‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 106 sur 315 · Voyez tome I, p. 19, et tome X, p · texte numérisé non relu

Voyez tome I, p. 19, et tome X, p

140 CARDIiNAL DE NOAILLES.

soi-même, de ménagement et de charité pour ceux qui en surent étrangement profiter, et qui ont achevé de Fépurer et de le sanctifier, sans avoir pu ébranler son âme, ni la pureté de ses intentions et de sa doctrine. Car pour ses dernières années, la tête n*y étoit plus; elle avoit succombé sous le poids des années, des travaux, de la persécution. J'en ai été le témoin oculaire, et si Dieu m'en accorde le temps, je ne le laisserai pas ignorer à la fin de ces Mémoires, quoique cet événement outre-passe les bornes que je m'y suis proposées.

On ne répétera pas ce qu'on a vu pp. 776, et 883, 4 et 5*, sur Godet, évêque de Chartres, ni même sur Bissy, depuis cardinal. On se contentera de faire souvenir ici que la Chétardie, dont on a parlé au long aux mêmes dernières pages, et Bissy alors, n'étoient pas à portée du Roi, et que Godet, qui n'avoit point d'occasion ordinaire d'approcher du Roi, ne pouvoit que s'y présenter de front et à découvert bien rarement, sur chose préparée par M"' de Maintenon. Mais il n'y pouvoit revenir souvent, ni être à portée de ces puissants moyens d'insinuation qui opèrent tout avec de la suite par des conversations fréquentes sans objet apparent. Le P. de la Chaise les avoit tous, et se gardoit fort d'être emblé', ni même écorné* par l'évêque de Chartres, qui lui en donnoit pourtant quelquefois, et dont chaque écorne * le réveilloit et le rendoit plus attentif.

Un archevêque de Paris, avec la grâce du choix tout frais et de la nouveauté, porté par sa réputation, par une famille si établie, et par tout l'art de M"* de Maintenon qui tout d'abord comme son ouvrage l'avoit pris en grand goût, étoit un instrument bien plus à la main avec un jour d'audience du Roi réglé par semaine, et toujours matière à la fournir, et même à la redoubler quand il en

1. Page 236 de notre tome VI, et pages iti et suivantes de notre tome VIL

2. Voyez tome I, p. 46 et note 1, et tome II, p. 245 et note 1 .

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