Du Plessis- Besançon à Le Tellier
Extrait. Turin, le 9 novembre 1646.
Gomme l'instruction que j'ai de M. le maréchal du Plessis- Praslin m'ordonne expressément de m'en revenir en Piémont, après avoir satisfait au reste des choses dont elle me chargeoit, pour y attendre les volontés de la cour, il y a déjà quelque temps que j'y suis, sans autre emploi que celui d'avoir obéi à mes ordres ; sur quoi, je vous supplie très humblement de me faire savoir, s'il vous plaît, quelles mesures j'ai à prendre, et ce que je dois devenir. M. le prince Thomas et madame sa femme sont en cette ville depuis quelques jours avec toute leur famille, où Madame Royale tâche souvent de les régaler par diverses caresses et démonstrations d'amitié, bien qu'au fond les choses aillent à l'ordinaire. Quant au reste, M. le marquis de Pianesse est toujours le patron, et il semble que l'abbé de Verrue s'avance aussi de plus en plus dans le crédit ; il est maintenant logé dans le palais avec madame sa belle-sœur, mais il m'a fait entendre que ce n'étoit que par emprunt seulement, en attendant que son logis fût purgé du mauvais air de la petite vérole. Les nouvelles de Gênes nous apprennent quelque soulèvement dans le royaume de Naples, auquel on ne voit pas encore bien clair, et font Porto-Longone pris dès le 29 du passé ; c'est une heureuse et importante conquête. (Minute originale. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, CCCCVI, 164.)