‹ Mémoires de Claude HatonChapitre 29 sur 77 · NICOLAS DURAND DE VILLEGAGNON · texte numérisé non relu

NICOLAS DURAND DE VILLEGAGNON

r.ÉNE«LOCI£ DÉ LA FAMILLE DUBAirD DE V'II.LECAONOII.

Michel Durand est nommé dans le cartulaire de la ville [de [*rovins], ès années i3io et i3i4- > •

Guillaume Darand, 'garde du scci de la prévôté de Provins, en liSi.

Jean Durand, marchand bourgeois de Provins, échevin de cette ville en iôd3, receveur des tailles de l'élection en i48j. Il avait épousé Jeanne Fourny. Il mourut le 6 mars iâo3, et sa femme le 26 avril i&o5; inhumés l'un et l'autre à Saint-Pierre, oii ils sont représentés sur leur tombe avec six enfants, trois garçons cl trois filles •

J’ttuI Durand, contrôleur pour le roi au grenier à sel de Provins, coniréie et deux fois roi de l'arbalète, à laquelle il fait présent, en l4g3, de la médaillé que portait le roi. Il était receveur des tailles et procureur de ville en i4g6. Il avait épouse- Uciu'arde Thierry.

Louis Dubasd, procureur du roi au bailliage de Provins, assiste, le 2 juin i5o4, à la dédicace de Saint-Quiriace, et, en iSog, au procès-verbal louchant la réforme de la coutume de Meaux ; margtiillicr de Saint Pierre en 1 5 1 3 ; prend , le a mars j5i6, la qualité de • conseiller du roy en ses conseils d'état et privé, seigneur de Villegagnon, lieutenant ordinaire du bailly de Meaux au siège de Provins; • époust- Jeanne de Fresnoy, morte le 3o août |5C4; meurt le 25 août 1Ô21; inhumés l'un et l'autre à Saint-Pierre, où ils sont représentés sur leur tombe avec Ireiae enfants, huit garçons et cinq filles®.

' \oyti (laus les MùeeUaneu de M. Ytlûcr, Uplic et de celle de m femme Jeauoe Kourny.

à 1a bibliolLèqiie de Provina', page 39g, la — ' Voy. l'épitapbe d^Louia Durand et de

texte du testament de Jean Durand, de ton épi- Jeanne de Fresnoy, iiid. p. 29a.

APPENDICE

Paul Durand, avocat et praticien à Provins, assiste, en tôop, à la réfonnede la coutume de Meaux. — Loau Durand, avocat à Provins en i5i3. [Paul et Louis Durand sont-ils frères ou enfants de Louis? On manque de renseignements pour décider. ] — C/èmenca Durand, sœur de Louis Durand, procureur du roi, épouse Denis Le Court, marchand il Provins. — [Les enfants connus de Louis Durand, procureur du roi, sont :]

Ph, Durand, qui suit ; — Nicoloi Durand de V. [vice-amiral de Bretagne], cbev.* de Malte en i5.35, amliassadeur de son ordre en France en iSyo, possesseur de la commantlerie de Beauvais en Gàtinais, où il mourut le 9 janvier 1Ô71 Philippe Durand, sieur de Villegagnon, prévôt de Provins en i534, achète la charge de bailli rétablie en avril , et devient président du présidial après la création, en 1567. Il épousa en premières noces Jacqueline Galope, et, en deuxièmes noces, Marie Le Court, dont il eut ;

[Anne] Durand, mariée à Jean Allcaume [bailli de Provins]; — Loua Durand, qui suit; — Marie Durand, mariée [le 24 février 1&70] à Franijois Allcgrain [sieur de Dian], con.seiller au parlement de Paris en i56g.

Louis Ddband« chevalier, sieur de Villegagnon et de nonceau.\ en 1Ô73, conseiller du roi en son grand conseil, en lôSa, maître de; requêtes ordinaiies de son hôtel, en 1696, épouse Marie Brusiart; prête foi et hommage au roi pour la terre de Villigagnon, le iÇ juin i565, devant Jean de Beaufort, notaire, et, le 20 juillet 1Ô99, devant Abraham Quillet [notaire. — .Ses enfants furent:] Pierre Durand de V. qui suit; — Pierre Durand de F. chev. de Malte eu i584. ambassadeur de son ordre en France en IÔ23; — Jean-Louis Durand de V. capucii), gardien du couvent de Provins! en 1620; — Pierre Durand de V. reçu chevalier de Malte le 7 juin i63i; — Charles Durand de F. sieur de Chamforets [con- .seillcr au parlement (1G12), maître des requêtes, démissionnaire en 1626; il eut pour enfants : Marie, femme de François Iæ Boulanger; Noël Durand de Villegagnon-Chamforels, reçu chevalier de Malte le 3o mars i632, capitaine d’une galère de la religion en i644; Madeleine et Claude, religieuses].

Pierre Dcrand de Villegagnon, chevalier, seigneur dudit lieu, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, épouse Elisabeth Courtin, qui Gt son testament le 4 septembre i633. [Ses enfants furent : Nie. Durand, qui suit; — François,

clievalier de l'ordre de S'dcKan de Hirrusalem , commAndrur de Beauvais, lequel décéda le 9* jour de janvier 1571.* — Voy, aussi rHûtoirt da Gajtinoû de ü. Morin.

• Tout en reproduisant te texte de M. Ythicr,

religieux; — fiené; — Catherine]^,

' Une inscriptiou gravée dans la chapelle de la cummaudrrir de Beauvais, et rapportée dans tes MucellttOea de M. Ythier, p. sqY. porte : ■ Cygist noble et rAigieu# personne frère Nicolas Durand, en sou vivant seigneur de Villegagnon.

