‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 126 sur 146 · Mazarin à du Plcssis-Dcsançon · texte numérisé non relu

Mazarin à du Plcssis-Dcsançon

Paris, le 20 mai 16i8.

Je ne vois pas de fondement certain à faire sur l'état des

affaires de Naples; mais, étant d'une si grande conséquence et pouvant avoir des suites (jui bouleverseroient entièrement la monarchie d'Espagne, je suis persuadé que hi prudence veut que Leurs Majestés s'y appliquent à bon escient, puisque, quand même les efforts qu'on fera pour cela ne produiroient aucun elYet, on ne pourra au moins nous taxer de peu de connoissance des choses pour n'avoir pas fait ce qui peut dépendre de nous afin de profiter de celles-là. Cependant, je vous puis répoudre que l'on ne perd pas un moment do temps pour presser nuit et jour le départ de l'armée navale avec des blés, des troupes, des munitions et tout ce qui peut être nécessaire pour faire une puissante guerre dans ce royaume-là, et qu'enfin on est bien résolu à no rien omettre sur ce point.

Il y a grande apparence que nous pourrons agir quelque temps

avant que l'armée d'Espagne se présente de ce côté-là, ayant eu aujourd'hui avis de Hollande que les ennemis y font faire beaucoup de diligences pour y avoir des matelots et fretter des vaisseaux, et, quand tout cela seroit ajusté, il leur faudroit plus de deux mois avant qu'ils s'en pussent servir. Souvenez-vous, je vous prie, que vous devez agir en toutes les choses où vous connoîtrez que le service du roi en puisse recevoir de l'avantage, et surtout pour maintenir en union les chefs, puisque, sans cela, quelque effort que l'on fasse et quelque belle apparence qu'il y ait, on ne doit attendre aucun bon succès.

(Original. Affaires étrangères, Naples, VIII, 221.)

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