Le sieur du Verger
le surplus de la négociation, qui furent MM. de la Motte-Houdancourt^ et d'Argenson^, sans aucune satisfaction pour moi.
Je ne demeurai pas longtemps sans en avoir l'avis, et un autre moins attaché que je ne suis à son devoir, par un dépit aussi prompt que juste, auroit tout quitté pour y satisfaire. Mais, ayant pris un parti plus conforme à mon honneur, j'attendis le premier et lui remis toute l'autorité que j'avois entre les mains, pouvant dire sans vanité qu'il en eut besoin pour être mieux reconnu, tant je m'étois acquis de crédit parmi les Catalans. Ensuite de quoi, prenant le chemin de la cour, je laissai la province aussi libre, paisible et peutêtre plus assurée pour le roi qu'elle n'est aujourd'hui^. Et si, avec si peu de gens et tant d'abandonnement, j'ai eu la fortune de la tirer du mauvais état que je viens de représenter, je laisse juger aux personnes désintéressées de ce que j'aurois pu faire si on m'eût confié les forces qu'on y a depuis employées, je ne dirai pas seulement sans fruit, mais si malheureusement.
1. Philippe de la Motte-HoiidancourL (1G05-1G57) entra au service en 1G22 et devint maréchal de camp en 1G37. Il fut nommé commandant en chef de l'expédition de Catalogne en 1641, grâce à l'appui de son cousin Sublet de Noyers, qui avait alors la confiance de Richelieu. D'abord heureux dans ses entreprises, il devint maréchal de France, duc de Cardone et vice-roi de (ktalogne; puis, battu devant Lérida, il fut disgracié on 16i4 et enfermé à Pierre-Encise. Il en sortit en 1648 et devint une seconde fois vice-roi de Catalogne en 1651.
2. René de Voyer, seigneur d'Argenson (1596-1651), conseiller d'Etat. Son fils, égaicMnent nomme René, fut ambassadeur à Venise de 1651 à 1655. Du Plessis-Besanron succéda à ce dernier dans l'ambassade de Venise.