‹ Mémoires de Daniel Huet, évêque d'AvranchesChapitre 16 sur 59 · Psalm., xxvf · texte numérisé non relu

Psalm., xxvf

alors hérité de notre fortune , si mes sœurs et moi fussions venus à mourir. Mais, dit Justinien \ « les parents que la loi appelle à hériter sont aussi ceux qu'elle oblige à la tutelle ; car à qui peut échoir le bénéfice de la succession doivent incomber aussi les charges. >»

Ce 3facé- était fameux par ses grandes connaissances dans les mathématiques et principalement dans Tastronomie. Il en avait donné une marque dans un ouvrage sur les mouvements de la comète qui parut en 1618. Pour les bien observer, il avait acheté des instruments fabriqués avec le plus grand soin, qui me sont demeurés depuis avec tous ses autres instruments de mathématiques. C'est Daniel Macé, fils de Gilles, qui m'en fit présent. A dire le vrai, Gilles parut trop donner dans la vanité ou plutôt dans la sottise des horoscopes.

Quoi qu'il en soit , oubUeux des liens qui l'attachaient à nous, n'ayant nul souci de ses devoirs, épris seulement de son art et regardant comme perdu tout le temps que réclamerait de lui la tutelle dont il allait être investi ; prévoyant que le fardeau en serait si lourd et la diurée si longue qu'il n'aurait pas un moment à donner à d'autres soins, il résolut, autant qu'il était en soi , de s'y soustraire. (1 s'enfuit donc à Paris, chez des amis. Mais tandis qu'il s'efforce, au moyen de leur crédit, d'obtenir la décharge de la tutelle, il tombe gravement malade, et meurt dans toute la force de l'âge.

Pendant qu'on disputait sur le successeur à donner à ma mère dans la tutelle, je fus conduit dans la maison Macé, où ma tante se chargea de mon éducation. Cette maison était voisine d'un couvent de pères porte-croix. Je fus, avec quelques autres enfants de bonne famille, confié à l'un d'eux.

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