‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 108 sur 146 · Du Plessis-Besançon à Brienne · texte numérisé non relu

Du Plessis-Besançon à Brienne

Extrait. Gênes, le 29 juillet 1647.

Il y a huit jours que je suis auprès de M. le cardinal Grimaldi, lequel m'a voulu loger et me traiter au reste avec des civilités qui me confondent. Vous avez grand raison de l'honorer et de l'estimer comme vous faites, non seulement parce que sa vertu et son grand mérite sont recommandables partout, mais encore pour l'amitié singulière que Son Éminence a pour vous, ne se

allées et venues ont mis à bout tous nos spéculatifs qui ont entièrement perdu leur tramontane; ils ne savent plus que dire » (Affaires étrangères, Naples, IV, 2G4.)

passant pas de jour que nous ne soyons des quarts d'heure entiers sur votre chapitre. Pour moi, j'en reçois des satisfactions qui ne sont pas imaginables, reconnoissant de plus en plus qu'il assemble en sa personne toute l'adresse et la capacité d'un habile mondain, avec la franchise et la probité d'un grand homme de bien, avec un zèle et une fermeté pour la France dont je ne crois pas que jamais Italien ait été capable; et j'ose dire qu'il y a peu de

François qui l'égalent Si je vous dis que le succès de Lérida

ne m'a point surpris, je ne sais si vous me croirez ; mais je sais bien par les connoissances que j'avois de cette place que la moindre de son attaque m'en a fait craindre l'événement avec beaucoup de raison, et ce qui me surprend en ce rencontre est seulement la prudence et la modération de M. le Prince. En quoi il montre qu'il étoit véritablement au-dessus de la sotte vanité de ceux qui donnent le nom de constance à l'opiniâtreté, confondant les vertus avec les vices qui en sont les plus proches. (Copie. Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, 16100.)

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