‹ Mémoires de Claude HatonChapitre 13 sur 77 · DE CI.ALDF HATON · texte numérisé non relu

DE CI.ALDF HATON

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d’Alençon et le roi de Navarre, et fait garder étroitement les maréchaux de |57V Montmorency et de Cossé. Elle envoie prévenir le roi de Pologne de la mort de Charles IX, et l'engage à liàler son retour en Franre pour occuper le trône.

Plusieurs personnes ont creu et tenu pour certain que, si laditte dame eust remis son filz M. le duc en Liberté, le roy de Pollongne n’eu.st jamais rentré en France pour jouyr de son royaume, sinon à 0 force d’armes, et que M. le duc s'en feust emparé à l'ayde et sua^ sion des séditieux qui troubloient toutes choses soubz son nom et auctorité; et à ce faire tendoient lesditz séditieux et huguenotz; plusieurs desquclz, si tost qu’ilz sceiirent la mort du roy, en toute diligence se trouvèrent ès environs de Paris et du bois de Vincène le nombre de plus de mille chevaux et hommes, pour le penser enlever et l’enntener avec eux à la Rochelle , pour là s’assembler en armas pour usurper et retenir par force la jouissance du royaume. Entre les gentilshommes de ce pays pnivinois, y alla armé de toutes pièces le soigneur du Buat, parroissede Bannost-lez^oy-1' Abbaye. Les rebelles se trouvèrent bien honteux, quand il^virent les gardes qui estoient en annes à pied et à cheval ès environs de Paris et dudit bois de Vincène, qui les hastèrent un peu de desloger plus tost qu’ilz n'eussent volu, et ne leur fut possible de sçavoir novcllc de M. le duc.

La royne mère et les conseillers que la court de parlement luy avoit donné pour conducteurs mirent si bon ordre à tout que tous les gens d’armes qui tenoient les champs soubz le nom de la guerre, tant d’une part que de l'aultrc en ce pays de Brie et de Cbampaigne , furent contrainetz de se retirer en leurs maisons ou au camp chascun de son party', et envoya-on les prévostz des mareschatix après par les champs, pour les contraindre de eux reserrer et de ne plus manger le pays.

regùtré au parlement le 3 jnin. (Isimberl,

Hec. des ancianmi lois /rouf aises, t. XIV, p. a6ï.) — Déclaration confirmalivc de ce» lettres. Cracoric, i5juin iSyô- regis- Iré au parlement le |6 juillet

' Ordonnance de la reine mere sur lu police et discipline de» gens de guerre et sur la répression des excès commis par eux. iSyà. juillet, fisandiert, tom. \I\, p. u66.)

1574. Entre aulUes, se trouva ung capitaine de volleurs duquel je n’ay retenu le nom, ayant une fauise commission soubz le nom du roy que luy avoit escripte et signée un des enfans de Provins, nommé Comu, lequel estoit l'ung des beaux scribes qui fust de son temps, qui sçavoit assez proprement contrefaire escriptures et signatures, et qui, pour son salaire et récompense de ceste fauise commission, fut faict lieutenant de la compagnie dudit capitaine volleur. En vertu de la- ^ quelle, tant ledit capitaine que son lieutenant, se présentèrent aux juges de Montereau-fault-Yonne , de Bray, de Nogent-sur-Seine, de P' •ovins, de Villenauxe-la-Grand, et aultres petites villes, bourgs fermez et marchez publics, et desditz juges eurent commission de sonner le tabourin, pour amasser soldatz qu’ilz disoient avoir charge de lever jusques au nombre de cinq cens et plus, pour le service du roy; et estoit ce au commencement du moys de may.

