‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 36 sur 146 · Marche-en-Famène, potito ville ilu Luxembourg belge · texte numérisé non relu

Marche-en-Famène, potito ville ilu Luxembourg belge

J644j MÉMOIRES DE DU PLESSIS-BESÂNÇON. 49

France , et obtenir certaines choses dont il vouloit être assuré par son accommodement.

En réalité, il avoit repassé la Meuse avec toutes ses troupes qui composoient un corps de quatre à cinq mille bons hommes effectifs. De sorte que le plein pouvoir et les autres pièces qui m'avoient été confiées pour venir de la dernière conclusion à l'exécution du traité se trouvèrent sans effet par son éloignement. Néanmoins, nous en tirâmes cet avantage que, l'ayant tenu la plupart de la campagne inutile, il ne se rejoignit à l'armée de Flandre qu'après la prise de Gravelines, au lieu que l'événement du siège eût été douteux s'il y fût arrivé un mois plus tôt. En quoi je n'avois pas mal contribué au dessein de M. le cardinal Mazarin, qui s'étoit proposé cette alternative de ma négociation, si je ne pouvois venir à bout du reste par l'instabilité d'un esprit qui a si peu de fixe, et auquel je prédis dès lors, de la part de Son Éminence, le malheur où il se trouve maintenant^.

A la fin de l'été de la même année, sur le parti qu'on offroit à M. de Mello de retourner en Espagne ou de demeurer dans le commandement où il étoit, ayant pris celui de se retirer et devant traverser la France avec passeport, comme c'étoit un personnage de haute condition, tant par sa naissance que par ses grands emplois, et qu'on vouloit le faire accompagner et lui

1 . Charles de Lorraine, arrêté à Bruxelles, le 26 février 1654, par ordre du roi d'Espagne, se trouvait en prison à Tolède au moment où du Plessis-Besanoon écrivait ces lignes. Sa captivité dura jusqu'en 1659. On trouve, dans le Mercurin di Vitloriu Siri (t. IV, 1655), un récit en italien des négociations de du Plessis-Bosancon avec le duc do Lorraine pendant l'année 1644.

rendre beaucoup d'honneurs, Son Éminence me choisit pour cela S avec d'autant plus de raison qu'ayant traité déjà deux fois avec lui en Flandre je pourrois servir plus utilement en cette occurrence et lui être plus agréable qu'un autre. Je le reçus donc a Péronne et ne m'en séparai qu'auprès de Bordeaux, où M. de Tessein me vint relever; outre le compte que je rendis en gros à Son Éminence d'une conversation sérieuse de près d'un mois que j'avois eue seul à seul avec ce ministre dans son carrosse, je lui remis à mon retour une relation substantielle des choses les plus importantes qu'il m'a voit confiées^'. M. le cardinal me témoigna d'en faire cas, étant vrai d'ailleurs que les matières qu'elle contenoit étoient de telle conséquence et déduites de telle sorte qu'elle pouvoit bien m'attirer son approbation.

Durant ce voyage, les députés ambassadeurs de Catalogne vinrent à Fontainebleau demander un autre vice-roi que le maréchal de la Mothe à cause de la déroute et perte de Lérida et de la levée des sièges de Tarragone et d'Agramont^, qui laissoient la province en péril. Les Catalans, fort mal satisfaits s'il n'y étoit promptement remédié, ajoutèrent à leur demande celle de m'y renvoyer '^ au plus tôt pour contenir toutes

1. La commission donnée à co sujet à du Plessis-Besanron est datée de Fontainebleau, le 0 octobre 1644. (AlTaires étrangères, Espagne, supplément, IV.)

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