‹ Mémoires de famille, l'honorable C.-E. Casgrain [microforme]Chapitre 11 sur 45 · LEUR 64 MÉMOIRES DE FAMILLE · texte numérisé non relu

LEUR 64 MÉMOIRES DE FAMILLE

Mais ce qui contribua surtout à le dégoûter | {il de la politique, ce furent les difficultés qu'il vit naître à cette époque entre le Canada et la Grande-Bretagne. Loval sujet de l'Angleterre, il voulut être fidèle à son roi; mais il lui en coûtait beaucoup d'être obligé de se déclarer contre des noms aussi connus que ceux des Bourdage. des Papineau et autres ; il le fit pour- Le. tant. et vota contre les 92 résolutions. Conser- :

vateur modéré, il Sefforça de montrer, dans “4 toutes les occasions, que soumis à l'autorité 4 établie, qu'il avait acceptée franchement en 4

entrant au parlement canadien, il devait plutôt ve LA A

chercher l'intérêt de notre pays dans les moyens

de conciliation que dans les mesures de violence.

C'est pourquoi, regrettant les difficultés que

M. Papineau et ses amis avaient fait naître

dans notre législature, au sujet de eertains griefs 1 dont nous avions raison de nous plaindre, mais ; qui auraient pu être redressés aussi bien, si les moyens employés eussent été mieux calculés et moins fougueux de leur nature ; témoin ensuite des tristes résultats que ces difficultés avaient E

produits dans le district de Montréal, il essaya à d'en paralvser les effets dans les comtés situés : en bas de Québec. Nous verrons plus tard que 4

ce fut lui qui fut le principal moteur de la démonstration amicale que toutes les paroisses du bas du fleuve firent en 18357 et 18358 aux

MÉMOIRES DE FAMILLE 63 troupes anglaises, lors de leur passage d'Halifax à Québec.

Les dégoûts que M. Casgrain rencontra dans sa courte carrière politique ne l’empêchèrent pas de veiller avec soin aux intérêts de son comté. A cette époque, la misère était extrême dans tout le district de Québec : on proposa en chambre une mesure pour obtenir du gouvernement une allocation afin de soulager les pauvres de cette localité. Comme vous pouvez le penser, mes chers enfants, votre père saisit avec avidité cette occasion de déployer son ardente charité. Mais aurait-il pu agir autrement, lui qui dans ses lettres me recommandait à chaque instant de prendre soin des pauvres ; lui qui m'écrivait à cette époque même : “* Les * détails navrants que Charles Têtu me donne “ de la détresse de nos pauvres, me déchirent “ le cœur; je considèrerais comme un grand ‘# malheur si quelqu'un d'eux mourait.” Lui qui plus tard encore, au milieu d'affaires épineuses qui absorbaient tout son temps, ajoutait ce post scriptun, au bas de l’une de ses lettres : “ Aie soin de nos pauvres ; fais quelque chose “ de plus que d'ordinaire pour moi, car je ne “ vis que pour les affaires actuellement, je ne fais aucume bonne œuvre.” Non, certes; aussi réussit-il quoique difficilement à obtenir, de

66 MÉMOIRES DE FAMILLE concert avec M. Amable Dionne, son collègue, pour les pauvres du comté de Kamouraska, la somme de Æ512, dont Æ£187 pour la seule paroisse de la Rivière-Ouelle.

Parmi d'autres mesures qu’il n’est pas nécessaire de rapporter ici, et qui n’ont qu'un intérêt local, je dois mentionner l'acte d’incorporation du collège de Sainte-Anne qu'il fit sanctionner par la législature en 1832.

Comme le parlement finissait en 1834, votre père quitta la vie politique. Ce fut pour lui une véritable sortie d'Egypte, et même quelque chose de plus; car les Israélites en regrettèrent les oignons ; mais quant à votre père, je puis vous assurer qu'il ne regretta jamais rien de toutes les sessions parlementaires ; mais qu'au contraire, il conserva toujours une aversion marquée pour tout ce qui y avait rapport.

