nous disons que le corps de J. C. auxMém. de Castelnaa, t. 1, p. 763.)

miitcr et fonder la dispute sur ce qui scrott trouvé difT^rcut de bifl

religion apostoUcque.

Au Itiiitlemaia, Ifidît Bècc, pool&é des gouverneurs, du princft i

Coadé cl de ses suppostz, bailla à IVssemliIée la conression do sa Sây

pleine d'erreurs et de croyances contraires i!i la doctrine de l'égUsc des!

aposlres, sur laquelle fut fondée la dispute. Mais, avant que de l'exa- 1

[miner ni de disputer sur iccUe, ledit card. de Toumon demanda J

■4ndit Bèse et  ses compaignons s'îlx se advouoycnt liérélicques, et si]

rielz se vouloient déclarer; diclaièrent que non : — s'ilz vonloicnll

^admettre l'erreur des ariens, pclagicos, nonaticns, marcîonislcs, do-'l

nalisles, nestoriens, hussïstes; dirent que non, ains qu'ilz rejectoïeni 1

K docU'inc de tous les dessus nommet, es poioclz qui estoient con- [

Klimires à la religion qu'iU tcuoient et poui' laquelle fa&scmbléc estott- 1

k faicte. — Interrogez s'iU croyoienl une église catlioHequc, aposto- Elicquc et romaine , respondirent qu'ili croyoient une église catholicqnet , Iflpostolicquc cl non romaine. — luierrc^cz s'ilz cognoissoicQt uns*! Utru église pour catbolicque et apostolicque que la romaine, respOD- Urent que, (pinnl à l'égbse romaine, ne sçavoieot si elle estoit église,. 1,61 que pour telle ne fadaiettoient, mais an contraire qu'elle leur estoit'.l lecte et leur sembloit pleine d'abus. — Interroges sur tpielles | liescriture et sciences îlz vouloient fonder leur dispute, pmr impu- j l,gncr l'élise romaine et dcfi'endre celle qu'iU disoient cslre catho- \ F ïicquc aultre que la romaine , respondireni qu'ilz enlendoiont se scr- j f«r de l'Escriture saioclc, c'esl-à-dire du nouveau Teslament et dt|jl rieil, excepté certains livres contenus en la Bible, comme celny desl r*Machabêcs el aultrcs que S' Hyérosmc et les Hébreui n'ont rcccuix ■Oii approuvez, comme aussi celuy de Job el les livres de Salomon, ? ce qui est contraire à leur religion seulement. — Inlcn-ogei s'ilz vou^-^ loicnt pas admettre tous les docteurs de l'église rcceuz en icelle, depuis les aposlres jusqucs k maintenant, respondirent que non, i ce qui se Ironveroil contraire k leurdiUe rebgion. — Interroges qu'3 vouloient dire principalement des quatre docteurs, messieurs S** Hyé^ FOsmc. Grégoire, Ainbroise et Augustin, la doctrine dcsqueU est!

