‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 77 sur 146 · Du Plcssis- Besançon au duc iVAnguien · texte numérisé non relu

Du Plcssis- Besançon au duc iVAnguien

Metz, lo 27 juin 164'i.

Après une marche de onze jours, j'arrive en cette ville; celle qu'a faite M. le duc Charles de Worms à Guémine, où je l'ai vu, est cause d'un si long voyage. Il est maintenant à Girères^ sur la Moselle, qui est le quartier général, presque au milieu de toutes ses troupes, logées de façon qu'il les peut mettre ensemhle en douze heures Cependant, je vous dirai en peu de mots la substance du succès de ma négociation. Votre Altesse saura donc que je m'en retourne assez satisfait, ayant conclu et arrêté avec lui toutes les choses dont j'étois chargé, conformément à mes instructions que vous avez vues, et même plus avantageusement pour le roi, à la réserve de trois points, dont les deux, encore qu'ils soient fort de son sentiment, ne sont ni essentiels ni importants à notre égard, et le troisième, qui regarde la forme et la durée de la pension de madame sa femme, qui est à Paris, se peut à mon avis assez facilement accommoder. Néanmoins, comme il veut conclure entièrement et ne laisser rien à éclaircir en signant le traité, je m'en retourne avec tous les autres articles paraphés de sa main, même deux petites additions d'articles secrets sur le sujet du traitement de ses troupes et de sa personne et de son engagement avec la France envers tous et contre tous, ensemble pour ce qui regarde les chefs qui demeurent au choix du roi dans le traité général, que je rends absolus et sans condition par une espèce de déclaration secrète; cependant, afin qu'il ne se perde point de temps en allées et venues, il envoie avec moi à la cour un de ses maîtres des requêtes nommé Thomas et un autre appelé Fournier, qui a été un de ses conseillers et secrétaire d'État, retiré depuis (luehjue temps en Suisse, mais à présent auprès de lui; ils portent une lettre de sa main au marquis de Mouy, qui a pouvoir dudit sieur duc pour signer, laquelle il m'a fait voir, par où il lui donne avis de tout ce qu'il a résolu avec moi, le pressant de conclure et signer aussitôt (ju'il aura fait les remontrances dont il le charge sur les points qui le blessent et qu'ils auront été ajustés, lui envoyant dans la même lettre une marque semblable à celle dont il a paraphé tout ce que j'ai arrêté avec lui.

Par là, vous voyez (|ue je n'ai pas fait trop mauvais voyage et

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