Puisque j'écris pour votre instruction, je veux vous citer un passage d’une lettre que le père de Ravignan écrivait à sa sœur, qui tout en s'appliquant particulièrement à la situation où se trouvait votre père, sera pour vous-mêmes, mes chers enfants, une utile leçon. Voici ce passage dont la pensée première s'est souvent offerte à mon esprit, mais que je n'ai jamais vue si bien formulée :

“ Ne regrettons pas l'habitation des villes, et les avantages d'une brillante fortune ; une

# aisance honnête, la vie de la campagne, un “cal "

1" entourage de bons paysans, la société de quel- 15 E . .

je ques amis et parents chrétiens, des occupations D.

utiles et réglées, et la pratique de la religion : tout cela ne constitue-t-il pas suffisamment le bonheur et même le seul bonheur sur la terre, si surtout nous savons descendre au fond de notre cœur, et là nous entretenir seul à seul avec Dieu, dans le silence, et quelquefois aussi nous nourrir de pieuses et solides lectures, En résumé, la campagne avec le sentiment relivieux, une famille, quelques amis et le pain de tous les jours, c'est ce que le monde offre de meilleur ; le reste n'est que tourment d'esprit, mirages perfides, vains bruits, ombre plus vaine ne | encore *, ”

O mes chers enfants ! votre père l'avait bien apprécié ce bonheur que procure l'honnête aisance, embaumée du parfum des pratiques de notre sainte religion, lorsqu'il m'écrivait :

$ “ Elève vers le Ciel, avec moi, des sentisu ments de reconnaissance pour les bienfaits et les jouissances qu'il nous procure ; et, quoique L notre vie soit semée de petits chagrins et con- R ‘ tretemps que Dieu nous ménage dans sa miséri- " n. corde, quels sont ceux plus heureux que nous ‘4 et qui doivent plus à lu divine Providence. Si

e 5 * Lettre du 22 avril 1827 à Mme de Roll.

nous sommes particulièrement favorisés, nous devons être particulièrement reconnaissants. 4 Rendons-nous dignes des bontés de Dieu et à prionsle de continuer de répandre ses béndictions sur nous, sur nos chers enfants, et sur notre famille en général, ”

Belle prière, qui a été entendue du haut du ciel et qui déjà a produit ses fruits pour un bon nonibre d'entre vous !

Le cours de politique constitutionnelle que votre père a suivi pendant les quatre années qu'il fut au parlement, cours bien trop long à son avis, m'a fait passer par-dessus certains événements que je dois relater.

Le 16 de décembre 1831 naquit votre frère Raymond.

Dans l’année 1832, si remarquable par la première apparition du choléra qui décima la population de nos villes eut lieu, le 22 mai, le mariage de mon beau-frère, M. Olivier-Eugène Casgrain, seigneur de Notre - Dame - de - Bon- Secours de l’Islet, âgé de 20 ans, avec Mlle Hortense Dionne, âgée de 15 ans, fille de l’hono- ‘able Amable Dionne. Ils passèrent une année avec nous, et leur fils aîné Eugène naquit ici à la Rivière-Ouelle le 23 février 183%. A la même époque, j'appris la triste nouvelle de la mort de mon père, Jacques Baby, arrivée à 4 Toronto le 19 février 1835. F

Séparée de lui dès le bas âge, et ne le voyant qu'à de rares intervalles, je n'avais pas avec lui cette familiarité qu'ont les enfants élevés auprès de leurs parents, ce qui cependant ne diminuait en rien mon amour filial. On me taxerait d'exagération, si je retraçais ses belles qualités telles qu'elles n'apparaissent. Mais ce tableau venant d'une main étrangère, d'un de ses amis M. Ntrachan, évêque anglican de Toronto, le fera connaitre tel qu'il était. Je renvoie à la fin de ce volume la notice qu'il en a écrite.

Une nouvelle naissance vint signaler l'année 155. Le S de septembre naquit votre sœur cadette Suzanne. Douée de beaucoup de jugement, elle était aussi remarquable par ses qualités utiles et agréables dans le commerce de la vie que par sa piété exemplaire et ses autres vertus. Elle joignait à un esprit d'ordre, beaucoup d'adresse et de dextérité pour lesouvrages de notre sexe; avec cela elle était d'un caractère doux et obligeant, et d'une exquise sensibilité.