DE CLAUDE UATON. 167

SOUYCQI ciltéc par eux, el donl raiiUioritû est mise es Uvrci qu'ils composent, rcspoadirent comme des aultrcs qu'ik les admeltoienl eo ce qtii faisoit pour eux cl nou aullifuicnl. — Interrogez qu'ilz vouloicol croii'C et dire des concilies gcnératix tenus en la clirestienlé depuis les aposinîs jitsqaes à présent, re^pondirent qu'iiz ac croyoicni cl ne a'arresloicnl à tous.— Interrogez qu'ïk voujoicnt dire des qualn* concilies généraux et universels, respondirent qu'dz les admcttoienl en ce qui cstoit conTomie à l'Êvangillc et expresse paroUe de Dieu , el non aultrcment. — Interrogez st , en leur prétendue religion nouvelle» qu'ili appelloicnt église, ilz recognolssoient une supériorité et niBgislrai ecclésiasticque; à ceste quesiioo, api-ès avoir longtemps songé. De voulurent rcspondre catL-gori([uen)eul s'îlz cogiioissoicut aulcuu supérieur par dessus eux qui eujst puissance et auclorilé. — Interrogez queU iU estoient et queLt ùlires de qiialtté ilz se bailloïenl, respondirent qu'ilz estoient ministres de Jésus-Christ et de sa saincte parolle et Évaugille. — Interrogez de qui iU estoient euvovez, puisqu'itz se vantoient d'estres ministres de Jésus-Clirist et de M)n Êvangille; après avoir longtemps songé, feii-ent response qu'ils estoient envoyez de Dieu. — Inlcrroget<fu'ilz donnassent preuve de leur cnvoy, ne purent, mais respondirent qu'ils estoient envoyez par une voyc oxlraordinaire. — Interrogez s"ik avoicnl le don des miracles, parce qu'il fault, par toute néccssilè, que toute personne tpii est envoyée extraordiiiaii'emcut pour prescher, annoncer ou réformer une religion fasse des mtntclcs, ou aullremeni on ne pcult et ne doibt-on croire en elle; i cAste question se trouvèrent pnns et ne voulurent rcspondi-c. — Ledit cartiinal, passant plus oulire, leur demanda que, puisqu'ilz su vanloiont eslrc envoyez de Dïou jiar une voye extraordinaire, si c'usloit médiatement ou immédiatement; à quoy ne voulurent faire aultre response que celle de devant, cpi'ilz estoient envoyer de Dieu et poulséji du S'-Esprit. — Furent requis qu'ilz en donnassent le tcsnioignagc; respondirent que le tesmoignage estoit leur conscience, et oncques ne peult-on à ladilic journée tirer aullrc i-esponso d'culx. Alors ledit cardinal de Toumon, adressant sa parolle au roy, aux

gouvcraeurs cl à toute rassemblée, dtst : «Messieurs, cc&tc assemblée et dispiile proufilera de Ijîcn peu, voire de rien; car ces hommes icy ne sont que bestes obstiaèes en leurs opinions, comme ont tousjouis este tous héréticqiies, et ne se sid)metiront au jugement de personne ui à cscrilui-c, tant soit-clle de Jésus-Clu'ist que d'auili-e, puisqu'jU disent n'avoir et ne vouloir auitic tcsnioignage que leur conscience. Us sont cauteleux, et se veulent garder de se mesprendrc. Car s'iU confessoionl qu'ilu fussent médiateraent envoyez de Dieu . la conséquence soroit telle qu'ils seraient médiateurs entre Dieu et les hommes , comme a esté Jésus-Christ. S'ilz estoient médiateurs ou médiateraent envoyez de Dieu, il fauldroit et seroit nécessité qu'iU mourussent pour la rédempliou des péchez des hommes et du peuple, comme a faict Jésus-Christ, qui, seul, par nature, a esté Icraèdialeuienvoyé par voyc extraordinaire, et pour ce a donné tesmoignage de sa mission et envoy par ses miracles et œuvres supematureUe». Or no se peuvent vanter les prédicaiis et ministres, tant ceux-ry que leurs compaignons, qu'ils soyonl médialement envoyez de Dieu par voyc extraordinaire, parce; qu'ilz n'ont poinct confirmé leur doctrine par miracles, et qu'ilz ne peuvent tous mourir pour faire la réconciliation des péchés des hommes avec Dieu, conune a fait Jésus-Christ. Car it n'en a poiuct fallu el ne s'en est poinct trouvé d'aultrc qui aye pu réconcilier uature humaine avec Dieu ït: père, parquoy se (rompent ces hommes au tesmoignage de leur conscience. S'iiz confesaoient «pi'iU fussent immédiatement envoyez de Dieu, il (àuldroit par conséquent qu'iU confessassent eslre envoyez des hommes, des hommes, inqaam. qui hissent aiUorisez de Dieu , qui eussent reccu l'imposition des mains. e( qui eussent imposé leurs mains siu* eux, en les envoyant et en leur disant : Ite, allez, preschez et évangéhsez , ainsi que Jésus-Christ a faict à ses apostres. les apostres k leurs disciples, les disciples des aposlres aux évesfpies el prcbsti-es de leur temps, et depuis ce temps-là jusque» Â maintenant, par succession de temps jusques à nous. Et parce que ces hommes, opiniasti'cz au tesmoignage de leur conscience qu'ilz ne peuvent prouver par miracles, ne peuvent dire qu'ilz soient en-

