Eunuch., act. I", se. ii, v. 11 G
2. Les vers suivants de sa composition furent trouvés si beaux par les hôtes de Port-Royal, qu'ils les insérèrent dans leurs commentaires sur Job.
Félicité passée Qui ne peut revenir, Tourment de roa pensée, Que n*ai-je, en te perdant, perdu le souvenir:
Hélas! il ne me reste De mes contentements Qu'un souvenir funeste Qui me les convertit à toute heure en tourments. ^ ^^ Le sort plein d'injustice
M'ayant enfin rendu Ce reste un pur supplice.
Je serais plus heureux si j'avais plus perdu.
talion en France pour ses vers, qu'on dirait avoir été trempes par les Muses dans la quintessence de leur nectar.
Tandis que Mme Lavergne de La Fayette composait son charmant roman de Zaïde, auquel Ségrais a mis la main et son nom, ce dernier me demanda un jour quels je pensais être les premiers auteurs de romans. Je lui répondis incontinent et en peu de mots, mais toutefois de manière à lui inspirer le désir d'avoir ma réponse par écrit. Je répliquai que la chose était trop peu importante, mais qu'elle exigerait néanmoins beaucoup de peine et de temps, s'il fallait seulement mettre au net ce que je venais d improviser. « Je vous prie alors, me dit-il, de l'écrire à votre loisir et de me le communiquer ensuite. » Je le lui promis, à condition de ne pasm'engager pour tel jour et de choisir mon temps.
A sept milles à l'est de Paris, est située une maison de religieuses, qui est le couvent de Malnoue. Le gouvernement en a\ ait été confié à 3Iarie-Éléonore de Rohan, dont j ai parlé ci-dessus comme abhesse du couvent de la Sainte-Trinité, à Caen. J'allais de temps en temps lavoir à Malnoue, et il m' arrivait même d'y passer souvent quelques jours. Ce séjour me parut propre à l'exécution de mon projet ^ Et , comme je n'avais point de livres, s'il était besoin que je consultasse un auteur, j'écrivais à Cossart, le gardien ou plutôt l'àme de la bibliothèque du collège des jésuites de Paris, et je le priais ou de m'envoyer les livres, ou les passages extraits de ces livres, sur lesquels j'avais des doutes. Ce que ce docte ami ne manquait pas de faire en diligence. Je travaillais donc avec ardeur, et ce que j'avais écrit dans le jom-, je le lisais le soir à la savante abbesse. J'achevai enfin (1666) cette lettre à Ségrais, qui depuis fut publiée et mise en tête du roman de Zaïde. C'est pourquoi Mme de La Fayette aimait à me dire que nous avions marié entre eux nc^ enfants. Ce mariage a bien tourné. 11 n'est pas un peuple en Europe qui n'ait adopté