‹ Mémoires de Claude HatonChapitre 25 sur 77 · GENS DE GCERRE RETENANT DE FLANDRE. .SDRPRISB DU BOURG D'ANGLURE · texte numérisé non relu

GENS DE GCERRE RETENANT DE FLANDRE. .SDRPRISB DU BOURG D'ANGLURE

DISPERSION DES BANDES DE PILLARDS AU SERVICE DU DUC D'ANiOU PAR LU GARDES

DU ROI. OCCUPATION DE MONTEREAU BT DE COAtEAI^TUIERRY PAR LES REGIMENTS

DE LWRMBE DE FLANDRE. DEPUTATION ENVOYEE PAR LES PROTINOIS AUPRÈS DU DlC

D'ANiOU. — * SÉJOUR DE L'ARMEE DE FLANDRE AUX ENVIRONS DE PROVINS, OU ELLE

<^AUSB PB GBANDS BAVAGES. VENGE DD DUC D’ANJOU X PROVINS. nàcLEMENT

PROIIULGUB PAB CE PRINCE CONTRE LES oisOBDEES DES CENS DE GUERRE. ARRI-

VEE D'UNE DÉPUTATION VENANT DE CAMBRAI POUR PRIER LE DUC DE UiTER LA UARCUE

DE SON ARMÉE. RAVITAILLEMENT DE CAMBRAI ET PRISE DU CATEAU-CAHBRÉSIS PAR

LES FRANÇAIS. EXÉCUTIONS, CRÉATION D’OFFICES, INSTITUTION D’IMPÔTS, ORDON- NANCES DE RÉFORME.' MORT DE H. D’ARENES. MARIAGE DU DUC DE JOYEUSE.

PRIÈRES ORDONNÉES PAR LE ROI POUR QU’IL LUI NAISSE UN (ILS. UN ÉVÊQUE D’A- RABIE À PROVINS. .

(Àuerre soutenue par les troupes de Henri III contre le roi de Navarre et les protestants de Guyenne et de Languedoc*. — Edit de paciGcalion donné a Blois au mois de décembre iS8o, contenant approbation des articles convenus, à la conférence de Fleix, entre le duc d'Anjou et le roi de Navarre. — Articles arrêtés à Fleix, le 16 novembre i58o, avec des modifications arrêtées à Coutras, le 7 décembre, et la ratification octroyée par Henri III, le 36 décembre’. — Les protestants retiennent les villes que, d'après les traités, ils s'étaient engagés à remettre entre les mains du roi, et ta guerre recommence. Au mois de mai, le duc de Mayenne assiège la ville de Livron, sur les confins du Dauphiné et du Languedoc. En juin, des troupes de renfort sont envoyées à l'armée assiégeante; on lève pour ce siège des gens de pied à Provins, et une taille pour payer

' Tou-a les feiiillels ou il est question de la guerre de Guyenne et ou sont transrrils les conventions et édits indiques ici sont en partie déchirés.

‘ flecaciV Jet traitéi, t. 11. p.,èè3 —

A la suite de l'acte du 36 décembre, se trouvent dans le manuscrit les articles de la conférence de Nérac (février iSyg) ®t la ratification de Henri III, Je les ai indiqués à leur date

lofU

les soldats est imposée sur la ville et l’élecdon ; la ville de Provins donne à elle .1581. seule 800 écus au mois de juillet. Les élections de Sens et de Troves fournissent des chevaux d’artillerie et des castadours. — Continuation de la guerre de Flandre.

Or advint-il, au inoysde janvier de ceste présente année, que deux ou trois régimens, tant de pied que de cheval, revenant dudit pay.s de Flandre, où on letir avoit baillé la chasse assez rudement, et se retirant chascun en son pays, s’allèrent loger ès environs de Sézane, où ilz se rafreschirent quelques jours, et se mirent à ravager le bon homme par volleries, pilleries, batures, rançons et aultres inhutnanitez. Les villages des environs de Provins, en estans advertis, serrèrent en diligence leurs meubles ès villes. Entre le% gens de guerre susdits qui tenoient les champs, estoit la compaigniè de monseigneur le duc, conduitte par le seigneur de Rosne, qui n'estoit pour lors moindre de douze cens chevaux. Ceste coinpaignie, jwur faire place aux aultres régimens qui se disoient venir de Flandre, passa la rivière de Seine à Méry, et s'alla loger en la Chanipaigne, en tirant à Troye et Marigni , où ilz séjournèrent quelque quinze jours, en tirant à Sens et à la rivière d’Yonne. Ung aultre régiment print son chemin par la rivière d’Aulbe, s’alla présenter devant le bourg d'Anglure, qui est fermé de fossez et de murailles, et, au refus que ceux de la ville lui firent d'ouvrir la porte, l’assiégea, après avoir mandé quelques aultres régimens, en sorte qu'ilz s’y trouvèrent le nombre de trois à quatre mille hommes. Des coups de barquebuses et de mousquetz furent tirez, jusques à tuer et mettre par terre des gens de part et d’aulti'c.

