Archives de la guerre, volume
xiv NOTICE BIOGRAPHIQUE.
d'après une chanson qui courait à la louange du cabaret et dont la reprise était : « Mais parce qu'au tac du couteau, « on a tout ce que Ton demande » :
Gaston, qui savez mieux que nous Tous les secrets de la taverne, De cetuy-cy, souvenez vous, Ou bien craignez qu'on ne vous berne.
Ma foi ! ne faites pas le veau ; Frappez si fort qu'on vous entende, Puisqu'au seul tac tac du couteau On a tout ce que l'on demande.
Tout en cultivant l'amitié de Monsieur, Besançon n'eut garde d'abandonner les emplois lucratifs qu'il occupait. Au commencement de l'année 1629, nous le retrouvons dans le Comtat-Yenaissin commissaire général de l'armée du duc de Guise. Ce séjour dans le Midi fut signalé par de gros incidents. Le maréchal d'Estrées, qui ramenait contre les protestants du Languedoc des troupes qu'il avait commandées en Provence, eut affaire à Besançon pour la subsistance de ses soldats. Durant le mois de février 1629, ils échangèrent ensemble, à ce sujet, une correspondance assez vive*. Puis, les propos s'envenimèrent et, sur la plainte du maréchal, un ordre d'arrêter Besançon fut envoyé de la cour (7 avril 1629). Cette pièce était signée de Chàteauneuf et de Bullion^ Le 7 juillet, les maréchaux de Bassompierre et de Schomberg condamnèrent le coupable à avoir la tête tranchée ^ Grâce aux protections dont il disposait et peut-être aussi par suite de l'heureuse intervention de son cousin Bullion, celui-là même qui avait apposé sa signature au bas de l'ordre d'arrestation, Besançon vit sa peine commuée et fut enfermé au Fort-Lévêque. Redevenu libre, après une courte captivité,
i. Correspondance du maréchal d'Estrées. BibUothèque nationale, manuscrits, fonds français, 4067.