A ceste compagnie furent recouz tous les plus inesebantz garneinens du pays, et n’en vouloient que de teli lesditz capitaine et son lieutenant; en moins de quin^ jours, cette compagnie fut amplifiée de plus de 600 hommes de faict et aultant de barpail. l.esquelz, se voyans fortz à leur contentement, résolurent qu’il falloit faire son proufllt et valoir le mestier. De rançonner, piller, voiler leurs hostes és villages et tous passans par les chemins, leur fut acte de vertu. Hz commencèrent à faire leur tournée auprès de Melun, et couppant pays par la Brie, s’allèrent rendre auprès de Meaux, pour prendre la rivière de Marne et monter amont jusques à Vertu et la tour de Mvmaz, puis, traversant la Champaigne, se portèrent ès environs de la ville de Troye et de là à Sens ou les environs, et regangnèrent la rivière de Seine au passage de Bray et Nogent; ilz feirent si bonne diligence, qu'ilz tinrent tous les villages ou parroisses qui sont en la cincture et millieu du tour ci-dessus dict en peu de jours, d'aultant qu’ilz avoient baste d’aller, et ne couchoient que une nuict en un giste, affin qu'ilz eussent meilleure occasion d'avoir plus tost remply leurs bourses. Hz ou le capitaine rançonnoient par chascun jour tous les villages qui esloient à quatre lieues à l’entour de celuy où ilz vouloient loger, et

tiraient de chascun le plus qu'ilz pouvoient de l’aident, sans y respecter gentilhomme quelconque, s’il n’estoit de si grand crédit qu’il eust eu le moyen de amasser au son du tocsin les communes pour se ruer sur eux à ses périlz et fortunes.

Hz cerchoient s’ilz pouvoient de eux loger ès villages et parroisses ou par les troubles précédens n’y en avoit poinct ou peu logé, ailin d’y estre mieux traictez de vivres et de rançon. Tous bourgs fermez où ilz penspient qu’il n’y avoit nombre d’habitans en sulEsance pour leur résister, les forçoient pour les prendre et y loger.

Et, entre aultres, se présentèrent, lavigille delafestede l'Ascension N. S., devant le bourg de Songnolles, parroisse de Lisines, bailliage de Provins, pour y loger et y faire les bulletins; ce que ne volurent pennettre lesditz de Songnolles, ains rechassèrent les fourriers et fermèrent leurs portes. Arrivée que fut laditte trouppe, sommèrent les babitans de leur faire ouverture de par le ray et de les recevoir pour y loger, à quoy ne volurent obéyr les babitans; au refus desquels, idi assiégèrent lesditz voUeurs, et Gt un chascun de part et d’aultre le debvoir d’assaillir et de se delTendre. Les tenans, en eux deffendans, tuèrent quelque sept ou huict des assaillans et des plus hardis qui y fussent; mais à la Gn, vincus par le courage desditz assaillans, lurent les tenans constrainctz de quitter le rempart et de prendre la fuitte.

Les assaillans, estans maistres des rempartz, firent ouverture de.s portes pour donner entrée facille à toute la trouppe; lesquels en fureur se mirent à poursuyvre les vincus qui avoient prins la fuitte et en massacrèrent plus de une vingtaine, et en prinrent aultant prisonniers. Hz se logèrent à leur discrétion, et fourragèrent tout ce qu’ilz trouvèrent en chemin. Hz prinrent les GUes et femmes qui n’avoient sceu fuyr et les violèrent sans honte, craincte ni discrétion. Hz piUèrent entièrement tous les meubles de chascune maison qu’ilz « trouvèrent dedans et y commirent des excès fort exécrables, jusques à tuer des petis enfans de dix ans et au-dessoubz. Hz tuèrent le bestail qui estoit ès maisons gros et menu, après l’avoir faict pourmener

167^1. pai' les rues. Hz iircut grande cruaulté aux hommes qu'iiz prirent prisonniers, les ayans liez fort cslroictement pour en tirer tant plus de rançon, llz , en deux jours et deux nuictz qu'iiz furent audit Songnolles, firent domage de plus de 6,000 livres t.

Hz eussent demouré audit bourg davantage, sans deux occasions qui les pressèrent de desloger. La première fut le ban que le roy fit faire avant que mourir que toutes gens de guerre qui tenoient les champs eussent à aller en diligence au camp où il leur es^oit mandé d'aller, et que, incontinent après le ban faict, s’il s'en trouvoit par les villages, qu'on amassast le peuple au son du toxin, qu'on se ruast sus et qu'on les taiUast en pièces. L'aultre occasion fut la craincte (pi'ilz curent d'estre prins prisonniers léans des prévostz des mareschaux de Troye, qui en assez bon nombre et ordre de gens s'aiiiassoient pour leur couiTe sus, et pour faire punition des énormitez qii’ilz avoient commis en plusieurs lieux des environs dudit Troye.