voyez par envoy et mission légitime , sont par eux-mesmcs condempnez 1 56 1 héréticques, encores que naguères ilz aycnt dict qu ilz rejectent tons les héréticques et la doctrine de ceux que nous leur avons nommez. » Iceux prédicans, tout honteux d'avoir si bien esté sondez par ledit cardinal en la présence du roy et de toute l'assemblée, par congé dudit cardinal de Toumon, se retirèrent et furent renvoyez jusques au lendemain au matin, pour disputer sur la confession de leur foy; et poiu* ce jour ne fut faict aultre acte, car toute l'assemblée se leva pour aller disner, et ne se rassembla-on poinct jusques au lendemain.

Au lendemain, qui estoit pour le troisième jour que la dispute estoit ouverte et qu'on s'assembloit au conseil, les prédicans, poulsés et soustenus en toute faveur par les gouverneurs et princes, haulsèrent ung peu leur courage, et faisant meilleure contenance que le jour de devant, ilz se trouvèrent au conseil en assez grand nombre, comme aussi feirent les prélatz et docteurs calholicques, parce que ce jour-là falloit disputer sur les poinctz de leur confession qui estoient en controverse. Et fut président ce jour-là à la dispute mons. le card. de Lorraine, frère de mons. de Guise. Le roy et les gouverneurs avoient ordonné des secrétaires et notaires, une partie de huguenotz et l'aultre pailie de catholicques, pour rédiger fidellement par escripl la dispute, la confession ou négation d'un chascun, tant d'ung costé que d'aultre, afin qu'on pût y recourir, si davantage quelqu'un des deux partis se vouloit desdire de ce qu'il auroit nié ou confessé ; et avant qu'entrer à disputer, fut par lesditz notaires la confession des prédicans enregistrée, mise par escript et signée de leurs mains et desditz prédicans, adin qu'ilz ne pussent dire par après qu'on eust falsifié, adjousté ou diminué aulcune chose de laditte confession, de laquelle la lecture fut faicte par lesditz notaires en la présence de toute l'assemblée. Puis après commença la dispute, qui fut menée vivement, arguée et respondue doctement, une fois en latin, aultres fois en françoys, afin que le roy, les princes et princesses qui estoient présens pussent entendre ce qui se disputeroit de part et d'aultre, et

1&6I. qu'ils pussent donner jugement de la confession ou nation les ungs de$ aidti-cs.

Geste dispute ftit faiole asset longue et par plusieurs jours, les membres de l'assemblée ne prenant détenninalion par chascuu jour (pi« sur ung poiact du la confession d'iccux pr^dicans contraire & la religion cathoticfpie; clic dura en tout environ quinze jours, s'assenibtant environ trois ou quatre heures par chascun joiu-.

Or n'y eut-il aucim poinct de ladillc confession qui plus tînt la dispute, ne qui feust plus difficile àaiTacberdesditEprédicansqueceltty du sacrement de l'autel, que Icscatholicques confessent el croyenl estre le corps de Jésus-Christ, en chair, os et sang, corps et âme, divinité <*t humanité tout ensemble, tel qu'il estoit au ventre dt; la vierge Marie et en la croix au jour de lu passion, quand i) est deuemeni consacré par le prebslre à la messe, soubz les espèces du païn, L'i son précieux sang soubz les espèces du vin. De mettre îcy les argumens les ungs après les aultres par lesqueU la preuve fui faicle de l'assistance dudil corps de Jésus-Christ audit saci'enicnl u'esl de nécessité, parce que de ceste matière en ont composé plusieurs gros livres les catholicques, tant les docteurs que aultres non docteurs ni prebslres. entre lesquelz en a faicl un assez gros maisirc Nicolas Durant, commandeur de l'ordre du Temple de Paris, chevalier de S'-Jehan de Jérusalem, seigneur de Villogangnon'. et plusleiu-s aultres. Pareillement, réciter icy les responses el ai^umcns que les prédicans et ministres fuirent pour nier l'assistance réelle du corps de Jésus-Christ audit sacrement de l'autel, qu'ilz prédicans et huguenotx appellent saincte cène du Seigneur, seroit sortir hors de propos, parce «pie ils, comme les catholicques, en ont faict plusieurs Uvres par lesquelz ilz confessent, tantost que ledîl corps de Jésus- Christ est en ladilte cène, tantost qu'il n'y est pas. Parqimy nous