APPENDICE

A7co/oi Dcb.vnd de yHlegagnon, sieur d’Eisnon, épouse Eli tabclli Maujeaii, dont il a : Nicolai Darand, qui suit; — Eliiaheth Durand; — Habert Durand, chevalier, sieur de Villegagnon, baron d'Esnon, vicomte de Pri’marlin, aide de camp du maréchal de Luxembourg, capitaine dans le régiment de Bezons, cavalerie; — Françoit Durand; — Marguerite; — Charlotte; — Eléonore.

Nicolas Dorand, chevalier, sieur de Villegagnon, acquiert du cardinal de Retz, abbé de Saint-Denis, la moitié de la terre et seigneurie de Jouy-le-Chàtel , moyennant 23,âoo livres. Il épouse Eléonor de Grevell, dont il a ;

Nicolas Di'hard, chevalier, sieur de Villegagnon et de Jouy-le-Chàtel. Il se trouve, en i664, à la bataille de Raab, contre les Turcs, où il a la main gauche percée d'une flèche. Il épouse Elisabeth Pithou, dont il a ;

Nicolas-François Darand; — François- Vincent Durand; — Elisabeth Durand; — Marguerite Darand, mariée à François Leblanc, marquis de Roullct en 1701.

Nicolas Darand, sieur de Villegagnon, enseigne des gendarmes du duc d'Orléans sous le maréchal de la Ferté-Imhault, obtient, en 1702, une rommission du roi pour lever un régiment de dragons; gouverneur de Provins en 172.3, mort le g juin 1731, épouse de Pierrelait, dont il a :

Nicolas-François Durand, sieur de Villegagnon, enseigne de la deuxième compagnie des mousquetaires de la garde du roi, mort le 2g mars 1767, à vingt-six ans, sans enfants de fiataille de Francé.

Durand porte d'azur à trois chevrons d'or brodés, accompagnés de trois besans d'or, deux en pointe, un en chef.

(Ylhier, JVoSitùùn de Prmins, A U biblioth. de U ville, p. 18S.)

TÉMOIGUAGES CONTEMPORAINS SUR VILI.RGAGNON.

La gloire de ces gens (Christophe Colomb, Cortès, Magellan, etc.) esmeut quelques esprits des François à les contrefaire. Entre ceux-là, Villegagnon, chevalier de Malthe, qui, défavorisé en France par la querelle qu'il eut avec le capitaine de Brest, s'y ennuya et s'adressa à l'admirai, luy exposant son désir d’aller faire peuplade en l'Amérique, se couvrant du zèle d’y planter la religion réformée, de retirer des persécutions de France, qui lors s'alumoient, plusieurs

j'ii eberebé 1 le compléter eu moyen des généalogies qui se trouvent au cabinet généalogique de 1a Bibliothèque impériale. Pour les derniers

noms, 1rs données de l'un et celles des autres étant inconciliables, j'ai, faute de titres, suivi mon ms. Les additions sont entre crochets.

familles désolées. Sous re langage, il obtint deux bons navires et somme d'argent. Villegagnon alla au Brésil faire un fort en la rivière de Ganabaras, qu'il nomma le fort deColligni; l'ayant accommodé, rcnvoia ses navires chargez de brésil, et de là dépescha à Genève, d'où, par mesme langage, il retira deux ministres et plusieurs personnes de là qui vindrent en Normandie se rallier à une plusgrande trouppe, et mesmement des femmes, sous la charge de Bois-le-Comte, neveu de Villegagnon, qui, passant au cap de S‘-Vincent, dégraissa plusieurs navires espagnols et portugais; et, après les incommoditcz qui se trouvent à passer la zone torride, cette flotte arriva le lo* de mars i557 an fort de Colligni, lequel fut bien tost mis en défenrc, et où la religion fut establie avec protestations nécessaires , que fist mesmes avec Iny Hector, docteur de la Sorbonne. Peu de temps dura cette faveur de la religion , que Villegagnon, suscité par Hector, ne changeast au faict de la cène et du baptesme, et peu à peu les forçast à rentrer aux coustumes de Rome; d'ailleurs il avoit commeùcé à envahir les P'rançois qu’il avoit mené de bonne volonté, dont il s'ensuivit un mescontentement général, qui contraignit la plupart de se retirer vers les sauvages, entre ceux-là Léry. Cettuy-ci et plusieurs autres, ayant prattiqué quelque navire du Havre, demandent un congé à V'illegagnon, leur vice-roy, qui leur octroya, en leur donnant un parquet aux juges des lieux où ils descendoient, par lequel il envoioit leur procès pour les faire brusler comme héréticques; cette troupe, après avoir mangé tout ce qui estait dans leur navire, jusques au cuir, descendirent demi-morts en Bretagne, et recevoient aumosne et secours des juges auxquels ils présentoient leur procès. Quant à Villegagnon, après avoir changé de religion pour se rendre plus recommandable, voulut contraindre tout ce qu'il avoit de resté de changer comme Iny, en chassa les uns, qui furent nourris par les sauvages, en fît mourir les autres par diverses sortes de morts, la pluspart pircipitez des rochers qui regardoient vers la France dans la mer ; il y en a histoire particulière. Toutes choses commencèrent à luy succéder mal, et puis, se voyant les Portugais sur les bras, qui, joints aux Margajats, les venoient attaquer, il quitta sa conqueste sans embarquer l'artillerie, laissant parmi les sauvages ceux des siens qui avoieut eschappé la persécution , desquels ceux qui purent endurer une rude nourriture se retirèrent enfin en France par le secours de quelque navire marchand de la Clüne.

