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Voyage aux Etats-Unis, — Séjour à Toronto. — L'honorable Jacques Baby.— Derniers adieux, — Mme Casgrain au manoir de ls Riviére-Ouelle, -- Soins domestiques, — Relations sociales.
À partir du mariage de notre mère, les principaux événements de sa vie, jusqu'à la date de son veuvage, se trouvent compris dans la biographie de notre père. Je passerai donc rapidement sur cette période, me contentant de raconter quelques incidents qui n’ont pas été consignés dans ce récit.
Durant l'été de 1826, M. Casgrain proposa à sa femme de faire un voyage d'agrément aux Etats-Unis, en passant par Toronto. Il savait qu'il ne pouvait lui faire un plus grand plaisir que celui de revoir son père. Notre mère rit encore de tout cœur, en rappelant un incident comique dont elle fut la cause à son arrivée à Toronto, Comme elle entrait dans l'avenue qui conduisait à la demeure de l'honorable Baby, une négresse accourut, affolée, au-devant d'elle, en gambadant et s'exclamant comme une
forcenée. La peur Sempara d'abord de notre mère qui crut qu'elle avait affaire à une folle ; mais M. Baby et ses fils la rassurèrent en riant aux éclats. C'était la vieille négresse de son père, ancienne esclave qu'il avait eue en héritage de sa mère, qui manifestait sa Joie de voir la fille de son maître, en exécutant une danse nègre, accompagnée d'un chant africain.
Les politesses de toutes sortes que M. et Me Casgrain reçurent des principaux citoyens, leur firent voir la haute considération dont jouissait M. Baby. Comme Sil eût pressenti que c'était la dernière fois qu'il avait le bonheur de voir sa fille chérie, il se montra d'une tendresse plus vive que jiunais, et voulut l'accompagner durant une partie de son voyage.
Un de ses plus intimes amis, l'honorable Clarck, qui devait être plus tard, avec le D' Strachan, évêque anglican de Toronto, son exécuteur testamentaire, demeurait alors à Niagara, précisément au-dessus des chutes, dans une charmante villa qu'il v avait fait construire. Les trois voyageurs y passèrent le temps le plus agréable, captivés par les attentions de l'amitié, et par les charmes de cette grande nature. C’est là que notre mère revit Lady Maitland, revenue depuis quelque temps dans le Haut-Canada. Peu de personnes ont laissé, dans son esprit, une plus profonde impression