‹ Mémoires de famille, l'honorable C.-E. Casgrain [microforme]Chapitre 13 sur 45 · SU MÉMOIRES DE FAMILLE · texte numérisé non relu

SU MÉMOIRES DE FAMILLE

naissance parfaite. Une chose lui manquait cependant, c'était de vous voir auprès d’elle elle n'a cependant pas oublié les absents à qui comme aux autres elle a laissé sa bénédiction, avant de donner son âme à Dieu...”

Le révérend P. P. Point ajoutait ce qui suit :

“ Je ne puis refuser au désir de mon cœur d'ajouter un mot à cette lettre et de vous parler d’une personne si chère à sa famille, si amie de tous ceux qui ont eu l'avantage de la connaître. Sa mort a été le plus beau couronnement de sa vie; à mesure qu'elle approchait de ln porte du tombeau ou plutôt de la porte du Ciel, elle semblait se rajeunir..,, J'ai été témoin du calme, de la sérénité, je pourrai dire même de la joie avec lesquels elle parlait de ce moment, que pendant sa vie, elle paraissait tant redouter. C’est la mort des élus, Aussi je l'ai vue le quatrième jour de sa mort, nullement décomposée, son visage et sestraits étaient ceux d'une personne paisiblement endormie.

C'est que la mort du juste est un sommeil selon les paroles de l'Esprit-Saint.... Notre bonne mère à voulu avant sa mort me faire lire la lettre édifiante de votre chère religieuse (Ste. Justine). Elle ne désirait qu'un petit présent de ma main, une petite croix de religieuse,

avec üv® petite vierge au pied de la Croix, Hélas ! je n'eus pas le temps de tenir ma promesse ; après quelques jours elle était non plus au pied de l’image, mais au pied des trônes de Jésus et de Marie...

* Agréez, etc.

* PIERRE Porxr, Miss. S. po”

Les troubles de IS37T — Passage des troupes anglaises, services

rendus par M, Casgrain— Sa nomination au Conseil spéctul.

Les années IS57 et IS3S fournirent à votre père l'occasion de se montrer conséquent avec les principes qu'il avait émis pendent son séjour au parlement. Ce n'est pas qu'il blâmât tout ce qu'on entreprit alors pour obtenir de l'Angleterre le maintien de nos droits, ni qu'il fût l'ennemi des intérêts des Canadiens. Non; mais aussi rempli de vrai patriotisme que tous ceux qui se retranchaient derrière ce mot, il voulut seulement essaver d'autres moyens plus en rapport avec ses sentiments, et obtenir par la douceur ce que d'autres voulaient arracher par la violence.

Et je désire vous signaler iei sa loyauté, sa prudence, Lx sûreté de son jugement qui lui firent prévoir, dès IS32, lestristes résultats que devaient produire Les discours incendinires des

chefs de l'opposition.

Il m'écrivait, en effet, le 25 novembre de cette même année : * Le pays se trouve actuellement plongé dans un abime de difficultés, plus épineuses que jamais... lt question de la liste civile surtout sera pour longtemps un sujet des plus grands inconvénients pour le pays, et pourrait peut-être entraîner les suites les plus fcheuses, ” Et il ajoutait, le 25 février IS24 : * Je ne puisque gémir sur lotriste situation de notre belle province déchirée, comme elle est, par une faction. . qui évidenenaeat la traine à su ruine, s . 7”

Voulant done éviter à nos paisibles populations du distriet de Québec les déplorables malheurs qui, en 1857, aflligèrent les paroisses de Montréal, il mit tout en œuvre pour conserver le calme des esprits et pour les engager à seconder Faction du gouvernement dans Île rétablissement de li paix.

Les soulèvements survenus dans le district de Montréal avant obligé le gouvernement militaire de faire venir du Nouveau-Brunswick un renfort de troupes, le commissrire-général, sir Randolph Routh, son assistunt-commissaire Wilson et le major Ingall eurent recours à votre père pour qu'il leu aidât à faciliter le passage des troupes dépuis la Rivière-du-Loup jusqu'à Québec, c'est-à-dire dès leur entrée sur

je territoire canadien, Or, M. Casgrain sachant

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combien il importait à tout le pays que les troupes fussent bien accueillies dans notre localité, afin de pallier les mauvaises impressions causées par le soulèvement des paroisses des environs de Montréal, déploya toute son énergie pour faire partager là-dessus ses sentiments aux notabilités et, en général, à tous les habitants de nos endroits. Il fut secondé en cela par MM. Amable Dionne, Charles Tôêtu, Pierre et Eugène Casgrain, en particulier, et par tous les MM. du clergé le long de la côte, parmi lesquels je dois citer M. le grand vicaire Cadieux, M. Delâge et M. Fortier,

Tous d'un commun accord s'empressèrent de favoriser le transport des troupesen pourvoyant à leur logement, et en aidant aux autorités militaires à se procurer comestibles, voitures, ete., ete, Les officiers généraux qui avaient pris conseil de M. Casgrain, suivirent ses suggestions de point en point, tant on y remarqua de jugement et de prévoyance. Pour sen convaincre, il suffit de lire les lettres suivantes.

