À SAINT-DENIS
avant le Parlement aux obsèques de Louis XIIÏ, de Henri IV, etc. l.eur dignité le comporte, les symboles de la royauté portés entre leurs mains Fexigent, leur séance actuelle au-dessus du Parlement le prouve avec évidence. M. d'Uzès insista; Dreux brutalisa toujours, insista contre son su sur ses registres.
Ce n'étoit pas là le moment de les voir ; il fut cru sur la plus que périlleuse parole par M. le duc d'Orléans, qui étoit entre eux comme en tiers, et qui n'entra que foiblement dans ce laconique pourparler. Il ne se soucioit pas des règles ni des dignités ; il vouloit ménagerie Parlement surtout dans ces commencements; il n'étoit pas fâché de laisser naître une querelle de plus.
M. d'Uzès déclara très-mal à propos à Dreux que les ducs ne lui rendroient point le salut, s'ils ne le recevoient de lui, qu'après l'avoir fait au Parlement. 11 falloit le lui refuser'*sans l'en avertir. Dreux répondit avec impudence qu'il ne saluoit point qui ne le saluoit pas, et bien averti par la sottise de M. d'Uzès, salua le Parlement et ne salua point les ducs. Ils protestèrent au sortir de là sur tout ce qui s'étoit passé, et il n'en fut autre chose.
On verra bientôt combien peu le Régent eut lieu de s'applaudir de ses égards, c'est trop peu dire de son respect et de sa frayeur du Parlement, qui non-seulement lui disputa toutes choses, mais jusqu'au rang personnel, qu'il força le Régent, de malepeur, à lui abandonner. Je ne fais ici que cette remarque simple, le fait sera expliqué en son temps.
Je n'avoîs senti que sa mollesse à la mort du Roi, tant sur ce qui le regardoit si personnellement, et qui a été expliqué alors, que sur ce qu'il me devoit de justice sur l'inouïe scélératesse du duc de Noailles à mon égard. Aussi voulus-je faire retraite, et je me tins chez moi sans en sortir. M. le duc d'Orléans en fut en peine, et sans vouloir mieux faire, ne voulut pas me laisser dépiter. Il m'envoya coup sur coup l'abbé du Bois me con- Saint-Simon XII. 21