‹ Mémoires de Claude HatonChapitre 19 sur 77 · ODIEUX. INSURRECTIONS DANS LES PROVINCES. COMÈTE. MALADIE DITE ; LE · texte numérisé non relu

ODIEUX. INSURRECTIONS DANS LES PROVINCES. COMÈTE. MALADIE DITE ; LE

COURANT. RETOUR DE LA REINE DE NAVARRE AUPRÈS DE SON MARI. VOLS, DÉ- CÈS, FAITS EXTRAORDINAIRES. INSTITUTION DE L'ORDRE DU SAINT- ESPRIT.

C'est en 1678, à partir du 1” janvier, que devait avoir lieu la réduction, ordonnée par l'édit du roi. de l’écu de 66 sous à 60, et du teston à 1 4 s. 1/3; aussi, le dernier décembre 1677, une foule de débiteurs remboursèrent leurs créanciers. Dans les villes de Troyes, de Nogent et autres, les habitants continuèrent a se servir des carolus et monnaies étrangères, jusqu'au moment où défense expresse fut faite à cet égard par lettres patentes du roi , avec menace de punition rigoureuse aux contrevenants. A Paris, Meaux, Melun et Provins, on refusa dès janvier de recevoir lesdites monnaies.

Malgré la paix, quelques compagnies royales tenaient le pays aux environs de Paris; elles excitent des plaintes, qui obligent Henri III è les faire retirer. — Des jalousies et inimitiés entre les favoris du roi et ceux de son frère le duc d'Anjou compromettent la bonne intelligence entre les deux princes. Une querelle a lieu au milieu d’une danse à la cour, entre M. de Grammônt, mignon du roi, et .M. de Bussy, mignon du duc , qui, depuis assex longtemps déjà, se baissaient. I.'occasion fut une dame que l'un d'eux mena danser, ce à quoi l'autre préteii dait également. Des démcnti.A furent donnés, des injures dites, à la suite des quelles les deux gentilshommes demandèrent le combat, en présence du roi et

MÉMOIKE.S

1578. de Monsieur*. Henri ID ayant refusé son assentiment, ils prirent pour se battre^ un rendez-vous auquel le roi leur interdit de se trouver. Néanmoins Bussy se rendit le lendemain avec cinquante chevaux au lieu assigné; Granimont n'y vint pas, et son adversaire le déclara vaincu et vilain, en menaçant de le tuer à la première occasion

Ce discours cuyda rompre l’amytié du roy et de .son frère, parce (|ue ces deux gentishommes faisoient entendre ausditz deux princes leur querelle procéder pour la defl'ense de l’honneur de leurs majestez, qui fut cause que chascun prince espousa la querelle et le parly de son gentilhomme, et fut telle heure que l’on pensoit la fin en estre périlleuse fort pour la France par le relèvement des armes. Toutesfois, quand ilz deux princes eurent sur ce prins conseil l’ung avec l’aultre, s’accordèrent en.semhle amyableinent et si accordèrent leurs mignons et les réconcilièrent ensemble. Nonobstant que ce difl'érend susdit fust appointé, si est-ce que les serviteurs des deux princes ne lai.ssèrent de s’entre-injurier et rioter les ungs les aultres, jusques aux cuisiniers, pallefrenicrs et lacquetz. Et se tenoient ceux de mons. le duc les plus fiers contre ceux du roy, qui fut cause de plusieurs combatz, meurtres et a.ssassinatz dedans la court d'icettx princes et par la ville de Paris, par aguetz et surprinscs. Les plus favoris de mondit seigneur duc luy faisoient rapporlz tels quelz du roy son frère (ainsi qu’en e.stoit le commung bruict), auxquelz il scmbloit croyrc trop légèrement, et il délibéra en soy de s’en aller de la court, et de ce faire se mirent luy et ses gens en debvoir’. De quoy fut le roy averty secreltcincnt, qui feit donner si bon ordre à tout que ledit seigneur ne put partir au jour assigné, qui estoit ès derniers jours de janvier, pareeque le roy avoit commandé à ses gardes de n’ovrir la poiirte du chasteau du Louvre ni abai.sser le |K>nt jusques à ce

' Lettre (U* M. de Bu^y d'Amboû»c au roi. demandant le combat contre Ca^lus.

1378, 3 février {Bibl. imp. fonds Baluze, n* 8478. fol. I94r'. Impr. dans les notes du Journ derRMoile. <^tl Mirhaiid I l.p, 9V)

* Vuve* I Rstoile, Journal du Henn ///, édition Miebaud et PoujouUl. I. I, p. 93 et 94.

