‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 28 sur 146 · Cette première partie des Mémoires fut écrite en · texte numérisé non relu

Cette première partie des Mémoires fut écrite en

A mon arrivée, je fus autant bien reçu de Sa Majesté que je le pouvois désirer, et, pour ce qui est de M. le cardinal de Richelieu, j'appris de M. l'évêque de Rennes^ que son intention fut d'abord de me renvoyer content en Catalogne, et de me faire donner une gratification capable de m'y soutenir dans une plus haute charge. Mais ceux-là mêmes ^ qui avoient fait nommer son frère, et par les mêmes raisons, en empêchèrent l'effet, jugeant que, pour lui faire acquérir la réputation et la fortune qu'ils désiroient, il ne falloit pas laisser en Catalogne un homme si accrédité que j'étois, et qui eût acquis tant d'estime que j'en avois auprès des Catalans. Ce qui justifie bien évidemment que le bonheur même est quelquefois préjudiciable aux malheureux quand ils en ont au-delà de ce qu'on désire, et que, par un certain effort de vertu, s'élevant au-dessus de leur sphère, ils font plus qu'on devoit attendre d'eux.

Enfin, pour terminer ce petit abrégé de mon histoire de Catalogne, je demande s'il fut juste qu'après avoir tant de fois exposé ma vie à toutes sortes de périls, et donné si souvent la gêne à mon esprit pour en tirer des raisons et des moyens capables de produire des effets si considérables, contre le sens et l'opinion de ceux qui étoient obligés de les désirer, avec une fermeté qui a si peu d'exemples, et par des actions et des services qui n'ont jamais été laissés si injustement qu'à mon égard sans récompense d'honneur et de fortune, je demande, dis-je, s'il est juste

\. Henri de la Motte-IIoudancourt, uommé évèqiie de Rennes en août 1640.

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