‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 105 sur 315 · SE SAISIR DES AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

SE SAISIR DES AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES

pas, que le Roi ne le connoissoît comme point, parce qu'il ne venoit presque jamais à Paris, et encore pour des moments, et qu'il fallut le porter à Paris sans aucune part?i;ipation du P. de la Chaise.

On ne put même Ty bombarder* à Tinsu du confesseur, parce qu'il fallut forcer ce prélat, qui non-seulement fit toute la résistance qui lui fut possible, mais qui affecta de se rendre suspect du côté de la doctrine. Il avoit d'abord été nommé à Tévêché de Cahors. Quelques mois après il fut transféré à Châlons. La proximité ni la dignité de ce siège, dont Tévêque est comte et pair de France, ne purent le résoudre à quitter Tépouse à laquelle il avoit été destiné par son sacre, quoique il ne pût encore l'avoir connue; il fallut un commandement exprès du Pape pour l'y obliger.

Il brilla à Châlons avec les mœurs d'un ange, par une résidence continuelle, une sollicitude pastorale douce, appliquée, instructive, pleine des plus grands exemples, et une désoccupation totale de tout ce qui n'étoit point de son ministère. Le crédit de sa famille armée d'une si grande réputation l'emporta sur les voies ordinaires. Il réussit à Paris comme il avoit fait à Châlons, sans être ébloui d'un si grand théâtre; il plut extrêmement au Roi et à M"* de Maintenon, et pour achever ce qui le regarde ici personnellement, il ne parut ni neuf ni embarrassé aux affaires, et il fit admirer ses lumières, son savoir, et ce qui est fort rare en même temps sa modestie et une magnificence convenable, aux assemblées du clergé où il présida au gré du clergé et de la cour. Enfin il fut cardinal en 1700 avec la même répugnance qu'il avoit eue à changer de sièges.

Tant de vertus reçurent à la fin la récompense que le monde leur donne, beaucoup de croix et de tribulations qu'il porta avec courage, et pour le bien de l'Église avec trop de douceur, d'équahimité, de crainte de se retrouver

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