(ü'Aubigné, Uistoirt amemellf, lis. I, ch. xvi, édit, in-fol. de |6|6, p. Si et 4s

' U'Aubigné, I. II, ch. Tlll, p. 79. cite psrmi Icft noms des martyrs protestants, sous Cannée tSSy, ceux dei individus que Villega-

gnon fit monrir en Amérique : Jean Bourdeol . Matthieu Vermeil , Pierre Bourdon et Pierre de la Ponds.

APPENDICE

Depui.s l'an 1 555, je Tels un autre vo\age et accompagnay te s' de Villegagnnii , avec lequel je demouray quelques années. Je S4jay bien que ce menteur I.ér\ s’est persuadé que je retournay en France la mcsme année que j'arrivay là, et par son propre tesmoignage et pour plus illustrer sa bourde et menterie, il confesse en un autre endroit, feuillet loi, que je party de ce pays-là et pris congtde la compagnie pour retourner en France, l’an i558. Depuis, estant ce galand tdverty par quelques-uns de mes amis de la faute par luy faite, à la seconde édition imprimée à Genève, pour se justifier s’est contredit. Or, pour n’oublier rien du raticr ou rocher auquel il dit que nous estions logés [à l’embouchure du Rio- Janeiro; P io5 v*], je fais juge le liseur, si le nombre d’hommes que noos estions, comme dit est [600; id.], avec l’équipage de trois grands navires, meubles, artillerie, munitions de guerre et autres hardes, le tout eust peu ranger sur un rocher [de io à 5o p. de tour; id.] haut élevé d’une toise et demie en fa<y>n de pyramide au mitan , et qui ne peut contenir que ce que j'ay dit par cy-devant. Tant s’en faut, nul de nous ne mit le pied en terre, sinon quelque trois ou quatre mois eu après, que le capitaine feit mettre deux petites pièces d’artillerie pour garder l’entrée de la rivière. Mais la mer estant desbordée traisna ces deux pièces au fond d’icelle. Considérés, je vous prie, si cet élément inconstant n’en-eust pas autant peu faire de nous, sy y fussions esté logés, et par la violence des ondes ne fussions pas esté tous perdus. Or, passé que avés le ratier, la rivière va en s'eslargissant et fait un cours de plus de trente lieues. Une demie lieue loing de ce raticr, nous trouvasmes une petite isie, pour lors dépeuplée; c'est celle dans laquelle quelque deux mois suivans commençasmes à fortifier, après avoir pensé à nos affaires et avoir fait descente en terre continente, pour tirer l’amitié de ces barbares; encores qu’elle ne sçauroit avoir que quelque demie lieue de tour, ne laissasmes pourtant à la fortifier et fut nommée Ville aux Fran^oii. Ce fut en ce lieu où nous feismes bastir un fort composé de cinq boulevers ganiis de grosses et moyennes artilleries , pour nous prévaloir tant contre les Portugais que contre les Maigajas, nos ennemis. Et poursuivant la fortification en plus grande diligence que faire nous estoit possible, y faisions travailler bon nombre de sauvages, mesmes les principaux d'entre noos ne s'i espargnoient, pour donner exemple aux autres , monstrant chacun de noos l’affection que nous avions de faire service au roy en une entreprise si grande et périlleuse. Ce fort véritablement fut nommé par Villegagnon le fort de CoUigny, en mesmoire de l’admirai de France, suffisant pour tenir le pais sanvage en bride. Quelques années après, il^ eut plusieurs de la compagnie séditieux , qui conspirèrent contre la vie de Villegagnon, d’autres , qui practiquoient les sauvages pour les faire courir sus et se rendre maistres tant

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des vaisseaux que de la richesse qui y pouroit estre. Mais cecy estant découvert, avéré et prouvé par deux Klamens et par un Escossois, qui confessèrent la trahison en la question qui leur fut donnée, et complot fait avec quelques Portugais que nous avions recous des mains de ce peuple barharc, les choses avérées, information faite, Villegagnon en fit faire la justice très rigoureuse, ce qui advint quelques mois après mon département de ce païs-là. I.æs conspirateurs estoient quatre artisans : sçavoir Jean Bourdel, coustelier de son estât, Mathieu Vermeil, menusier, Pierre Bourdon, tourneur, et Jean I-éry, cordonnier. Villegagnon les nomme ainsy par la sentence et jugement qu'il leur donna, ainsy qu’ont attesté plusieurs gentilshommes et autres qui assistèrent è la mort de trois de ces artisans. Et quant au quatriesme, qui estoit Lëry, On et accort, flt tant qu’il se déferra les deux jambes et se sauva de nuit dans un bateau avec d’autres, cl gaigna le cap de Frie, quelques trente lieues distant du fort de Coligny, où, par cas fortuit, ils trouvèrent quelques vaisseaux de Normandie qui s’en venoient en Frincc, accompagnés de ce docte vieillard Richer, qui ne voulut oneque se soubzmettre cl entendre à la conspiration, comme j’ay sceu depuis. Le seigneur de Bresay, gentilhomme honnorable, les seigneurs de Bois-ie-Contc et de Lespine, qui demourèrenl douxe ans en ces païs-là, ensemble Nicolas Barré, que les Espagnols depuis ont fait mourir en la Floride, des plus signalés personnages pour la pilotage et art de naviguer qui fust de nostre aage, et autres me font ainsy rapporté fidèlement. Lesquels propos j'ay trouvé csfre correspondans et véritables à ce que Villegagnon en a mis par escrit. Au reste, il estoit si habil homme qu’il avoit escrit un dictionairc et colloque en la langue brésilienne, qu’il a communiqués à plusieurs personnages notables, comme à feu monsieur le chancelier de l’Hospital et à feu monsieur Bourdin , procureur général du roy en sa cour de parlement à Paris, à chactin desquels il en donna une coppie. Au retour du siège de .Sancerre, auquel Léry estoit, un personnage qui gouvernoit le feu chancelier, nommé Ode, sur bonne foy presta ladite coppie à ce Léry, lequel despuis l’a fait imprimer en son nom, comme il a aussy fait l’bistoire de Sancerre, laquelle il a