' Villegagnoii h coatfmaé pluaieura uu- confenlieuiei , contenant lu vérité â» la itûnit

■ vragc* %ur l'Kuclinrislie ■ Ad ariualos cal- Eackaristit [ibûi. Îii-A*): — fio coimau- .

viiiiaitoi de lacramunto Euckarittiai reipon- tiOM myitici lacmiunti si daphci Chrttti

Ron«i(Ptri*, lâfio. in-A*); — Prvpotitioni oblaHont (Parii, 1&69, In-d*)-

laisserons le tout à le veoir esditz livres, tant d'une part que de 1561 Faultre.

Ce poinct fut fort débattu , impugné et deflendu de part et d'aultre , pour ce qu'il est, tant par les calholicques que parles héréticques, appelle et tenu pour sacrement, chascun en sa religion. Mais, toutesfois, après longues disputes et plusieurs argumens et solutions de part et d'aultre, faictz entre mons. le card. de Lorraine, en ung jour qu'il ne présidoit plus, et nmons. le prédicant de Bèze, fut ledit Théodore de Bèze contrainct de confesser qu audit sacrement de l'autel est réellement et de vray contenu le vray, précieux et naturel corps de Jésus- Clirist, et dist telz motz qui s'ensuivent, c'est assavoir : « Nous et ceux de nostre religion confessons que la saincte cène que nous faisons est ung sacrement de l'Eglise de Jésus-Christ, institué de Dieu, et qu'en laditte cène nous mangeons et rccepvons réellement et de faict le vray et précieux corps de Jésus-Christ, celuy qui est né de la vierge Marie et qui est mort pour nous, et que par ce moyen nous sommes faictz chair de sa chair, os de ses os, et sommes participans de sa grâce, et ce par la foy qui nous faict et rend les choses a])sentes présentes soubz les signes visibles, le tout par la vertu de sa saincte parolle. » Voilà la confession de mons. le prédicant Th. de Bèze, touchant la réelle assistance du corps de J. C. à la saincte hostie , qu'on appelle le sacrement de l'autel, laquelle confession fut enregistrée par les notaires, affin qu'il Bèze ne s'en peust desdire, et si la subscrlvit et signa de sa main, au malcontentemcnt de ses compaignons, du prince de Condé et des aultres faisans profession de la prétendue religion.

Or, à ceste confession bézienne respondit celuy qui présidoit à ce jour audit sieur Bèze : « Je te juge par la confession de ta paroUe. Puisque vous confessez que la cène est ung sacrement et qu'en celuy sacrement, soubz les signes visibles du pain après qu'il est consacré, le corps de Jésus-Christ réellement et de faict y est contenu, pourquoy doncques ne l'adorcz-vous comme Dieu, et nous appellez-vous idolâtres, quand nous aultres catholicques l'adorons.^ Pourquoy blasphémoz-vous contre sa saincte majesté, en l'appellant Jehan le blanc

cl en pronon^j'ant d'aultres injures, tant de vos bouches que puij vos cscriptK?» Auxquellt;» ri-ciionsUancca se lui tcdil Bàeo, voyant i confession publicque estre conti'aire à sa doctrine et h ses C9cript»ig cl oncqucs depuis ne voulut parier en iaditte assemblée. De laquellflf <piiind il fut sorty, oncfjues depuis n'y voulut rentrer, pour rcqucstH et instances que les princes du sou party !uy feiss«ûl.

