CHEVERNY GOUVERNEUR DU DUC DE CHARTRES
blesse de se laisser entraîner aux propos du maréchal de Villeroy, et de faire payer Desmarets de ce don à mille pistoles par mois.
Ce prince choisit Cheverny pour gouverneur de Monsieur son fils. Il étoit homme de qualité et fort capable de faire quelque chose de bon d'un pupille qui lui auroit été sérieusement remis. Mais il avoil depuis longtemps de Court, dont le nom n'étoit point faux, et qui de plus étoit un pédant achevé. Son frère avoit toujours été au duc du Maine, et y étoit mort. C'en étoit assez pour avoir toute la confiance de M"* la duchesse d'Orléans, qui n'avoit d'yeux que pour ses frères, et qui de préférence à tout vouloit inculquer à son fils sa manie là-dessus. Ainsi Cheverny ne fut mis que ad honores, ravi de n'en avoir ni les soins ni la peine, et qui laissa faire de Court sans se mêler de rien. M. le duc d'Orléans, partie connoissance de ce qu'il avoit à espérer de Monsieur son fils, partie négligence, laissa faire. M"* la duchesse d'Orléans réussit à la vérité parfaitement à coififer son fils de la bâtardise. Du reste on volt comment cette éducation a réussi.
Le Roi sortit pour la première fois des Tuileries pour aller au Palais-Royal voir Madame, M. et M"* la duchesse d'Orléans. Quelque temps après, il sortit pour la seconde fois, et alla voir M"* la duchesse de Berry au Luxembourg. Les prétentions et l'indécision firent ôter le strapontin * de son carrosse pour n'y laisser que les deux fonds. Le Roi étoit étouffé au derrière par M"* de Ventadour et le duc du Maine. Au devant ses deux fils et M"* de Villefort, sous-gouvernante; c'est-à-dire toutes personnes sans droit aucun d'y être, excepté la duchesse de Ventadour. J'ai expliqué ailleurs les deux règles des places du carrosse, celle de droit et celle de nécessité, mais la confusion sur tout étoit uniquement en règne, et s'y établît de plus en plus.
i. Saint-Simon a écrit Pestrapont'm*