friponnée et desroliée de

comme luy-mesme m’a récité. Je ne parle point ici d'alfeclion, ny ne me

veux autrement estommaquer tant à l’encontre de Léry que ceux de sa religion , ce que jamais je n’ay fait dans tous mes livres que j’ay mis en lumière, attendu que ce n’est ma profession et que je laisse tels différends aux scholastiques, et aussy que ce n’est à un philosophe, non plus qu’à un artisan , de traiter des points dont les plus qpcorls en sont les premiers trompés et déceus. Mais ce que j’en ay dit cl prétends dire n’est que pour réfuter les bourdes et niaiseries de cet apprentif cordonnier Lt-ry. Quant à ceux que le capitaine Villegagnon feit exécuter et

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jetter au profond de la mer, il est assés notoire qu'ils l'avoient bien mérité, attendu la trahison par eux conspirée, toutefois non exécutée, sans avoir esgard que Villegagnon estoit personnage vertueux, qui avoit fait longtemps auparavant tant de prouesses à l'encontre des Turcs ennemis de son ordre maltboise, et qui avoit pareillement fait parler de luy en Piedmont et aux guerres ouvertes à l'encontre des Anglois , comme assés tesmoignent les histoires escossoises , angloises et françoises, et lequel eut l'honneur d'amener en France dans ses vaisseaux la fille du roy d'Escosse, qui depuis fut royne de France, grand amy de feu monsieur le connestahie et de l'admirai de Chastillon, lequel le feit visadmiral de Bretagne, et tant d'autres honneurs qu'il a eu en France. Ce n'est pas tout. C'esloit riiommc le mieux parlant latin et françois que gentilhomme de France, et qui a escrit et composé des livres autant que gentilhomme de robe courte de nostneage. Le cathalogue desquels vous trouverés en la bibliothèque de Gesnerus. Tantost ce courdonnier Léry, ou d'autres pour luy, luy donnent le nom de Nicolas Durant, voulans par là conclure qu'il n'estoit pas gentilhomme, l'appcllans perfide , bourreau, ressemblant entièrement à une énorme statue, et naturel sanguinaire, ou cyclope Polyphème, traistre de sa patrie, entre autres de ceux de l'église réformée, et mille villenies qu'ils disent de ce bon personnage, luy reprochans les letres qu'il envoya estant de par delà à Calvin, et la réponse que Calvin luy feit. Desquelles calomnies il s'en est très bien purgé, comme il a bien monstré par plusieurs responses aux libelles d'injures à l'cnconlrc de ses ennemis, imprimées à Lyon et par deux fois à Paris l'an i56i et Ga, etc.*

(Histoire d'André Thevet. Angoumoisin . coemogrsphe du roy, de deux voyages par Juy t'ailv aux Indes australes et occidentales. — Bifal. imp. fonda Saint-Germ. Iranç. n* 656, fol, io6 v*.}

LETTAKS DB VILLEGAGAOA.

Monseigneur, vostre bonté et humanité me contreignent de mectre toute mon Au cardinal espérance en vous à mon parlement de la court. Je layssé une lectre au doyen B^Gay. vostre home, pour vous donner en reconunandation du bien que m'havez pourchassé. De là je m'en allé en Hongrie, pour veoyr le camp des Imperiaulx, où je n'ay ausé demeurer, pour la défence que m'en havoit fayet monseigneur de Langey. Je vous envoyé ung mémoyTe des novelles dudict camp. Il vous pleut

' Vo/. fo). io8 r*, une littpciue aox çnon. Voy. auui fol. loi r*, loS et Sût^aU-

itîniinrtt pahliéa contre U chn^ier riftt de In Fnnet Mtantitfiu , c. i**.

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.\u r^rdiutti li»* î,0|Tâinr.

uog jour me vouloyr donner à monseigneur d'Orléans « qui me semble très gentil prince; s'il vous semble, monseigneur, que ce soyt mon bien, je vous prie achever re que vous bavez commencé et me fayre donner quelque honeste degré de servi* tude en sa maison, atfm d'havoyr adveu en France. Je commence à me lasser de tant pérégriner. 11 me semble estre temps d’en cueillir quelque fruict. J’escrips audit seigneur que vous luy conterez des noveilcs dudit camp, afTin d'bavoyr entrée et occasion de lui parler de moy. Je suis à Veoise, attendant novelles de monseigneur de Langey, pour fayre ce qu’il me commandera. Je n'ay loysir de \ous fayre plus longue lectre, qui sera cause que je me recommanderé très humblement à vostre bonne grâce, priant Dieu, monseigneur, vous donner, en très perlaycte santé et longue vie, raccompliasement de voz nobles désirs.