Ses frères prédicans et aultres huguenotx furent oultrageusementrl maris de cestc confession et fort l'incrépèreot. Lequel, en s'excu au mieux qu'il peut, leur dist qu'il n'avoit sccu et ne luy fut po&sïblal de se garder d'ainsi dire, parce que telle estoit sa croyance touchant I cesl article et ce sacrement; et pour contenter ses geos. leur dïsl ( telle sa confession n'csloît pour eus cause perdue, ni pour les papistes, car ainsi appeUoient-ilz les catlioltcqucs, cause gangiiée. Etl leur bailla conseil de le désavouer en la poursuitte de la cause, tït de 1 fonder leur excuse sur une craiule (^le ledit Bèze avoit priose d'avoiç

) Qu en ce jour^là la dispute avec le card. de Lorraine, et qui, plusqnijg

' la raison, de ce faire l'avoit forcé, comme aussi l'y avoit obligé 1 présence du seigneur de Guise, qui estoil là. doutant en soy quc/9 s'il ne fuisoil telle confession , mal luy en pourroit advenir. Ce (pie Ies>a^ dilz huguenotz feirent; lesquels mirent en avant qu'à ceste convocation et concilie de Poissy les ministres et prédicans avoienl bieaJ envoyé la messe aval l'eaue de la rivière de Seine, pour s'nJler aoyocl

i en la mer, n'eust esté le card. de Guise, et le duc de Guise, SODI' frère, qui l'avoienl repescbée.

Ceste confession du sacrement de l'autel ou de la cène ainsi faîctô^ en une si célèbre assemblée, devant le roy, les gouverneurs et aultresi princes qui fuient tesmoings si ledit Bèze fut contrainct par aultral

I voye que la raison et arguniens de faire telle confession, nonobstanf l'excuse des aultres huguenotz, retira beaucoup de personnes àThë^^ résie et faulse crédencc dudil Bine et aultres ministres, IcsquelleB'Jr se réduisirent à l'égUse catholicque et creurent en icelle plus ferme-' meut que paravant. Enti'e lesquelles fut le ray de Navarre, qui , depuis ceste confession bézienne , ne voulut la dispute estre pourSuytic

plus oultre sur les aullres poinctz de la confession des huguenots, et 156| bailla congé aux prélatz, évesques et docteurs de se retirer quand bon lexu* sembleroit, en disant qu'il avoit })ien cognu que la religion prétendue par les huguenotz et mise en avant par les prédicans n estoit qu'abus; et tout sur l'heure, de son propre mouvement, et sans en demander conseil à personne, envoya deux héraultz de la court à messieurs du parlement de Paris, pour leur certiffier de la confession duditBëze, touchant le sacrement de l'autel, leur enjoignant qu'incontinent ses lettres veues ilz fcissent publier au Palais et par les carrefours de la ville de Paris , que la messe estoit une chose ordonnée de Dieu, et qu'en icelle, soubz les espèces du pain et du vin, consacrés par les prebslres, le corps de Jésus-Christ estoit réellement et de faict contenu, et qu'ainsi avoit il esté prouvé par la dispute faicte au concilie de Poissy, ainsi que mesmes l'avoicnt confessé les prédicans.

Messieurs de Paris, ayans receu par le roy de Navarre les nouvelles de la victoire des prélatz contre les prédicans, ne faillirent de faire publier au Palais et par les carrefours des rues dudit Paris comment ilz prédicans avoient esté conlrainctz par argumens et textes d'Escriture saincte de confesser la réelle assistance du corps de Jésus- Christ au sacrement de l'autel, que les catholicques appellent la messe. De laquelle pubhcation moull furent esjouys les catholicques et dolens les huguenotz héréticques. Moult de personnes se retirèrent alors de l'hérésie et doctrine desditz prédicans et ministres.