Mariée Le 25 juillet IS61, à Charles-Alphonse- Pantaléon Pelletier, avocat, ils jouissaient tous deux d'un bonheur parfait. Hélas! I ne fut que d'une courte durée. Elle nous fut enlevée le 12 juin de l’année suivante, à la suite de la naissance de son premier enfant qu'elle m'a

légué en mourant, et dont j'ai pris soin depuis cette époque. C’est le petit Oscar. Elle repose dans Je cimetière de la Rivière-Ouelle, où son mari qui s’est montré le modèle des époux, lui a fait élever le petit mausolée que vous v voyez.

En 1834 le choléra qui sévissait au Canada pour la seconde fois, nous enleva Mme Johnston, née Marguerite Casgrain, l'unique sœur de votre grand-père. Veuve, ayant perdu tous ses enfants, elle vint se retirer avec nous durant l'année 1829, et votre père eut toujours pour elle Les plus grands égards. Aussi bonne qu'elle était laide, et ce n’était pas peu dire, elle s'était faite l’amie de tous les enfants, les rassemblait autour d’elle le soir, dans les longues veillées d'automne et d'hiver, et se plaisait à leur répéter des contes qu’elle narrait si bien qu’à l'entendre sans la voir, on eût cru qu’elle les lisait dans un livre. Les aînés d’entre vous se ‘appellent encore avec plaisir son affabilité, et les instants heureux qu'elle a procurés à leur enfance, Quand elle mourut, elle était âgée de près de 72 ans.

Le 51 juillet 1835 vit naître votre sœur Julie, * la favorite d’un vieux serviteur, qui

* Maintenant sœur de charité à l'Hôpital-Général des Sœurs-Grises à Montréal, où elle entra le 19 octobre IS58.

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entra dans notre famille dans le mois de décembre suivant, et dont je vais raconter l'histoire.

L'automne de 1855 fut fécond en naufrages dans notre fleuve. Un navire entre autres du nom de Ændeurour fut pris au milieu des glaces entre la Rivière-Ouelle et la Rivière-du-Loup. L'équipage parvint à se sauver en sautant de glacons en glaçons, et mit pied à terre à l’endroit appelé: Pot-à-l'eau-de-vie, près l'Isle-aux- Lièvres.

C'était dans les premiers jours de décembre ; il faisait un froid intense. Les naufragés firent un grand feu sur le rivage, autant pour se chauffer que pour donner signal de leur triste position aux habitants de la côte du Sud. Un brave cultivateur, nommé Charles Pelletier, avec un courage au-dessus de tout éloge, entreprit d'aller à leur secours. Il partit en chaloupe le 8 de décembre, avec quelques autres hommes, et réussit à ramener les naufragés sur la terre ferme. Cette action héroïque lui valut une médaille d’or de la part du bureau de commerce de Québec, et il fut toujours connu depuis sous le nom de Pelletier la médaille. Dans le cours de l'automne, votre père apprenant le grand nombre de désastres qui avait eu lieu, et sachant que la plupart des naufragés devaient remonter à Québec, avait donné avis au gardien du pont de la Rivière-Ouelle, Aristobule Gagnon, de

les faire arrêter chez nous, particulièrement tous ceux d'entre eux qui ne parleraient que l'anglais, Ce fut ainsi que neuf matelots de l'équipage de l'Endearour mentionné plus haut, vinrent nous demander asile, Parmi leur nombre se trouvait un Anglais du nom de John Bowthorp, qui avait reçu une blessure affreuse à la jambe, au moment de leur descente dans l'Isle-aux-sièvres. Comme cet infortuné était

incapable de faire aucun mouvement, ses camades furent obligés de le transporter dans leurs bras de la voiture à la maison, Ils racontèrent à votre père que pendant qu'ils étaient occupés

à construire une cabane pour se mettre à l'abri du froid, John s'apprêtait à couper un arbre, lorsque le ate, armé d'une petite hache, lui dit: Take care, John, PU cut it myself, et au même instant, il voulut frapper l'arbre, mais le coup fut détourné par la rencontre d'une branche et la hache alla s'enfoncer jusqu'à los dans la jambe de linfortuné matelot, en lui faisant une entaille de plus de quatre pouces de longueur.