A l'instant et le jour mesme qu’iiz furent deslogez dudit SongnoUes, ilz commencèrent à se desbander et à se retirer chascun 0 m commodité, estans si chargez d’or, argent et aultres biens que rien plus.

Les habitans à leurs talions aUèrent à Provins crier à justice qu'on leur iist raison du tort qu’iiz leur avoient faict; et pour le vérifier, emmenèrent avec eux les lieutenans des prévostz des mareschaux, de courte robbe et leius archers, Icsquelz informèrent des crimes et excès par eux commis. Mais cependant les friqucreUcs se saulvoicnt.

Hz habitans de SongnoUes se rendirent partie formelle contre tous de laditte compagnie qui seraient trouvez et appréhendez par justice, pour les faire exécuter par sentence de mort. Quelque deux jours apres le partement desditz soldatz dudit SongnoUes , y arrivèrent les prévostz des mareschaux de Troye, pour informer. Lesquelz furent bien receuz, et ayans ouy tesmoings et veu les relicques de leur malfaict , requirent les habitons de déléguer quelques nngs d’entre eulx lies plus experts et qui les pourraient rccognoistre par les champs, • pour les leur monstrer, et aussi pour aller i Paris avec eux former leur plaincte devant le roy; ce que firent lesditz habitans.

DE CLAUDE IIATON.

Ceux qui furent déléguez pour ce faire, estans à Paris avec iesditz 1574. des uiarescbaux, recogneurent par les rues le lieutenant de laditte compagnie, cpii estoit ledit Comu de Provins, accompagné d'une douzaine de sa bande des mieux en ordre , baMllez de velours et l’escu en bourse; sur lesquels mirent la main Iesditz marescbaux,^ qui les lièrent et escouplèrent en plaine rue deux à deux, et, sans en faire plus grand bruidÿ, les firent cheminer devant eux le chemin de Troye, parCorbeil, Melun et de là par auprès de Sens, de peur qu'iiz ne trouvassent de l'empeschement sur les chemins, pour la cognoissancc qu’avoit ledit Comu en la ville de Provins.

Les parens duquel furent plus tost advertis de son emprisonnement qu’il ne fust à Troye, et pour le rachepter ou empescher de mourir au gibbet, ilz composèrent aux prévostz des mareschaux de • Provins et au lieutenant de courte robbé, pour l’aller requérir et demander, et pour le ramener prisonnier à Provins, comme ayans les premiers informé de son faict. Auxquelz ne le volurent rendre ceux de Troye, Iesditz de Songnolles l’empescheant, lesquelz sollicitèrent .si bien leur affaire cpic en pei^ de jours devant leurs yeux les firent pcndi'e et estraugler à une potence en la place du marché au blé de laditte ville de Troye; et dès le jour mcsme, par la permission de justice suyvant la sentence rendue, chargèrent les corps entiers dudit Comu et un sien compaignon en une charrette et le menèrent en leur boui^ dudit Songnolles, où le boiu-reau dudit Troye les alla attacher à chacime porte , à des potences de bois qui y furent dressées. Ledit Cornu fut mis à la porte du costé de Provins, pour ce qu’il en estoit, où il fut quelque deux ou trois jours avant qu’en estre despendu par quelqu’un à qui ses parens avoient donné argent pour ce faire; lequel, n’ayant le loysir de l’enterrer et de le transporter plus loing, le quitta soubz son gibbet. Quoy voyant, les babitans dudit Songnolles firent faire une chaîne de fer bien cramponnée et le firent ratacher et remonter à laditte potence, on il démolira pour enseigne à la veue de tous passans.

J 574. Liste des prélats et dignitaires ecclésiastiques, gens de justice, gouverneurs, capitaines des portes, receveurs des tailles, élus, avocats, notaires, érhevins, bourgeois et marchands notables de la ville de Provins et des environs.

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