Le roy de Navarre ayant veu que le faict et dict des prédicans n'estoit qu'imposture et présumption, les délaissa là pour telz quilz estoient^ et voluntiers les eust faict chasser hors de France, n'eust esté le support qu'ilz avoient de la royne sa femme, de la royne mère du roy et de mons. le prince de Condé, son frère, en faveur desquelz les laissa là en France. Mons. le prince de Condé soUicitoit fort ledit sieur roy de Navarre et la royne mère qu'ilz aprouvassenl et authori-

* La défection du roi de Navarre est an- varre , où il est question de cette défection, lérieure au colloque de Poissy. Voy. une i56i, i3 mai. (Bibl. imp. Collect. Dupuy, lellrc de Théod. de Bèze à la reine de Na- vol. 333.)

SBSMDl lu duclriae d'icvux prédiuitif on Fnnce ; nuis d'od i junkln rien fair« ledit sieur roy de Navurc, lequel rcnui Je I au jugctneol des père» et ^vpsqueii de toute la chreslteolé, tnù j loivnl suembln au concilie g^oéral et uoivenol itD U ville do Tn «•n AUeDiagnt, auiquelt euToya ladiltc confesnon des pfédiei loua les actes de la dispute de Poissy, pour co ditcnniner pw^ airui qii'iU jugeroient estrc expédient selon la vérité. Il pareille prit morts, le rard. de Trtvoulce, légat en France, d'eschre u ] tout ce qui avoit esté faict , gérA el n^oUé , débaiiu et disputé, gué et confessé audit Pnissy, eQlr« les prélat£ ut docteurs de l'î) gallicane, par l'e&prù» commandeinenl du roy, on sa préan celle des prince?. Et |)aiu- ce les niajeslez rran^oyae et mn priojeni sa saincle paternité de Taire tenir la main A la délert dudit concilie général de Trente, de si longtemps encommeucé, i mettre fin k tant d'hérésies el prr\crscs doctrines , qui, par gens^ baochei de U vr^yo religion, sont esparses et semées par la ( tienté et principallemeni au ruyauinc de France, el qu'en brief te j et luy despcscheroicnt les cArdinaux . archcveM(uc> e[ France pour n'en aller audit concilie, sitost qu'iU sçauruient i; prélotx défi atdirrs nations scroient mandés pour s'y trouver, C* I leil ledit légal, qui en peu de jours eut rcspouse du pape ri du i voir qu'il feroit do poursuivre la décision dndil conrillf en falj dflsdilx Foys de Fronce et de Navarre '-

' t)a UiHi«c. i cd t(Knl, lUoi l« «»hioM 5o<) d« U mlleciion Dopu^, à la Dî- Uîn(h*(|<w iRi|iérMle. une trtu» iilriè» .

■ M <k rUlc. uubuM(l«ur Rtipréi il<i pape. Le n» tvpMtMH* le* braiU (]ui iinl roiirti t«air« Ini; il sRinae <ja« U rwnt nttrr. Icniidahafanv, Ica iirinnu H asifnaun iu aaiiff ii'on< paa voulu U^ontv In tiérH)<]we* ; que MB aeul but Ml àt le* rtMifarlir. et U ritt en prmm \'Mit d» juillet n la «»ttoc{U« 4o VoitÊj. U demande