' yfémoitet de Mar^oêrite de Valois ^ «Sd. fiticssard. p. i35ot suîv.

DK CKADDE HATON.

cju’ii leur cominandast, dedans lequel cliasteau esloil logé lcdil seigneur duc, aussi bien que le roy et la royne leur mère. Davantage S. M, avoil secrctteinenl envoyé gens par la ville de Paris, pour regarder aprè.s les serviteurs et gentilshommes dudit duc, et veoir fjuellc contenance ilz Icnoient,* commandant que tous ceux qui seroienl trouvez bottez et esperounez pour monter -à cheval ou déjà montez fussent arrestez et mis en pri.son. Ce qui fut faict. De quoy furent bien esbays ledit seigneur duc et ses gens, voyant leur entreprinse découverte. Le bruit de ce, respandu par la ville de Paris, fut à l’instant porté par le royaume, et commencèrent ceux qui tenoient le party du roy et dudit seigneur à dresser les oreilles et à faire grand bruict de guerre; les bonnes gens de village rentrèrent à la peur de leurs maux accoustumez et se récumpensoient à maudire le roy et les princes. Ce différend fut en trois jours appaisé, parcetjue ledit seigneur duc, en plein conseil, s’excusa de son parlement et proinist de ne partir de la court sans le congé et gré du roy; après laquelle promesse, le Louvre fut ouvert, les gens dudit seigneur qui avoient esté emprisonnez furent mis en liberté, et fut seullcment commandé aux serviteurs des deux princes de vivre en paix et amytié les ungs avec les autres.

Les Italiens jouissent d'un grand crédit à la cour, ce qui excite la jalousie de.s seigneurs fran(;aiset particulièrement des gentilsliuimucs du duc d'Aujou; on les injurie et on les attaque dans les rues de Paris, sans que punition soit infligéi' aux agresseurs. — La méfiance renaît entre le roi et sou frère. Henri III, dans les premiers jours de janvier, fait entrer à Paris deux régiments de gens de pied, et les loge dans les faubourgs, où iis sont nourris pendant deux mois aux dépens de la ville.

De son cèté, le duc d'Anjou fait secrètement des levi'-es de fantassinsA^t de cavaliers, recrutant des gens de toute religion et de toute condition, même des brigands et des voleurs de grands chemins.

Plusieurs des plus cxpeis au hasard des armes furent envoyés a Paris pour .se loger ès tavernes et au plus près tlu logis dudit seigneur, ainsi qu’on les peut accomtnoder, pour, si d'aventure il esloit besoin de faire service attdil seigneur pour ayder à le saulver ou à le

1578. tirer de la ville de Pans, qu'ilz s’y emploiassent t onlre la personne du roy mesme, s’il y eschéoit; en clFet, ledit seigneur duc ne teiidoit à aultre fin que de sortir hors de laditte ville, feust de bon gi’é ou de force, pour se mettre en plus grande liberté et seureté, ce biy seinbloit. Ce qu’il feit au moys de febvrier ensuivant, le 1 4' joui , de nuict. passant par dessus les murailles de la ville de Paris, par dedans le monastère de madame S‘'-Geneviefvc‘, où, avec cordes pour ce faire préparées, se dévalla aux fossez de laditte ville avec ses plus familliers serviteurs et domestiques, et se rendit au millieu de plusieurs hommes de pied et de cheval , qui l'attendoient pour le conduire la part qu’il vouldroit aller. Et cheminèrent dix lieues ceste nuict là, Juscpies à ce qu’ilz se veissent en lieu de seureté pour se re- |M)8er, en attendant les gens et le train du prince.

En moings de vingt-quatre heures, le brui et de la fuite dudit seigneur duc fut respandu à plus de cinquante lieues loing de Paris, et assuré par poste.s et messagers de part et d’aulire, tant par l’advertissement du roy qu’il envoyoit par les villes pour se saisir des portes, de peur que ledit seigneur ou ses alliez ne s'en saisissent, que par les messagers dudit seigneur, que hiy et les siens envoyoient aux retenus pour les inviter à se tenir prestz, si d’aventure on avoit à faire d'eux. Les gentishommes à vingt lieues de Paris, qui avoient volunté de luy faire service, s’allèrent en poste offrir à son excellence, et s’y trouvèrent en nombre de plus de trois mille chevaux. Lesquelz ledit seigneur remercia bien grandement, et les retint à son service s’il en avoit à faire; di.sant toutesfois avoir volunté de ne les emploier pour faire guerre au roy. son frère, encores qu’il en eust bien l’occasion, atteiidii la pauvreté et ruyne du royaume de France; mais (jue, si le roy l’assailloit et luy volust faire guerre, bien voluntiers les retenoit pour son service , leur promettant avoir tousjours souvenance d’eux

