OBSÈQUES DU ROI
solennellement reconnue pour telle qu'elle est par ces tristes découvertes, ne sauroit plus faire d'illusion à personne.
A regard de ces obsèques du Roi, M. le duc d'Orléans, ne se soucioit d'aucun ordre ni d'aucune règle. On ne fut pas longtemps à s'apercevoir qu'il avoit mis sa polit ique^ tant en choses générales qu'en particulières de toute espèce, à faire naître des disputes; et bientôt ce mot favori lui échappa comme un axiome admirable dans la pratique : Dlvide et régna. Il laissa donc faire la pompe funèbre comme on voulut : Dreux en fut le maître et il y signala toutes ses bonnes qualités.
Les ducs d'Uzès, de Luynes et de Brissac furent nommés pour porter la couronne, le sceptre et la main de justice, comme les plus anciens à pouvoir faire cette fonction ► Ils étoient dans les hautes chaires, du même côté que les trois princes du deuil, dont M. le duc d'Orléans étoit le premier ; et tout de suite après eux, une stalle vide entre le dernier de ces trois princes et le duc d'Uzès, par conséquent au-dessus de toutes les cours supérieures, et ils^ avoient aussi leurs carreaux.
La cérémonie commencée, Dreux s'élant approché au bas de la stalle de M. le duc d'Orléans, pour en recevoir quelque ordre, M. d'Uzès s'avança par devant lea deux autres princes du deuil, et dit à Dreux qu'il le prioit de se souvenir que les trois ducs dévoient être saluésavant le Parlement. Dreux répondit net et court qu'il n'en feroit rien. 11 étoit fils de ce conseiller de la grand'chambre qu'on a vu qui avoit fait la lecture du testament du Roi en la séance du Parlement pour la régence. Ainsi son fils n'avoit garde de n'être pa& pour le Parlement, où la charge de son père étoit, avant la sienne, le premier décrassement de sa bassesse. M. d'Uzès se contenta de lui demander par quelle raison. « Parce que cela ne se doit pas, » répondit insolemment et faussement ce menteur, car ses propres registres, que j'ai, portent que les ducs furent sans difficulté salués