la nMKmtMKi d'un conflla «I i mande • dViur^r I* S' r*re du •

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Mons. le prince de Condé, voyant que le roy de Navarre avoit en J5GJ mespris les prédicans et leur prétendue religion, le feit regangner par la royne mère du roy et la royne de Navarre, sa femme, grande liuguenotte et de longtemps, et luy-mesme prince de Condé s'employa pour destoiuner ledit roy de Navarre de ne faire édict contraire à iaditte prétendue religion et pour le banissement des prédicans, comme il en avoit l'intention, et à ces fins avoit faict assembler le conseil du roy, contre la volunté de la royne mère et dudit prince de Condé. Quoy voyant, ladite dame et le prince de Condé eurent recours k messieurs du conseil qui se scntoient de l'hérésie et doctrine bézienne et aullres qui ne s'en sentoicnt, et les prièrent de ne rien détenniner touchant le faict de la religion, pour certaines raisons qu'ilz leur feirent entendre, mais de laisser le tout en suspens jusques à ung aultre temps plus commode que cestuy de présent. Les gens du conseil estoient meslez et choisis de plusieurs maisons et estoient partiaux, chascun d'eux soustenant et gratiffiant les princes desquelz ilz s'cstoient rendus amys et serviteurs; aussi ilz furent fort divisez les ungs contre les aultres et s'y engendra une grande division entre le roy de Navarre et la royne mère, qui dura avec toute dissimulation jusques au jour du trespas dudit roy de Navarre, la mort duquel fut fort agréable à la royne mère. Et pour ceste fois ne fut rien ordonné. Combien que ledit sieur prince de Condé demandast et requist que les preschcs qu'il appelloit églises, jà plantés par tous endroictz de la France et aultres qui se dresseroient es lieux où n'y en avoit poinct, fussent auctorisés, et que la prétendue nouvelle religion feust receue et approuvée en France, pour en tous lieux l'exercice d'icelle estre faict en toute seureté et pleine liberté, ceste requeste ne peult estre accordée par les conseillers catholicques qui tenoient pour les roys et la religion catholicque. Le roy de Navarre, estant persuadé par sa femme, la royne mère et mons. le prince de Condé, de tolérer les prédicans et l'exercice de la prétendue nouvelle religion, conniva

cardinal de Lorraine aux cardinaux, où il de convoquer un concile national. (San? rend raison })our({uoi il serait nécessaire date. Id. ibid.)

auxdiu (lames cl prince et laissa le tçut en tel estât qu'il estoil, 1 lériint Icsditz prédicans et prescties mis sus de l'authorïttV des hugnfr notx et tennnt la contenance d'ung homme à qui il uc cballoit < menl ie tout s'en ailasl.

Ledit sieur prince de Coudé et la roytiâ mère, auxquolz îl laissa tout faire ii leur volunté, remirent en peu de jours les prédicans el le^ huguenots en plus grande audace qu'ilz n'estoient auparavant, tant à la couil dti roy que par tout le royaume. Les princes et seigneurs calholicques se trouvèrent à la court en tel nieiipris qii'ilz fiirent contraioctz de s'en retirer, excepté le connestable ; les sieurs princes de MoQtpcncicr, de Nemours, de Guise ^ d'AurasIle '. le Hiarcschal de S'-Antiré, s'en absentèrent, quand ilz apperceureni qu'on n'y vouloit plus d'eux. Par quoy ne demeura avec le roy «t ses gouverneurs que les sieurs el dames de la prétendue religion. qui fut occasion de remonster en orgueil iuuroiabic les huguenots de la France. Toutes les charges el grandes affaires furent données à eux et à leurs fauteurs. Le gouvernement de la ville, prévosté et vicomlé de Paris, avec l'islc de France, fut confié à mons. le maresclial de Monmorcncy, filz aisné du connestable'; duquel on û'eusl seeu faire jugement s'il estoil catholicque ou héréticque, combien qu'on voyoit bien qu'il favorisoit plus lesdit/. hugucnotz héréliapics que les catholicques. Les catliolicques, qui s'esloienl tant resjouys d« la victoire des prélatz contre les prédicans, furent inconlinont remî.s ( en leurs tristesses par la pid)licalion des premiers édiclz de liberté que l'on réiléroit par les villes avec cry public au .son de la trompette de par le roy, par lesquelz toute permission estoil laissée auxdilz huguenotT! et toute crainte donnée aux catholicques*. Ilz buguenolï,

' • Histoire comprenant en brief ce qui Mt advenu depuis le paiiemcnl des sicura de Guise . conneaUble el autres de la court (!«ianl A S'{]«mifun, jusques k ce leiiip>i |>résmi. ■ i56a. {Mim. de Condé. I. III. p. 187.) — Voy. de Tliou, ïi'mmrr tiniv

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