* Vovex le Journal <le Pierre Fayel , pu* Thou. — Plusieurs ImtorieiiA ont dit à ton Itlié par M. Luzarches, p. 7; les M^moire^ <)ue le duc d'Anjou était »orlî de Pans de Marguerite de Valoi5, te Journal de par l’abHayc Saint (jerm«tin-devPré>. rK.Moile, et niisloire uniremelic. de de

et de leur lihéraile volunté qu’ilz luy o&oient; et par ces belles et 1578. honnestes parolles les renvoya en leurs maisons.

Ce faict, despeschea ung de ses gens pour aller au roy faire son excuse d'avoir party de la court sans luy dire adieu et à telles heure.s, mais que ce qu'il en avoit faict n'estoit pour luy faire la guerre, ains seullement pour se mettre en liberté et plus grande seureté de sa per- .sonne; au reste, qu'il vouloit tousjours estre et demeurer sou bon frère et amy, s’il plaisoit à S. M., protestant toutesfois de ne retourner jamais à sa court que premièrement n'en eijst cha.ssé les Italiens et estrangers qui y esloienl , et qui estoient la cause de la nijiie de France.

Voilà ce que l’on disoit estre l’occasion de la retraicte dudit seigneur.

Sitost que les habitans de Paris, Meaux, Melun, Lagni, Montcrcau, Provins, Sens, Troye, Nogent, Chaslons, Reims, Esparnay, Laon. Soyssons et Chasteau-Thierri sceurent le partement dudit seigneur hors de la court, par mandement du roy se saisirent de leurs portes, et gardèrent cbascuns d’eux leur ville, en attendant aultres novelle.s, qu'ils receurent environ six sepmaines après ledit partement par nions, de Guise, gouverneur de Champagne et Brie, où sont assises iesdittes villes, qui leur manda qu'ilz cessassent et meissent les armes bas, le.s assurant n’y avoir volunté de^uerre ès cœurs du roy et de .son frère.

Ledit seigneur duc entra en la ville d’Orléans quelque huit ou dix jours après sa retraicte de la court , où il demeura quelque temps a mettre ordre aux affaires de sa maison et à la garde de son corps, durant lequel temps, de peur d’étre surprins, commanda à ses gens de se saisir des portes de la ville avec les habitans d’icelle pour la garder. Et pour ce, fust semé ung faux bruict par le pays, que ledit seigneur s’en estoit saisy pour la retenir à soy, et qu’alentour d’icelle vouloit lever ung camp pour faire la guerre au roy; chose à quoy ne pensa oneques, et pour montrer au peuple qu’il n’en estoit rien, .s’en alla hors d'icelle plus tost qu’il n’eust faict, et se retira à Angers et au pays de son appnnage, où là acheva de mettre lin et bon ordre aux estatz de sa maison. Il fut novelle que la royne .sa mère estoit allée après luy pour le ramener à la court, mais n’en peut venir à bout.

MÉ.MOIHES

157S. Ledit seigneur laissa, à son parlement, la ville d’Orléans libre au rov et aux habitans d'icelle, ainsi qu’il l’avoit trouvée.

Un individu arrive à Provins, le a3 janvier, porteur d'une commission signée du duc d'Anjou, d’après laquelle il était chargé, attendu la mauvaise gestion des biens temporels des ^lises et fabriques, de faire l'inventaire des meubles de ces églises, calices, reliquaires, ornements .sacerdotaux, livres, titres et comptes. Cette commission ayant été présentée au lieutenant giinéral, au procureur et é l'avocat du roi, est soumise par ces magistrats à rassemblé* des habitants, le doyen de la ebrrtienté .s'oppose à ce <|u'elle soit exécutée, comme n'étant pas passi'e en chancellerie, scellée du grand sceau et signée de la main du roi. Le commissaire se retire, et lus gens de la ville de Meaux, par laquelle il avait pas.se précé-demment, le dénoncent comme un voleur. Il parait néanmoins que le duc d'Anjou avait réellement délivré la commission, dans la prévision des besoins d'argent que sa rupture projetée avec le roi pourrait lui occasionner.

