Voir cette relation ci-après, à l'appendice
3. Agramunt, petite ville située en Catalogne, dans la plaine d'Urgel.
4. Par des lettres en date des 28 octobre, 1"? novembre et 21 décembre 1044, le docteur Joseph Montaner, conseiller en cap de la ville de Barcelone, et don Joseph de Margarit, l'un des princi-
choses en état, en attendant l'arrivée de M. le comte d'Harcourt, que SonÉminence avoit fait nommer pour vice-roi et capitaine général à la place de l'autre, se ressouvenant des premiers services qu'ils m'y avoient vu rendre si heureusement durant les années 1640 et 1 641 , lorsque tous les François s'en retiroient avec autant de honte pour notre nation que de bonne fortune et d'honneur pour moi.
Pour cet effet, on me fit partir dès la fin de décembre de la même année 1 644, et, pour m'y faire aller avec plus de satisfaction, Son Éminence me fit auparavant donner par la reine, à titre de récompense, une gratification de huit mille écus pour aider à l'achat du gouvernement d'Auxonne, qui m'en coûta près de vingt-cinq d'une façon ou d'autre. De sorte qu'en ayant reçu les provisions et prêté le serment j'en allai prendre possession, chemin faisant, outre l'assurance qu'on me feroit servir de maréchal de camp la campagne ensuivante, ainsi qu'il arriva. En quoi j'aurois eu sujet de contentement si l'on ne m'en eût point fait passer en même temps deux autres devant, que je devois précéder par toutes sortes de considérations et de justice.
1645. — Enfin M. le comte d'Harcourt arriva en Catalogne vers le commencement de mars 1645, où il trouva toutes choses dans l'assiette qui étoit à désirer par les soins que je pris et la confiance que ces peuples avoient en ma personne et à la manière dont
paux chefs de l'insurrection catalane, firent appel aux services de du Plessis- Besançon. (Aflaires étrangères, Espagne, supplément, IV.)
je leur avois parlé souvent dans les assemblées de la députation et du conseil de cent^ ; ce qui avoit assez paru à la réception que j'en reçus partout à mon passage, notamment à Barcelone, où presque tout ce qu'il y avoit d'honnêtes gens sortit pour venir à ma rencontre. J'envoyai ensuite à Son Éminence un plan général de la disposition des esprits dans tous les ordres et un projet de ce qu'il y avoit à faire pour la guerre tant offensive que défensive.
Je ne dirai point ici les services particuliers que je rendis pendant cette mémorable campagne, une des plus glorieuses pour la Franco et des plus funestes à l'Espagne qu'on ait vues de toute cette guerre, parce que l'histoire du temps en est pleine et qu'il est difficile aux gens du grand monde d'ignorer ce qui s'y fit : un passage de rivière-, surpris d'une manière extraordinaire sur un pont de cordes (après avoir été manqué par tous mes camarades^) et soutenu durant huit jours avec une poignée de gens contre une armée entière qui n'en étoit (|u'à un jet de pierres, où j'avois l'honneur du principal commandement, quoique, pensant faire plaisir à M. le cardinal, on y ait voulu donner plus de part à d'autres qu'à moi (jui en fus l'exécuteur, après en avoir proposé l'invention et l'entreprise^ ; une bataille gagnée ensuite où je ne fus pas
1. Ce conseil était on quoique sorto le conseil municipal de Barcelone. Il était composé do cent membres, pris pour la plupart dans le tiers état de la ville.