Ijq cardinal Antoine Rarberini
Analyse. Paris, le 5 mai 1648 ^
On a désigné le prince Thomas de Savoie pour commander en chef l'armée navale et l'armée de terre en cas de descente. Mazarin pense que les affaires de Naples sont en meilleur état que quand le duc de Guise les dirigeait. Du Plessis-Besançon devra insister pour que le cardinal Grimaldi veuille bien entreprendre le voyage de Naples.
(Original. Affaires étrangères, Naples, VIII, 197.)
iOO. Du Plessis-Besançon à Mazarin.
Piombino, le 11 mai 1648.
Par le retour du père Tho. de Juliis^, de Toulon, j'ai reçu en ce lieu le dernier billet de Votre Éminence du 22 avril; mais, comme il n'a porté aucune lettre de delà pour M. le cardinal Grimaldi ni pour moi, nous ne savons que par la relation dudit père l'état auquel il a laissé les vaisseaux et galères touchant leur partance; de quoi ne voyant aucun effet, bien que le temps nous paroisse ici fort beau, il est à juger de là que ceu^ qui ont la direction de l'armée navale ou le commandement des escadres qui doivent faire voile les premières, ainsi que les autres choses destinées pour le secours des Napolitains, attendent les dernières résolutions qui auront été prises à la cour depuis la prison de M. de Guise et les autres révolutions de Naples.
Cependant, Votre Éminence aura déjà su comme M. le cardinal Grimaldi est ici depuis quelques jours S'il y avoit moins de retenue à Toulon, ou que l'on n'y fût pas si chiche de lettres ou du secret dont il semble qu'il falloit nous donner part, toutes choses en iroient mieux, et, en mon particulier, j'aurois pu prendre des mesures plus accommodées à l'état des affaires et à la délicatesse de la conjoncture.
Depuis que mondit sieur le cardinal Grimaldi est arrivé, je lui ai fait voir tous les ordres et les dépèches que j'avois et que j'ai reçus de temps en temps
Jusqu'à présent, M. le cardinal Grimaldi ni moi n'avons point
1. Pièce imprimée dans les Mémoires du comte de Modène et analysée par Chéruel.
2. Jean- Thomas de Juliis, moine, avait été envoyé par les Napolitains en mission à la cour de France.
de connoissance de la manière dont Votre Éminence a résolu de faire subsister les troupes que l'armée navale doit porter avec elle pour mettre en terre, tant pour leur nourriture, c'est-à-dire pour le pain, que pour le paiement, lequel semble du tout nécessaire pour vivre avec ordre, surtout dans le commencement, et jusques à ce qu'on ait pris racine dans le pays et donné quelque forme aux affaires. Quant au reste. Votre Éminence peut s'assurer que, hors le ménage qui leur seroit préjudiciable, il n'y aura point d'économie qu'on ne pratique non seulement pour employer utilement l'argent du roi, mais pour n'en faire dépense qu'à des choses absolument nécessaires.
Aussitôt que les vaisseaux et galères seront ici avec les derniers ordres de la cour, on prendra sur-le-champ les résolutions qui paroîtront le plus convenables, dont on renvoiera le résultat à Votre Éminence, et à Parme les lettres qu'elle estime à propos que M. le cardinal Grimaldi et moi écrivions de ce côté-là, selon qu'il faudra passer outre de celui de Naples ou porter l'effort en quelque autre lieu. Son P^minence déjà fait diverses diligences vers les amis et correspondants de Rome et des environs, afin de pouvoir recouvrer à bon compte et pour rien, s'il se peut, une bonne quantité de chevaux pour monter les cavaliers démontés qui doivent passer avec l'armée navale.
(Minute. Affaires étrangères, Naples, VIII, 206.)