Du Plessis-Besançon au prince de Condé
Barcelone, le 27 janvier 1641.
Je m'assure que la différence des nouvelles que, de temps en temps, j'ai envoyées à la cour y aura aussi causé des mouvements et des pensées bien différentes; mais, après la dernière de la déclaration que le principat a faite de Sa Majesté pour son roi et celle-ci des combats que nous avons soutenus avec grande perte de leur part, quinze drapeaux pris sur eux et quasi point de perte de notre côté, j'estime que le présent que les Catalans ont fait an
roi sera bien reçu et que ma petite négociation et la fermeté dont nous avons soutenu les choses, sans aucun avis ni secours de France par mer ni par terre, ne passera pas pour un service indiffèrent, surtout étant appuyé de Votre Altesse. J'estime qu'il faudra dans peu que je fasse un voyage à la cour, mais ce ne sera
point sans avoir vu toutes choses bien assurées auparavant Je
vous confirme avec certitude la nouvelle du Portugal, dont il y aura un ambassadeur à Marseille dans trois jours. Il part d'ici présentement; je lai vu, lui ai parlé longtemps, ai su les motifs de som maître et vu la créance pour ce principat, près duquel il n'a qualité que de commissaire : jugez en quel état sont les affaires du roi d'Espagne. Nous venons d'avoir nouvelle assurée que le duc de Saint- Georges est mort de ses blessures et de grandes apparences que les ennemis se veulent retirer s'ils peuvent.
(Original. Archives des Condé, série M, XXII, 56.)