‹ Mémoires de Daniel Huet, évêque d'AvranchesChapitre 19 sur 59 · Livre VI, r.liap. m · texte numérisé non relu

Livre VI, r.liap. m

2. Mémoires des missions du Levant , in-12 , part. H , pag. 120.

i4 MÉMOIRES DE D. HUET.

comme quelques autres maladies dont parle Pline', inconnues de son temps à Rome, mais connues dans l'antiquité, et comme le mal vénérien dans ces derniers temps. Elle se manifesta quelques années après Jésus-Christ. Vettius Valens, astrologue d'Antioche, qui a vécu du temps d'Adrien, et un auteur que j'avais traduit autrefois avec Tintention de le publier, Aëtius d'Amida-, jmédecin qui florissait peu de temps après Constantin, en ont parlé. Ils appellent la petite vérole £;£a,aaTa, ébullitions, et la rougeole £^av6ïi;j.aTa, fleurs jetées au dehors. Il déclarent que ce sont des maladies de l'enfance. La Chronique de Marins nous apprend que ces maladies affligèrent la France et l'Italie au commencement du VI* siècle. J'ajouterai ( si le lecteur a la bonté de me permettre d'oser m'étendre un peu hors des limites de mon sujet) ce que j'ai lu dans Grégoire de Tours ^ Selon cet historien, cette maladie fit beaucoup de ravages en France, sous le règne de Childebert, roi des Francs, vers Tan 520* : Magna, dit Grégoire, eo anno lues in populo fuit., valetudines varise, milinœ cumpusulis et vesicis. Il appelle le mal valetudines variée et milinx^ parce que ceux qui en étaient attaqués avaient des taches nommées vari, semblables à un grain de mil, telles que sont les pustules qui, selon Actuarius% viennent dans la maladie qu'on appelle Herpès; d'où il m'est démontré que c'est une conjecture vaine de substituer le mot malignse^ au mot milinx qu'on n'a pas comprise L'histoire de France nous apprend aussi" que Baudouin, comte de Flandre, en mourut l'an 1362. On peut comprendre combien cette maladie était commune parmi les Sarrasins, en ce que El-

Page 1