(Jng capitaine des assaillons, estimé vaillant homme, la rudace au poing, gangna la muraille et .monta sus pour bailler courage à .se.s soldatz, mais n'y arresta guère's qu'il ne tombast mort ès fossez des coups que luy donnèrent les habitans. Ce capitaine mort ne fit perdre courage aux assaillans, ains les fit opiniasirer, en telle .sorte qu’ilz redoublèrent leur fureur pour assaillir, combien que ung aultre capitaine y feust encores depuis tué , avec une vingtaine des plus vaillans guerriers qui fussent en la trouppe, et ne volurent pour ce babandonner la place, qu’ilz tindrent assiégée trois jours avant que y en-

10/J2 XfÉMOIRES

1581.. trer; et furent contrainctz les habitans de quitter la ville, pour se retirer dedans le chastcau, qui est bien fort, et laisser leurs maisons à la mi.séricorde des voleurs, desquelles toutesfois ilz avoient tiré toos les meilleurs meubles et serré audit cbasteau diuant le siège.

Les voleurs entrez léans massacrèrent toutes personnes qu'ils trouvèrent è la rencontre, mais bien p>eu, pareeque chascun qui avoit volu se saulver dedans le cbasteau y avoit esté receu. Tout ce qu’ils trouvèrent ès maisons de quoy ils purent faire proulSt fut par eus desrobbé, et après l'espace de deux jours, mirent le feu dedans la ville, et par apsès s'en partirent, estimans avoir faict aussi grand esploict que s'ilz eussent ptrins la plus forte place de Flandre. Ilz y entrèrent le I 8'^ jour du moys de janvier.

L’ung des capitaines qui lut tué audit Anglure fut par ses gens retiré des fossez et par ses serviteurs chaîné en la cbarrette de son bagage et mené en son pays pour l’enterrer. Hz passèrent par Provins, où ilz le firent vuyder, saller et saupouldrer, de peui' qu’il ne s'enpuantist, et furent ses entrailles et fresefaure enterrez aux Jacobins dudit Provins, en l'église desquels fut posé le corps une nuict et demy-jour, durant qu'on luy fit ung service bien soleranel, car, par le rapport de ses gens, il estoit fort catbolicqne et bon chrestien. Messieurs les gentisbommes, de quelque religion qu'ilz soient, ne se peuvent vanter d’estre gens de bien à commettre on leur personne ou laisser commettre par leurs gens les rançons, volleries, pillages, batures, excès et aultres inbunianitcz qu'ilz commettent et laissent commettre en leur présence sur le pauvra paysan qui ne leur doibt rien; et ne $« peuvent excuser soubz le mabteau de la guerre, principalleinent de ceste-cy, qui n’est justement entreprinse ni démenée, et qui est mise sus sans l'auctorité du prince souverain, qui est le roy de France.

M. He Rosne avait, comme on l'a vu, assailli précédemment le bourg d'Anglure pour remettre entre les mains de M. d'Esloge, son beau-père, le château qu'avait acheté un marchand de Troyes. Cette nouvelle attaque eut lieu dans

le même but. — Sur U plainte du propriétaire du château d'Ànglure, qui «était 1581. fait anoblir par le roi, le prévôt de i'bôtel fut envoyé pour informer des excès qui s'y étaient commis; plusieurs des coupables furent emprisonnés et exécutés.

Au partir d'Anglure, les compaignies se retirèrent èa environs de Provins, où elles furent quasi huict jours. Avec elles se joignirent d'aultres régimens, entre aultres ung qui estoit condnict soubz le nom du seigneur de la Ferlé, et qui avoit pour capitaines Virelois, de Nogent, dit le capitaine Beaulieu, et le capitaine Fay. Et se trouva, environ les 30. 3 1, 3 3, 3 3 et 34^' jours de janvier, que les villages à l'entour de Provins estoient pour la pluspart pleins de ceste racaille. Uz séjournèrent plus longtemps ès environs de Donnemarie en Montois qu’ilz ne firent ès environs de Provins. Quelques régimens, entre aultres celuy de la Ferté, passèrent à Bray et retournèrent en Champaigne, où on leur donna congé à la fin du moys de janvier; les aultres passèrent la rivière de Seine à Ëgligni ou à Montereau-Fault-Yonne, et prindrent le chemin à Orléans, pour aller trouver mons. le duc, frère du roy, qui estoit â Angers.

Virelois, soy disant le capitaine Beaulieu, fut fort remercqué pour les insolences, volleries, rançonnemens et excès qu’il et les friquerelles qu’il conduisoit firent ès villages où ilz logèrent. Desquelz fut accusé à justice et jusques à la personne du roy, qui commanda aux prévostz des mareschaux , lieutenans de courte robbe et leurs archers, aux baillifz de Provins, Troye et Sens de le cercher et de l’appréhender au corps vif ou mort. Je ne sçai quel debvoir firent les justiciers des bailliages de Sens et Troye; mais bien sçai que, depuis le moys d’apvril justjues au jour S'-Jehan-Baptiste, le bally de Provins une fois, le président une aultre fois et le lieutenant de courte robbe deux fois, avec les seigens et archers, l’allèrent cercher en sa maison ès environs de Trinel, mais ne le purent attrapper, quinze â vingt hommes de sa qualité qu’il entretenoit chez luy tirant furieusement à coups de mousquetz et d’arquebuses sur ceux qui le cerchoient. Oneques depuis n’osa ledit Virelois aller par cbamps sûrement, qu’il ne feust le moys de juillet ensuyvant, que la vollerie se

Page 1