De Venise, ce iv jullet i5A3«

Vostre très humble serviteur, VlLLEGAIGKON.

\ monseigneur moiiseigneui révérend issiinc cardinal du Bellay, en court

(Bibl. imp. tnc. foiMlt franç. Ddamanr. 8693.)

Monseigneur, ce n'est que pour ne faillir à ma couslume de vous escripre toutes les sepmaines que je vous fays ce mot de lettre; car il n'est survenu aulcune occasion d'escripre despuis mes dernières lettres, nous estans attendensque le Turc commence à désarmer et se retirer pour fayre le semblable, et lui, ce semble, estant touché de ceste mesme considération, nous fayet ici fayre séjour, i/on médit hier chez l'empereur que ledit sieur Turc a fayet construire grand nombre d'cscurics pour chevaulx etcameaulx à Bude, et qu'il a feit renforcer la guarnisoii de Strigonia, qui est aulx ungs signe de retraytte, aulx aultres de vou* loyr hybverner à Bude, aulx quelz je n'adhère, par ce qu'il est novellc de tumulte

' Deux lettres de Villej^apnon au cardinal de ^iranreUe ont èlè publiées dan» lea Papiers d'Éut de ec ministre (édit, de M. Cb.Weisa, t.VII» p. 660 et 663). Dan» la première (Ptombières. «5 mai i56i), le cbevalier déclare «avoir quitté itfu» le» c»Uti et pension» qu'U avoit du roy, et , avoir dit tout haut i la reyne qu'il no porteroit pas le» armes au senice de Charles IX a%ant que ce prinee se fût formellement déclaré Tennemi de* hu^cnois.* Il parle d'une hlesaure qu'U

aurait reçue au alége de Rouen , et annonce l'tntention de se rendre en Italie ou en Allemagne. Dans la seconde (Plombières. 37 mai Villegagnon revient sur »on projet de voyage. Il raconte le synode de U Ferté-*ous>Jooarre . et , attaquant vivement les protestants et Coligny, U dit qu'il a fait tou» se» clTorU pour détacher d'eux Catherine de Médici», «dont un mot luy donne quelque froyde espérance qu'elle se en* nuisera bientoat de ce* gen»*U. *

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des Cynurioles , c’est à dire Albanoys de l'Epiro, qui se sontrebellei; pour auU quels obvier est i croyre que le Turc yra hyberner à Andrinopoli. Monseigneur vostre nepveu ce porte très bien, corne aussi font tous les aultres. 11 vouldroyt que l’on ne partyst d’ici de tout rhyver, tant il se fascbe peu. Je n’ay à dire aultre chose, sinon , monseigneur, que je supplie le Créateur vous donner en heureuse et longue vie, l'accomplissement de vos très nobles désirs. Du camp soubs Javariii, le SI octobre 1 566.

* Vostre très humble et très obéissant seiv ileur,

VllLFCAIfiVOS.

monseigneur le cardinal de Lorraine.

(Bibl. imp. coücct. Duptiy, vol. 5^9. BJ. 33 r^.}

Monseigneur, nous avons eu lettres que le Turc s'est retiré, ayant disposé scs guarnisons par tous les lieux de ses novcllcs conquestes et aultres nécessayres. ce qui est cause que l'empereur face de son costé diligence de bien armer ses frontières, s’aprestant à sa retraycte à Viene. Voyant cella, j'ay trouvé nécessayre de vous fayre ce paquet, pour vous advertir de noz alTayres. Kt vous diré que monseigneur vostre nepveu s'est faix fort grand et beau, et qu'il commence à voler sur sa foy en délibération d’aller de Bavières en Italie, selon vostre ordonnance, avec monsieur son oncle, qui l’ayme corne son GU. Mays mondit sieur vostre nepveu , piqué de sa sensualité et gaillardise de son âge, et insité par gens de sa compagnie qui plus approchent de son humeur, fayct dèiihéracion d'allei à Venise, Rome, Naple et toute l'Italie avant son retour, et Dieu s^aycl les belles entreprinses que l’on mesie parmi ces conseilz. Les plus vieulx, corne Tranchelion et moy Crévefosse, n'avons n'aylles ne jambes assez boues pour le suivre, et les aultres de sondit conseil ne le surpassent guayres d'age. Je croy que le plus viel n'attingt l'âge de 33 ans, qui me fayct prévoyr ce que je ne vouldroye veo)T, et pour y remédier vous supplie de despescber ung home à Ferrara incontinent, pour supplier mons. son oncle de ne lui bailler argent pour telz voyages, et que de vostre part et autorité le rappelliez en France, lui disant que le roy le veult employer en choses d'importance, corne seroyt pour la guerre de Flandre ou aultre que mieulx saurez adviscr, lui promectant que l'année qui vient le roy le renvoyera à Rome avec charge honorable; car, sans ces stratagèmes, je croy que l'ardeur de son âge et la sensualité ne le layrront retourner sans s’en aller promener. Il est sur le point de prandre pli bon ou maulvais, âge

A«i .(.«irdiiial df laomiinf.