D'abord celle-ci du commissaire général, sir Randolph Routh :

“ [received your letter of the fourteenth December, in the midst of our expedition to the Grand-Brûlé. 1 feel very much indebted to you for your kindness and exertion on behalf of the troops. [have shown your letter to His

MÉMOIRES DE FAMILLE 85 Excellency, Sir John Colborne, and he desires me to communicate to vou the high sense he entertains of vour good offices, ATT that vou have done appears admirable, So much appears accomplished for the comfort of the men that it will be sometime before they forget it. A// that qou havre suggested has been acted upon.

Et cette autre de son assistant-commissaire, M. Wilson, datée de Témiscouata, 15 décembre :

® As the officer in charge of éertain duties, | boy Lou Will wevept my best thanks for vour \aluable services. Eshall aequaint colonel Booth with all vour emsiderate «rrangements in which E cannot suggest ny improrements, for you have ought of more than Was requisite.

* To meet a kindred spirit like vour own, in loyalty and good feeling Fam delighted, each cireumstance that regards yourself with which L'have been made acquainted since our intmoduction, makes me place à higher value upon your friendship and acquaintance.”

A leur sortie du portage, M. Casgrain avait décidé que les troupes feraient étape dans Îles paroisses de Ja Rivière-du-Loup. de la Rivière- Oueîle, de F'Islet et de Saint-Michel. Et daums chacune de ees paroisses, il avait pris des arrangements tels que les soldats à leur arrivée y trouvèrent le logement, les provisions nécessaires et même un nombre suffisant de voitures

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pour leur transport : le tout aux frais du gouvernement. Mais à la Rivière-Ouelle, il n'en coûta pas un sou aux autorités militaires pour

le logement ; les salles publiques et des maisons particulières ayant été mises gratuitement à la disposition des soldats,

Quant aux officiers, ils furent partout reçus

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UE avec l'hospitalité due à des gentilshommes. A la Rivière-Ouelle, ils furent les hôtes de notre LE ARTE digne curé, le grand vicaire Cadieux, de MM. AMI Pierre Casgrain et Charles Têtu, et surtout ceux de votre père, car vu Finitiative qu'il avait prise, les officiers commandants des différents corps venaient directement chez nous.

|| Il faut avouer que ce n'était pas une petite entreprise que ‘de recevoir convenablement tous ces militaires, parmi lesquels on comptait des Lords; surtout quand on songe que, dans l'espace d'un mois environ, il passa trois régiments: le 43me qui précéda le S5me et fut suivi du ÿ4me, et d’un corps d'artillerie, Jugez si la besogne devait être rude, lorsqu'en outre \

les mesures que votre père avait prises pour

le confort des soldats, il lui fallait encore

s'occuper de fêter leurs officiers. Néanmoins

M. Casgrain n’épargna ni ses peines, ni ses forces,

non plus que sa bourse pour les bien traiter,

Ce même hiver, notre cellier fut vidé de tout

son vieux vin, car ces messieurs gardaient

fidèlement les traditions de la vieille Angleterre, sachant fort bien, mais toujours en raison. voir le fond de leurs verres,

Nous eûmes affaire à de véritables gentilshommes, comme le témoignent plusieurs lettres qu'ils écrivirent à votre père jour Île remercier, Celle-ci du colonel Booth, par exemple, datée de Saint-André, 25 décembre 1S37 :

* Your generous solicitude for our comfort and vour most kind offer of assistance as well as hospitality is, LE can assure vou, deeply felt and apprectated by myself and the 45rd regiment... E will gladlv avail myself of vour unbounded liberality and kKindness in sending vour servant and cariole for my conveyanee bx availing myself of it to-morrow, and FE hope to be with vou about four or five o’elock in the evening.., with the first division there are seven officers, including myself, with the remainder six officers each division.”

Et cette autre qu'il écrivit dès son arrivée à Québec, le Ler janvier ES5S :

* First of all, let me wish vou, and vour amiable lady and all vour family, a happy new year and many returns of them, and may all happiness ever attend vou. This day, T'have the pleasure to inform vou the last division under captain Tryon crossed the river as the

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