11 laull dire quelque chose de la contenance et gouvernement des Imguenolz de Fr.mcc, et principallcmcnt de ceux du bailliage et de la ville de Provins. Ksditz ville et bailliage, ilz Imgucnotz estoient en assez petit nombre, et ne s’en trouva que deux audit Provins qui se déclarassent vouloir continuer la religion desditz bugiicnntz, qui furent M'* Richard Privé, advocal, et ^iicollas Doury, barbier et cirurgien. Lesquolz, et principallemcnt ledit Doury, s’estoient portez fort inconstamment en matière, de religion, et, après avoir renoncé à la prétendue religion liugiienolicquc avec serment solemnel, n'a voient en boule de froi.sser et rompre leur serment. Comme les cocs qui sont sur les clochers des églises, lesqueU tournent le luy, ou bec droici au vent, .ainsi ont lousjours faict les dessus nommez; Icsquclz, quand ilz ont veit les catholicqiies estre les. plus fors, se .sont rendus des leurs et de leur parly, et au contraire, quand ilz ont vcii la liberté permise aux liérélicques par les édiclz de pacilication, ont tousjour.s délaissé l’église catholicque pour retourner à l'église héréticque. Hors ladilte ville de Provins et par le balliage, n'y avoit que quatre ou cinq maison.s <le gentisbommes qui feissent profession de ladilte prétendue religion, qui estoient ; les maisons du Plai.ssié aux Tournelles,

de Chantaious, de Umbrée, du Buat et du Teilloy, près Vodoy; esquelles maisons ne se faisoit presche public au commencement de ceste année, ains seullement se faisoient les prières publicques par ceux qui de par eux estoient à ce faire députez pour entretenir les cérémonies de leur prétendue rebgion. Toutesfois, au moys de juing prochain ensuivant, se trouva à Provins, à certain jour de plaitz, ung prédicant nommé le prédicant Signier, dcmourant audit lieu du Teilloy, pour demander 'permission de faire presche public en sa maison, pour luy, ses amys et tous aultres qui y vouldroient aller, suyvant qu’il leur estoit permis par l'édict de la paix dernière, et à telles lins, présenta sa rcqueste, qui ne fut ni cnthérinée ni rejectéc, et ne luy en volurent faire aultre response les gens du roy que luy dire qu’il laissast la signature de sa main avec sa requeste au greffier pour l’enregistrer, suyvant le mandement du roy contenu audict édict de paix, en vertu duquel il demandoit laditte permission, ce qu’il feit. Ce néantmoings, n’eut aultre response desdis gens du roy ne permission, sinon qu’il feist ce qu’il voudroit, mais qu’il gardast de se mesprendre. Sur laquelle response, ne laissa de tenir le presche, mais fut en sa maison dudit Teilloy et non aultre part.

On doubtoit fort que le seigneur de la Noë de Bretagne et sa femme , seigneur et dame duPlaissié aux Toumelles, ne volussent ériger ung presebe public et prédicant audit lieu, pour y retirer tous ceux de leur séquelle; ce qu’ilz ne feirent, joinct aussi que ledit sieur de la Noë n’ estoit encores revenu depuis la reprinse des derniers troubles. Quant aux seigneurs du Buat, de Besancourt et de la Sausotte , qui ès troubles précédens avoient esté des plus opiniastres et les plus grands tirans et persécuteurs des prebstres qui fussent en leur religion, furent à ceste fois assez constans et montrèrent qu’ilz ne se soudoient pas beaucoup ni d’une religion ni de l’autre. Car, si la fantasie leur coromandoit, estans près d’une église des çatbolicques et qu’on y cbantast la messe ou aultre divin office, entroient dedans, fai^ns extérieurement signes de catbolicques ; pareillement, s’ils se trouvoienl ès maisons des gentishommes buguenotz où on feist le presebe ou les prières à la ma-