APPENDICE

la rein'’ mère.

le plus périlleux de sa vie; j’en ay communiqué à monseigneur de Ferrara, qui trouve bon ce conseil, ainsi que il vous playra veoyr par ses lettres. Mons. de Trauchelion a esté si malade qu'il a esté forcé de se retirer <t Viene; mons. de Carné veult aller à sa mayson de Bavière : le Fossé de Ferrara, et Brouilli par vosirc commandement s’en va à la route du camp; et vous s<;avei, monseigneur, que mon cage ne ma disposition en la force de l'hyrer ne me soulTrent vagabonder par les montagnes ne voler avec gens de l'âge de cest animeux et ardent prince. Mous, de Ferrara vous escripra ce qu’il a fayet avec l'empereur de l'affayre que sçavcz; il en a parlé corne de soy, en ayant eu telle response qu’il vous s^aura dire. Je ne suy cncores résolu du lieu de mon hyver, non sachant quand nous retirerons et quand je pourray laisser iiostre jeune prince. Je sohayte avovT quelque lieu près de vous qui fust commode et ayaé de vivre pour fayre ma retrayete, fust-il Deynsc ou aultre, car je n'en veulx pour plus que pour ma vie, alTm que, quand il me playra demeurer en France, j’en aye le moyen. J'ay eu envie de S'-Honoral en Provence, laquelle ne m’est passée, mays je ne sçay cornent négocier cclla avec l'abbé; je vouldroyc avoyr assigné aultant de revenu à Paris que vault cellui de ladite abbaye et en avoyr la réserve. C’est, monseigneur, ce que je vous peulx escripre pour le présent, attendant la routtedu camp, qui doibt estre, ainsi que l'on dict, dedans huict jours que j’espère vous despescher Brouilli , selon vostre commandement.

Monseigneur, je supplie le Créateur vous donner, en heureuse et longue vie. l'acromplissement de vos très ngbies désirs. Du camp soubz Javarin, le mu octobre t566.

Vostre très humble et très obéissant serviteur, VlLLEGAIGÜOa.

(Bibl. imp. collect. Dupuy, vol. S&g. fol. 35 r*.)

Madame, vous entendrés par se pourteur, lequel vous connesés, l'arivée de mons. de Guysc, qui a esté à se soyr en sette ville de Sans, et des tropes qu'il a avecque luy; il faict estât de bientout alé Iruvé le roy et vostre majesté. Et pour se, madame, que vous m'avés commandé vous tenyr avertie de ce qui conserne le servyse du roy et vostre, atandant que jâ se bien et onneur nous soye por plus emplement vous faire antandre se discours , je vous diré avoir laisé mons. le cardinar et d’austres bied faschés du commandeman que vous leur faiettes d’aller truver mons. le marichar à Mès, et quant audit sieur cardinar, il m’a asuré qui n'iera poynt, comme je panse qui vous l'a escript; quant à l'autre, il dit qu’il

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iera.mèt qui ne veut estre commandé dudit s' nuricbar, pour estre trop plus viens cappittaine que luy, mès qui fera le voyage. Or, madame, pour se qui me sanble, saufvostre bon avis, que en toutteses disputtes il n'y a rien de l'avansemant du servyse du roy et vostre , et que le tans n'et propre à débatre sela , il me sanble, si vostre majesté l'a agréable, sans toutte foys que je soys sy vous plaict alégué, que vous ferés bien leur en faire unne bonne despécbe et mêmes audit s' cardinar. Car, pour vous parlé librement, j'é bien connu que, sy vous ne le repattriés, que sa bourse et crédit n'aura plus de vigueur et ne se voudra mélé de rien, qui ne vyendret pour le présan à propos, car jusque isy il n’a rien épargné; mès me(n]tenan il let faurt fret [sic. il est fort froid?}, comme je vous discouré 'quant il vous plaira me commandé vous «lé truvé, ce que j'use faict sans des aucasions que me conunandastes au party de demuré ici et atandre le passage dudit sieur de Guyse, se que j'é fais, dont je espère vous randre bon conte de tout. Et en settandret je prie Dieu, madame, vous donner en santez bonne et longue vie.

De Sans, se xviii* au soyr de novembre 1667.

Quant è l'AIemaigne, pour le présan je ne vous em puy randre bien seritène, pour n’estre mon homme de rettour; bien é-je entandu que le conte de Mansefaict a déjà troys myle bons restre pour le roy son maistre, qui sont déjà à la duché de I.ussambourg. Quant à seuls des ennemys, à présent je ne vous en diré rien, si se n’est quy n'y a rien de pressé qui puisse estre dans vostre reanme de tout se moys ny du disyème de l’autre, à se que m’a asuré le segrétaire du duc X. cstans à Troys *.

la royne.

(Bibl. imp. collect. Varlay, n* 3 16, fol. 36 1*.)

Sire, incontinent que j'eu receu voz lettres, je fey partir le capitaine Bérat, A Charl.v I.X. jà s’en estant allé le capitaine Rancé au camp, y estant appellé par monseigneur, ainsi que jà je vous ay fayet entendre , par quoy je passcré à la response de la fin de voz lettres.

Les ennemis laissez à la guardé de Nogant en ayant esté chassez, se sont retirez à Auxerre, où ilz sont encores; oultre ceulx-là, s'en trouve quelque nombre, tant de pied que d^ cheval ez chasteaulx et maysons fortes de ce pays, qui le

' Cette lettre n'est point signée. L» som- et l'orthographe sont différentes de celles des

maire manuscrit, qni se trouve en téta, la lettres signées de ce personnage et écrites de là

donne comme étant de Villegegnon. L'écriture même main que la signature.

llÜ(i

APPENDICE

pillent et achèvent de saqoagcr tons les jours, sans que nous y puissions donner ordre , non ayantz le moyen ; pour à quoy obvier seroyt bon d’avoyr ici cinquante ehevauU, et doux ou troys centz arquebousiers , mays il fauldroyt qn’ilz fussent payez, allin de les fayre vivre en discipline, payants leur bosto de gré à gré alTin de les povoyr souffrir. Car aultrement n'i a plus d’ordre de les soubstenir, se mectans i fayre corne les propres ennemis ; et , pour ma part , je ne sçaumye plus noir les plainctes que j'ay eu à ouir ces jours passez par fauhe de payment.

