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intérêts des Canadiens, mais il appartenait à ce parti sage, dont ME Plessis, le grand homme de l'époque, était le plus beau modèle, Il voulait comme lui la liberté des Canadiens, pour lesquels il était toujours prêt à lutter, mais toujours aussi dans les bornes de la légalité, et Jamais avec ces emportements, ce zèle indiscret, ces allures révolutionnaires qui compromettent les meilleures causes, C’est par cette politique modérée, bien plus que par les moyens violents, que les Canadiens sont parvenus à conquérir la position enviable qu'ils occupent aujourd'hui. N'est-ce pas ainsi que pensait et agissait notre père, dont le patriotisme à été si hautement apprécié ?
A l'époque où M'e Baby fut en âge de se ‘appeler distinctement son oncle, celui-ci était un vieillard octogénaire, mais jouissant encore de toutes ses facultés, D'une taille assez grande, il accusait dans toute sa personne et sur ses traits le tvpe caractéristique des Baby. Il s'exprimait avec la lenteur du vieil âge et avee une accentuation pesante toute particulière, Il suffisait de causer un quart d'heure avee ui pour reconnaître le gentilhomme accompli; et lon ne tardait pas à s'expliquer la grande influence dont il jouissait, tant :l y avait de haute portée et de sagesse dans ses
paroles.
Quand il sortait en ville pour sa promenade quotidienne, il était toujours accompagné de sa fille préférée, Marie-Anne, à qui il donnait le bras et qui était pour lui une nouvelle Antigone, Lorsqu'il mourut, l'opinion publique s'acecrda à dire que Québec perdait en lui un des derniers et des plus dignes représentants du régime français.
Jusqu'à la fin de sa vie, la maison de M.
François Baby avait été le rendez-vous de la meilleure société québecquoise, Je n'en fais mention ici que pour rappeler que parmi les personnes que notre mère y rencontra, se trouvait M. Philippe Panet, qui peu après devait s’allier à notre famille par son mariage avec notre tante, Mie Luce Casgrain.
M. et M" Baby présidaient à ces réunions d'une manière aussi aimable que simple et naturelle, M" Baby était vêtue avec une modestie qui contrastait souvent avec de grandes toilettes, mais qui n’en faisait que mieux ressortir sa distinction et sa beauté.
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Le château Saint-Louis. — Le dus de Richmond. — Sir Peregrine Maitland. — $es égards pour Mlle Baby. — Direction spirituelle. — Mgr Plessis.
Notre mère avait manifesté dès ses plus jeunes années un goût prononcé pour l'étude, et particulièrement pour les lectures sérieuses. Son précepteur qui avait remarqué ses talents précoces et la facilité avec laquelle elle retenait ses enseignements, l'avait souvent engagée à apprendre le latin, offrant même de lui donner des leçons. Elle aima mieux approfondir ses connaissances. En outre, la musique, que lui enseignait M. Codman, le professeur le plus expérimenté de Québec, absorbait déja une partie considérable de son temps. Avec une pareille tendance d'esprit, Me Baby ne pouvait guère avoir d'entraînement pour le monde et pour ses réunions frivoles. En effet, elle sortit peu pendant sa jeunesse, et chaque fois ce fut pour obéir aux convenances sociales. Ses premières visites au château, dont elle a gardé un souvenir distinct, datent de 1819. Charles
Lennox, duc de Richmond, était alors gouverneur. Quoique arrivé depuis peu dans le pays, il était universellement reconnu pour un ennemi des Canadiens et souverainement détesté. La plupart ae ceux qui n'étaient pas obligés de faire acte de présence au château, par suite des devoirs de leur charge ou de leur position, s’abstenaient d'y paraître. Aussi les réceptions et les bals du gouverneur avaient plus que jamais une physionomie anglaise. Les réceptions avaient lieu aux salons du château Saint-Louis ; mais les bals se donnaient en face, dans les salles plus vastes du nouveau château bâti par Haldimand, qui a subi, depuis, bien des vicissitudes, et qui a enfin été converti de nos jours en école normale.
L'espace libre qu’on voit entre cet édifice et celui de la poste était fermé d’une enceinte de murs auxquels se rattachaient les écuries du gouverneur et le corps de garde situé près de l’entrée qui donnait accès à la cour du château Saint-Louis, et qui s’ouvrait près du pignon de l’école normale actuelle. Un chemin sablé, soigneusement entretenu, faisait le tour de la cour intérieure du château, dont la façade, peu élevée de ce côté, était d’une architecture très simple. En entrant dans le vestibule, on remarquait la largeur des escaliers qui conduisaient aux salons de réception, et qui avaient vraiment
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