Le froid qu'il eut à souffrir pendant les quelques jours qu'il séjourna dans l'île, avec ses compagnons, envenima cette plaie et lui fit contracter de plus une inflammation de poumons qui le rendit gravement malade. C’est dans cet état qu'il nous arriva.

Touché de compassion, votre père me dit :

+ [lest certain que ce malheureux va mourir avant d'arriver à Québec, nous devrions le garder." Je m'empressai d'y consentir,

Depuis ce jour, votre père se constitua luimême son médecin et Île soigna avec une charité vraiment admirable, aidé des consetls du docteur Brassard. Trois fois par jour pendant plus de trois mois, il pansa sa blessure, lui ‘tant et lui appliquant les bandages de ses propres mainsavec les soins délicats d’une sœur de carité,

John avait un caractère stoïque revêtu au plus haut degré du flegme anglais. Chez lui jamais de plainte. Cependant on ne saurait croire l'impression que produisit sur Tui un pareil traitement, Sous la rude écorce du matelot anglais, il cachait un cœur sensible, et des sentiments bien au-dessus de sa position. Au témoignage de ses camarades, et suivant lexpression de lun d'eux: * He was the best sailor on board.” Natif du comté de Norfolk, en Angleterre il était parti enfant de chez ses parents ; s'était d'abord engagé dans une ferme, et plus tard à bord d'un vaisseau comme mousse, et depuis avait voyagé sur mer pendant 26 ans, durant lesquels il avait parcouru toutes les parties du monde.

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Ainsi accueilli, John conçut de l'attachement pour la maison, et dès qu'il put marcher, il essaya de se rendre utile, et montra surtout de l'aptitude comme groom. Ce que voyant votre père, il lui demanda un jour S'il n'aimerait pas à demeurer avec nous, John accepta, et n'a plus depuis quitté notre toit,

La charité que votre père déploya dans cette occasion reçut sa récompense dès ce monde, car John fut toujours pour nous un domestique fidèle, dévoué, honnête et d’une ponctualité toute militaire, Voici un trait qui montre son respect pour moi: comme il aimait beaucoup la lecture des journaux et que d'ailleurs il ne manquait pas d'une certaine instruction, j'avais souscrit, par égard pour lui, au journal anglais le Transeript ; eh bien, jamais il n'eut pris ce papier pour le lire, avant que j'en eusse brisé moi-même l'enveloppe.

Comme je l'ai dit plus haut, il affectionnait beaucoup votre sœur Julie, qu'il avait bercée. Pur les petits soins qu'elle sut lui prodiguer en grandissant, elle annonçait déjà sa vocation de sœur de charité, et lorsqu'elle quitta la maison pour toujours, il disait dans son mauvais fran-

qais: CE le meilleur poteau de la maison cé parti.

Pur une singulière coïncidence, ce bon et fidèle serviteur mourut le même jour que votre

sœur Julie prononça ses Vœux au couvent des Sœurs-Grises de Montréal, le 24 octobre ISGO *,

Encore une naissance, nous n'en sommes cependant rendus qu'à la moitié, C'est celle de votre frère Willium, arrivée le 5 avril IS57, Lei se rattache encore le souvenir d'une personne intimement liée à la famille, par l'affection qu'elle nous a montrée, et surtout à William dont elle a pris soin dès sa naissance, Je veux parler de Léocade Anctil dit Saint-Jean, entrée

* Il est triste d'avancer en âge lorsqu'on survit à ceux qu'on aime, Dans le mois de juin IS36, la mort enleva ma meilleure amie, Mine Charles Téêtu, que votre pére aimait aussi beaucoup, Je ne saurais la faire mieux connaitre, qu'en rapportant ici l'éloge publié par un ami dans un journal du temps,