l.e s’ de Clayrmont s’est retiré à Préci, disant avoyr santve-guarde de vostre majesté et pardon de ses fanites, auprès duquel toutesfoys se retirent les ennemis, corne s'il estoyt non repentant de l'inteliigence des Coilignis. Il vous playra, .Sire , me fère entendre comme j'anray à me maintenir avec loi. Il a pries , corne j'entens, en sa protection le s' de Cboinot et son chasteau, retrayete des brigans. (ieulx de Courtenay, de Cbastillon et Cbasteau-Renard n'ont moindre commerce avec cul» qu’avec ung de voz principaulx ennemis. D’aultre costé. noos avons Valeri , Dolot , Chevri , cbasteaulx occupez par le prince de Condé, pleins de brigans qui sont continuellement à batre et espier les chemins pour voler les passans, disantz estre en saulve-guardc de vostre majesté; et pour endormir voz pauvres sobjeetz portent croyx blanches en leur manteaulx, josques i l’approcher de leur proyc qu’ilz .se desoouvrent et monstrent leur casaque de hnguenoti. Nous pourrions remédier à ces inconvéniens, si avions de bons souldars bien payez et bien vivans.

Nous eusmes novelles confoimes venans de divers lieux la voeille de Noël que tous les brigans des lieux susditz s’estoyent assemblez Auxerre pour nous venir donner une camisade.^a nuict que l'on seroyt à matines au son de noz grosses cloches, à ce attirez par quelques maulvays esperitz de nostre ville; mays grâce à Dieu nous n’en avons rien veu , nous estantz cependant tenuz sur noz guardes.

J’ay envoyé à Auxerre pour sçavoyr toutes nouvelles, dont j’advertiré vostre majesté incontinent. Dieu aydant, la suppliant, si lui semble, de m'envoyer ici quelques gens m'en advertir, allin de provoyr à leur vivres et logis de boite heure.

Sire, je supplye le Créateur vous donner, en très heureuse et longue vie, l’accomplissement de voz très nobles et sublimes désirs. De Sens, le xxvi* décembre iSfiy.

Vostre très humble et très obéissant serviteur et subjeci .

ViLLEGSICXOV.

(Bittl-*mp. coH. Ilnriny, n* .tl8. Toi. typ r'.)

Monaeigneur, je fui hier à Joigni pour accomplir voi commendemens, maya je trouvay uug peuple ai r[ude?j et ai beatial qu'il a’i a eapérance de l'amener à rayaoQ, ainon par force; il n'i a aur eulx borne qui camnuude. Les vignerons et menu peuple ae mectent euaemble et crient touaenaemble, et l'ung veult, l'aultre non, de aorte qu'il n'eo fault attendre que confusion. Ux ont cbasaé leur gouverneur et n'obéiaaeut à leur eacbevins non plus que a'il u'i en avoyt. Ili ne veulleni aulcune guarnison, diaantx qu'ils ae gouverneront et défendront bien d'eulxmeamea, jà çoyt qu'ilz n'ayent armes que de fourches de fer et vieuiz rançons. Leur ville est commendcc de montagne et en ung endroyt est batue en courtine par dedans, de sorte que, la breche estant fayete, ne sera possible de la défendre sans y fayre des traverses; leur muraille n'est flanquée, et je eiitray dans le fosse tout à cheval et vins au pied d'une tour près d'une porte, sans que je peust ne voyr n'oflenser, et se peult icelle tour et le pan du miu* mesme desroquer sans dangier, de façon que je tien la ville pour perdue, s'ellc est assaillie. Il y a ung pont de boys que l'on peult rompre en demi-jour, si les villains le permectoyent; maya ilz n'en fayront rien sans forces, et ne sont délibérez d'ouvrir leur porte. Je ne sçay si la révérence qu'ilz doibvent à leur seigneur les pourroyt fleschir. Le s' de Longueron m'a dict vous en avoyr escript; Blosset, l'ung des capitaines des ennemis, les est venu recognoystre avec cinquante cbevaulx et les soma; il est uécessayre d'i provoyr promptement, car ceste ville estant perdue, vous amènera beaucop de diilicultés. Au moyos est-il nécessayre de rompre te pont, je or di de le descouvrir seulement, mays de cousper les palz qui sont plantés dans l'eaue, sur lesquels est assis le pont, de sorte qu'il n'i ayt moyen de le refayre sans y planter noveaulx arbres, qui ne sont aysés à trouver. J'en ay ainsi faict à la ville de Pont. Quant à la ViUeneufve-le-Roy, c'est la plus belle et la plus forte qui soyt sur la rivière. 11 n'i a rien qui la comraende; elle se peult fort bien guarder et le pont avec elle; mays il se fault saysir d'une demie douzaine de mutins, ainsi que je vous ay escript, pour fayre vostre playsir de laditte^ille. d'espère, avec l'aide des soldats qu'il vous a pieu nous envoyer, vous rendre bon compte de la ville de Sens et amener tousjours le peuple à faire et obéir à vostre voulonté, ce que je fayray aussi dudit lieu de Tilleneufve, estant purgée de ces mutins. Us ne m'avoyent voulu recepvoyr avant hier, mays hier, en rapaisant, les principaulx vindrent au devant de moy pour me fayre entrer, pareequ'ilz voyoyent que je n'avoye compagnie de souldars. U vous playra nous envoyer incontinent ung provost du camp, pour se saysir de ces mutins suspeetz de leur foy, puis vous jouirez de la ville à vostre playsir. J'envoye troys bornes pour vous dire noveltes des Provensanlx ennemis, car je ne me veuiz lier au raport