1578. nièrc huguenotic<]ue , entroienl dedanü avec les huguenoU, et par manière d’acquit et contenance, chanloient les psaulmes et aultres rliansons huguenoticques. Lequel sieur de Besancourt, en cestc ditte présente année ou sur la fin de la dernière passée , ayant prins femme en la maison de Villemaui'el et Montaguillon lez Villenauxe, tille de la dame desditz lieuz, fut espousé à la manière de l'église catholicquc par ung prebstre. La dame de Cliantaloue, mère dudit Besaiicourt, cuyda tenir court ouverte pour reccpvoir, les dimanches, le prédicant et les huguenots du pays en sa maison; mais, ou qu'elle en fust empeschée iicU* son fils, ou qu’elle s’en lassast, ne volut continuer è les recepvoir que une ou deux fois l’an, à la tin poinct. Et se contenta de faire elle-mesme ou aultre de ses gens les prières a leuimanière, n’empeschant toutesfois ses gens d'aller à la messe et servir Dieu selon l'église calholicque. Il y avoit semblablement les sieurs de Boissy, au village ou parroisse de Chenoise, de Lansoë, au village lie Villers-S‘-Georges, qui avoient espousé chascun d’eux une nonnain ou religieuse , desquelz ilz avoient des enfans , sans lesquelle.s religieuses ilz eussent voluntiers laissé l'hérésie huguenoticque pour .se remettre avec les catholicques, comme ils avoient commencé à faire à l'instant de la mort de l'amiral Colligny; mais, è leur persuasion, ilz estoient retournez avec les hérélictpies, contre la promesse qu’ilz avoient faicte au seigneur de Guise, gouverneur de (Champagne et Brie, estant à Provins au moys de décembre en l’an lôy». Combien que par l'édit de la paix de l'an dernier il fust dict que, en chacune ville où il y a parlement, y auroit une chambre my-partie, c'est-à-dire qu'en icelle y auroit la moytié des présidons et conseillers qui seroient huguenots, et l'aultre moytié catholicques, ainsi qu’il e.st porté par les articles a i , ai , s3 , a4 et a5", en rien ne se prnticquoit, et ne se présentoit nul de laditte religion prétendue, pour demander au roy lesditz estatz de président cl conseillers, et pensoil-on que le seigneqr d' Arènes, demeurant pour lors à Savigni ou aux Maretz, reloumeroll au roy pour demander ung estât de président esditles chambres, comme jadix il avoit faicl en l'an lâyti.

mais ne se basta, ou qu’il en fusl destourné par la peur qu'oii lui feit à Paris audit an 76, ou qu'il en fust diverty par le seigneur des Marestz, ijui estoit son proche parent et bon catholicque.

Il fault icy faire ung petit discours d'un jeune homme de Provins, nonuné André Girard, boulanger de son estât, et desdittes chambres mi*parties. Fault entendre que ledit Girard, en l'an 1675 ou 1576, fut estably commissaire à faire battre et vanner les grains des dixmes de la parroisse de S'-Bris , à la requeste des chanoines de l’église de N.-D.-du-Val de Provins, auxquels Hz appartiennent, et les avoient baillés à ferme pour lors à Gilles Potelet, Ayoul Cornu et N. Gillet, tous aussi bons marchans les ungs que les aultres, qui estoient en ceste volunté d’en faire assez petite part ausdis chanoines, qui les feirent saisir et y establir commissaire, qui fut ledit Girard. Lequel, se voyant voluntiers en ceste chaire, feit battre et vanner plus à son profit que celuy d’aultruy , en faisant toutesfois distribuer ausditz chanoines quelque quantité et non tout, comme Hz chanoines furent adverlis et prouvèrent contre luy en l’andition et eiamen de son conte. Parquoy fut condamne à restituer ausditz chanoines ce qu’il avoit caché et recélé, et en tous les dépens, dommages et intérestz. De laquelle sentence il Girard, par le conseil de Gilles Billot, sergent au halliage de Provins, se pourta pour appellent pardevant les juges desdittes chambres mi-parties, qu’il nomma la chambre de concorde, se déclarant estre huguenot, et que tel avoit tousjours esté dès l’an i563, en laquelle année il avoit mangé du lard et des ceufz fricassez au lard Iç jour du grand vendredy, en certain lieu qu’il nomma hors les portes de Provins, et que tousjours avoit esté tel, quelque bonne mine de catholicque qu'il eust faict, comme tel encores de présent se maintenoit; et feit ceste déclaration en plain jugement, en la présence des juges du siège présidial et advocatz et procureurs dudit Provins. Lesquelz juges l’escoutèrent en sa déclaration et ordonnèrent qu’il la feroit enregistrer au registre du greffier du halliage dudit Provins, et qu'il la signeroit du seing de sa main, avec celuy dudit greffier, avant que de le recepvoir en son appel; ce qu'il

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