# A la Rivière-Ouelle, samedi IT juin, après une maladie de quelques jours, est décédée à l'âge de 30 ans, Mme Charles Tétu. Cette dame recomimandable par son éminente piété autant que par ses vertus sociales, emporte les regrets d'un cercle nombreux de parents et d'amis, et laisse dans la déso lation un époux dont elle faisait les délices, et des enfants en bas âge, Ceux qui la connurent, ont su admirer, en elle, un assemblage heureux de qualités qui en ont fait une femme accomplie. Il serait difficile de décrire l'impression que sa mort a produite dans les esprits, surtout dans la classe des malheureux, qui perdent, en elle, une amie compatissante et généreuse, Elle conserva jusqu'à ses derniers moments, ce calme et cette résignation qui caractérisentune âme dévouée aux volontés de Celui qui a marqué la durée de nos jours. Son äme tranquille et pure comme sa vie, s'est dégagée sans ettorts de ses liens terrestres, et est allée prendre possession de la couronne d'immortalité, de cette couronne qui ne se flétrit jamais.

“Le Ciel nous l'a ravie !... un souvenir nous reste: Celui de ses vertus:

C'est Le parfum du soir, l'odeur pure et céleste De la fleur qui n'est plus.”

chez nous en IS54, et qui s'est rendne tellement utile que je l'ai toujours considérée comme

nécessaire à la bonne tenue de ma maison, Votre père disait que les parents de Léocade avaient NE su élever leurs enfants comme on Île faisait à | Lacédémone, où on leur apprenait que le devoir m. passait avant tout. Ses parents étaient des cultivateurs aisés. [ls demeuraient à deux lieues et ‘À

demie de l'église, car, en ce temps-là, la Rivière- #

| Ouelle comprenait une partie de Saint-Denis, | de Naint-Pacôme et de Mont-Carmel, Ce fut A pour s'apprecher de léglise que Léocade est Ne venue chez nous. Je n'en dirai pas plus, mes enfants, vous la connaissez tous; vous savez qu'elle est de beaucoup au-dessus de la position à laquelle elle à voulu Sassujettir; qu'elle est ÿ pour ainsi dire, l'expression même de lordre et

de l'économie ; que, sanselle, je puis le dire, je

ne sais pas comment il n'eût été possible de

soutenir conveniblement l'état de ma maison.

En un mot, telle à toujours été sa supériorité.

qu'elle a su sattirer notre respect sincère et

l'estime générale de la paroisse, Telle était la Ê

confiance que votre père renosait en elle, qu'il disait que si Léocrde devenait incapable de marcher, il la ferait asseoir dans un fauteuil, dans la cuisine, où sa présence seule maintiendrait le bon ordre, J'espère done que vous con-

tinuerez d'avoir pour elle les mêmes sentiments,

car maintenant, quoiqu'il arrive, elle ne saurait faire autrement que de les mériter toujours,

Un voyage que je lis à cette époque à Nuint- Thomas, où allais, accompagnée de Léocade, comme bonne de mon bébé Willium, afin de dire adieu à ma tante Cannon qui partait pour le Haut-Canada, me fournit jet locersion de paver à cette dernière un tribut de reconnais sance,

Comme je dois beaucoup à li mémoire de ma tante Cannon pour Ia tendresse qu'elle n'a toujours témoignée et pour les soins qu'elle à prodigués à mes jeunesannées, ilnr'est doux et agréable d'acquittercette dette de gratitude et de transmettre son nom à votre souvenir, Cette sœur de mon père avait épousé le major Ross- Lewin qui était Le roi des hommes pour la bonté.

J'étais âgée de sept ans, lorsque mon père me fit descendre de Sandwich à Québec, heureux qu'il était de me confier à leurs soins, afin de me procurer une éducation chrétienne et cathelique (ma mère était protestante), Comme ma tante m'avait pas eu d'enfants, elle reporta sur moi toute l'affection possible, et je dois dire ici, en justice, que rarement enfant fut entourée de plus de soins par ses propres parents, Je suis restée avec elle, jusqu'à mon mariage,

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