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d'ung .Kul, de paoar qu'il ne m'aporte des novelles de taverne, faysant acroyre qu'il soyt allé bien loinget qu'il se soyt arresté bien près. Du temps quej'estoye au service du roy vostre grand-père, mon souverain seigneur, en Piedmont, je souloyc tenir des souldatz au camp de l'empereur, auquelz je donnoye bon estât par moys plus que ne povoyt monter leur paye, et ung venoyt tous jours à moy, estant les aultres au camp des ennemis, qui estoyt cause quej'estoye fort bien adverty. Je sohayete que vous, monseigneur, ou quelque capitaine des vostres, en usast ainsL Feu monseigneur de Langey, lieutenent du roy en ce temps-là, faysoit plus; car par forte d'argent et de promesses avoit guaigné les secrétaires du marquis de Gousto, ce que sçayt très bien Gaspar de Colingni, et Dieu vueille qu'il ne se serve de ces moyens.

Monseigneur, je supplie le Créateur vous donner, en très heureuse et longue vie, l'accomplissement de vos sublimes désirs. De Sens, le i" de febvrier i568.

Vostre très humble et très obéissant serviteur.

monseigneur, au camp.

ViLLEGAIGNOS.

(Bib). imp. collect. Harlay, o* Sao, fol. 191 r*. Origiaal.)

An Monseigneur, ayant eu commandement du roy par lettres expresses de venir

.lue «I Anmal'. accompagner mons. le conte de Languillara et fayre résidence auprès de lui pour voyr ce qu'il me vouldroyt ordonner pour le service dudit seigneur, je n'y ay voulu fayre faulte, encores que je n’aye eu nulle provision pour ce fayre, et estant arrivé, je vous ay voulu fayre la présente, pour vous dire que onques ne fut mieulx venu home que a esté le conte. Le pape lui envoya son capitaine des guardes, avecq plus de deux centz souldars au devant plus de deux mil , et sans cella*il y vint plus de troys centz cbevaulx des gentilzhomes romains et capi- • tailles. Il y a une merveilleuse suitte et aifection de tout le monde et de grands

moyens de fayre service par dessà; et je vous peulx bien asseurer qu'il y a une voulonté incroyable de s'cmploydl', et fusse à ses despens, pour fayre cognoistre à tout le monde qu'il est aultre que ses ennemis ne l'ont voulu fayre trouver, et que s'a esté grand domage de lui havoyr fayet perdre tant de temps. Le roy ne povoyt fayre mieulx pour havoyr le ceur des gentilzhomes et seigneurs d'Italie que le Iraycter si honestement. Il va, en tontes les grandes compagnies où il se trove, preschant la bonté et grandeur dudit seigneur, et enflamble tout le monde à le servir. Je fayré mon debvoyr de l'entretenir en reste bone volunté et préparer les

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voalontez de toatz ceulx qui me zembleront ydoyae» au service du roy, de sorte que l’on pourra dire que je n’aur^ perdu temps. Monseigneur, pour l'incroyable affection que j’ay à vous fayre service, je vous veulx supplier me fayre cest honeur que m'employer et me commander en tout ce que je pourré fayre pour vous, vous asseurant que ne troverez jamays plus loyal ne plus affectioné serviteur. Qui est l’endroyt, monseigneur, où je priré le Créateur vous donner, en trèsheureuse et longue vie, l’accomplissement de voz nobles désirs. De Rome, le VII* janvier.

Vostre très humble, très obéissant serviteur, VlLLlGAIGXOll.

Monseigneur d’Aumalle.

[Bibl. imp. Mélsngrs CléramlMult, vol. 56. fol. lovyi,}

Madame, après que monseigneur votre nepveu eut entendu la prinse du chastean de Dian , se résolut de faire effort de le reprendre, et craignant que ce fust une cntreprinse qui regardast de plus loing, luy a pieu m'envoier en ce lieu de Mont<uj|au , pour y prandrc garde et aux villes circonvoisincs de reste rivière, puis entenoi^ l’expugnacion dudict lieu, dont j'espère bonne yssue, s’il ne leur vient # * aultre force que celle du chasteau, dont ilz ont espérance, par le raoien de leurs confrères qui sont tant en vostre ville que aultres lieux qui sont en vostre obéissance, chose que n’entendez, ne vouldriez contre le roy favoriser telles entreprinses, ainsi que j'ay assuré mondict seigneur et son conseil, ayant de si long temps congnoissance de vostre vertu et zèle inestimable au bien de la couronne. Je ne vous useray d’aultre langaige persuasif de destourner si sinistres desscings, qui sont ceulx de ces pauvres incensez, saichant que ce seroient parolles perdues et que de vous-mesmes les aborrez et blasmez aultant que le roy pourvoit souhaiter. C'est l’endroict, madame, où je supplieray le Créateur vous donner très longue et heureuse vye. De Montereau-Pault-Yonne, le im* jour de mars i56g.

Vostre très humble et très obéissant serviteur, ViLLZGAIGNON. '

A madame la duchesse de Ferrare, à Montargis.

iBibl. imp. «ne. fomls français, n* 8735, toi. 3o 1^.)

A la ducb<»M' de Kerrare.

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